La théorie hygiéniste explique-t-elle vraiment l'augmentation de la prévalence d'allergies et de maladie auto-immune dans le monde moderne ?
La prévalence des allergies et des maladies auto-immunes dans les pays développés a augmenté depuis l’industrialisation et l’amélioration du niveau de vie. Ce phénomène est concomitant avec la diminution des maladies infectieuses, et l’artificialisation du mode de vie. Ces observations ont donné lieu à l’hypothèse de l’hygiène, qui explique l’augmentation des allergies puis qui a été étendue aux maladies auto-immune. L’hypothèse de l’hygiène propose la moindre expositions aux pathogènes (et aux antigènes de manière générale) comme explication du développement accru d’allergies. Cette hypothèse est soutenue par la corrélation épidémiologique entre la prévalence d’allergies inversement proportionnelle à l’infection par des helminthes, notamment. De plus, il a été observé que certains mécanismes immunitaires sont communs entre les infections parasitaires et les allergies.
Cette hypothèse depuis sa création a été complétée puis remise en cause, et remplacée par d’autres concepts comme la théorie des “vieux amis”, qui explique l’importance de la stimulation du système immunitaire par des antigènes dans l’enfance. L’hypothèse de l’hygiène n’est cependant pas à écarter complètement, car soutenue par de nombreuses études, mais à nuancer et préciser.
Parmi les facteurs qui seraient à prendre en considération, on compte par exemple l’exposition à la pollution, la méthode d’accouchement et l’alimentation à la naissance et au cours de la vie. L’aseptisation du milieu de vie ne serait qu’une composante du réseau d’influences.
Il actuellement primordial de comprendre l’émergence des pathologies chroniques non-contagieuses, en raison de leur impact sur les population. Connaître l’origine de ces “épidémies” pourrait permettre de les amoindrir ou de les traiter. Il est ici question de savoir dans quelle mesure cette hypothèse peut être conservée, dans l’optique de contrôler l’explosion de ces pathologies.