Existe-il un gradient latitudinale d’herbivorie et de réponse à l’herbivorie ?
L’observation d’un gradient latitudinale de diversité des espèces a été observé depuis de nombreuses années (Dobzhansky 1950) : c’est aux latitudes les plus basses que l’on observe le plus d’espèces (aquatiques et terrestres). Cette observation fait consensus au sein de la communauté scientifique. Cependant, les causes de ce patron spatial de diversité spécifique restent sont encore débattues.
La présence d’un plus grand nombre d’espèces aux tropiques entraînerait une plus grande intensité des interactions biotiques. Cette variation est déjà constatée au travers: des fonctions dans les écosystèmes (Violle et al 2014), des cascades trophiques (Marczak et al 2011) et du taux de spéciation (Schemske et al 2009). Cependant l’existence d’un gradient latitudinal d’herbivorie et de réponse à l’herbivorie est toujours controversée dans la communauté scientifique.
L'existence d'un tel gradient d'herbivorie et de réponse à l'herbivorie provient de l'hypothèse de Dobzhanski : les espèces tropicales sont plus soumises à la prédation entraînant ainsi la sélection pour des individus plus résistants à l’herbivorie (défenses chimiques et physiques plus développées). En 2011 Moles et son équipe remettent en cause ce gradient et mettant en avant que les preuves scientifiques ne sont pas suffisantes pour prouver l’existence d’un tel gradient.
L'herbivorie est un enjeu contemporain important, car elle concerne une grande partie de la biodiversité et des flux d'énergie dans les écosystèmes terrestres (consommateur Iaire à consommateur IIaire). (Price et al 2002). En outre il a été émis qu'elle intervient dans l'origine et le maintient de la biodiversité (Connell et al 1971).
La présente controverse vise à vérifier l'existence d'un gradient latitudinal de pression d'herbivorie et la quantification des défenses des végétaux le long de gradient. Une synthèse des connaissances acquises à ce jour a été entreprise dans ce document.
Les objectifs sont ici multiples, puisque nous allons aussi détailler et avoir un regard critique sur les méthodes employées pour analyser la véracité des différentes études récentes.
Sous objectifs de la controverse:
• Existe-t-il un gradient latitudinal de pression d'Herbivorie ?
• Ce gradient est-il corrélé à une réponse latitudinal de défense des végétaux ?
• Comment mesure-t-on ce type d'interaction en macro-écologie?