Réintroduction du castor : ingénieur talentueux ou fauteur de troubles ?
La réintroduction délibérée d'espèces animales localement éteintes dans des zones situées à l'intérieur de leurs anciennes aires de répartition est un outil de conservation de plus en plus important.
En raison d'une chasse excessive, la population de castors d’Europe au début du XXe siècle était d’environ 1200 (Halley et al., 2012). Or, des études soulignent l'importance et la diversité de leurs rôles dans le façonnement des systèmes écologiques, en tant qu’espèces ingénieures (Gaywood, 2016 ; Gaywood & Stringer, 2016). C’est pourquoi des programmes de réintroduction, en association avec une protection accrue, ont été mis en place pour préserver l’espèce et augmenter le nombre d’individus. Cependant, certaines études ont pu aussi mettre en évidence les conséquences néfastes de cette réintroduction. En effet, la population de castors en Europe a rapidement augmenté et n’est plus aujourd'hui considérée comme une espèce en danger d’extinction. Sa forte présence dans divers habitats peut avoir un impact négatif sur certaines communautés (Hartman, 1994 ; Gaywood, 2018). Outre la sauvegarde de l’espèce en question, les bienfaits de la réintroduction de cet animal sont-ils suffisants pour contrebalancer les désavantages ?