Les abeilles domestiques constituent-elles une menace pour la biodiversité sauvage ?
La pollinisation par les animaux contribue à une partie de l’agriculture humaine et renforce la reproduction des plantes sauvages. En effet, un tiers de la production végétale dépend des animaux pollinisateurs, 60 à 90% des espèces végétales nécessitent d’être pollinisées pour se reproduire (Kremen et al. 2007). Les abeilles en sont les principales pollinisatrices et sont garantes du bon fonctionnement des écosystèmes car elles sont responsables de la pollinisation / reproduction de plus de 80% des plantes sauvages. De plus, le service écosystémique qu’elles rendent via la pollinisation permet également la production agricole de la majorité des espèces cultivées.
A ce jour, les principales menaces qui pèsent sur les populations d’abeilles sauvages sont principalement dues aux changements d’occupations des sols via l’urbanisation ou l’intensification de l’agriculture et à l’utilisation importante de produits phytosanitaires tels que pesticides et insecticides. Depuis quelques années, une vraie prise de conscience du grand public et de la société civile se met en place concernant les problématiques liées à la disparition des abeilles et aux conséquences possibles pour le maintien des plantes sauvages et cultivées. En effet, la disparition des pollinisateurs va avoir un effet négatif sur la reproduction de ces plantes, ce qui va donc diminuer l’abondance de ces dernières et potentiellement entraîner leur disparition.
Ainsi, dans les milieux naturels, agricoles et urbains, se sont développés des campagnes de sensibilisation qui ont abouti à des mesures de réhabilitation basées sur l’introduction de nombreuses colonies d’abeilles domestiques, Apis mellifera. Cependant, de nouvelles sources de préoccupations ont émergé à la suite des diverses introductions d’A. mellifera dans les écosystèmes sauvages. D’après de nombreux travaux réalisés sur les interactions des abeilles domestiques et sauvages, la communauté scientifique s’interroge sur une potentielle compétition entre ces dernières. Dans certains cas, l’abeille domestique est même considérée comme envahissante, sa présence devenant préjudiciable pour les abeilles sauvages. L’abeille domestique peut également être vectrice de parasites qui peuvent se propager et significativement affecter la viabilité des populations d’abeilles sauvages.