ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review :

Effet de l'urbanisation sur la richesse spécifique: une review des plantes et animaux


Résumé de la review :

Introduction/question
L’urbanisation peut réduire ou augmenter la richesse en espèce en fonction d’un certain nombre de variables de l’écosystème urbain.
L’auteur résume les facteurs de l’urbanisation qui tendent à faire baisser la diversité spécifique :

  • L’imperméabilisation des sols qui dans les centres ville dépasse 80% .
  • La suppression des adventices et du bois mort dans les zones résidentielles et commerciales qui enlèvent une nourriture et un abris potentiel à un certain nombre d’animaux.

Il indique ensuite des aspects de l’urbanisation qui favorisent la diversité :

  • L’arrivée d’espèces non natives qui s’ajoutent aux espèces déjà présentes
  • La ville permet la formation de nombreux microhabitats sur un petit espace avec des différences de composition spécifique entre deux microhabitats très importantes (= forte diversité beta).
  • Les villes permettent d’accéder à des ressources limitantes plus facilement tel que l’eau ou les minéraux pour les plantes par les arrosages et l’apport de fertilisants.
  • En ville la dispersion des espèces est importante du fait des activités humaines : commerce, agriculture, bien être, ... ce qui permet l’arrivée de nouvelles espèces.

Partant du constat que les espèces natives disparaissent des zones urbanisées au profit des espèces non natives, l’auteur indique que la réelle question est de savoir si l’arrivée de ces espèces dans les zones urbanisées est plus importante que la perte d’espèces natives.

Matériel et méthodes :
Il y a deux moyens de traiter la question. La première est d’analyser dans les zones urbanisées l’évolution dans le temps de la richesse en espèces natives et non natives mais il n’y a que peu d’articles adoptant cette démarche. La deuxième méthode, la plus courante et sur laquelle va s’attarder l’auteur, est d’étudier la richesse en espèces le long d’un gradient d’urbanisation. Il va ainsi comparer 105 articles étudiant la richesse spécifique le long d’un gradient d’urbanisation. Il y a 17 articles sur les plantes, 31 étudiants les mammifères, reptiles et amphibiens, et 57 sur les invertébrés.

Ensuite l’auteur définie les trois niveaux d’urbanisation qui constituent le gradient d’urbanisation. Un fort niveau d’urbanisation correspond au centre urbain ayant une couverture imperméable d’au moins 50% du sol. Un niveau moyen d’urbanisation correspond aux alentours du centre urbain possédant 20 à 50% de sol imperméable. Enfin un faible niveau d’urbanisation correspond aux milieux ruraux avec moins de 20% de surface imperméable.

Résultats :
En comparant les articles, l’auteur indique qu’en passant d’un faible niveau d’urbanisation à un niveau moyen, 64.7% des études sur les plantes indiquaient une augmentation de la richesse en espèces contre 11.8% pour les vertébrés et 29.8% pour les invertébrés. Les plantes ont une tendance qui se distingue significativement des animaux en semblant avantagées par le passage d’un faible à un niveau moyen d’urbanisation.

En passant d’un niveau moyen d’urbanisation à un niveau élevé, peu d’études montrent une augmentation de la diversité spécifique. Il n’y en a aucune qui le montre pour les plantes pour lesquelles les études sont partagées entre une stabilisation ou une baisse de diversité. Pour les vertébrés, l’ensemble des études indiquent une baisse de la diversité spécifique. Enfin pour les invertébrés une seule étude sur 38 montre une augmentation de la diversité.

Discussion :
L'auteur indique de manière critique que l'urbanisation est régie par d'autres facteurs que le gradient urbain-rural tels que des facteurs démographiques, historiques et économiques propres à chaque ville.

Rigueur de la review :

Cette review date d’il y a presque 10ans, il est nécessaire de la croiser avec des articles plus récents sur le sujet.

Ce que cette review apporte au débat :

Elle apporte une vision synthétique qui résume 105 recherches dans le domaine de notre controverse jusqu’en 2008.
Cette étude apporte une réponse contrastée sur notre sujet, notamment sur le fait qu'il ne faut pas s'accorder à dire que tout type de biodiversité en ville est forcément diminué. Ici par exemple, les végétaux semblent être privilégiés, contrairement à d'autres taxons.

Publiée il y a plus de 8 ans par C. Martin et C. Blot.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.