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Titre de la review

Une place pour les EEE dans la restauration des écosystèmes

Résumé de la review

Les EEE sont souvent considérées comme la 2eme cause de perte de biodiversité. Des fonds importants sont utilisés pour leur éradication. Les programmes n’atteignent souvent pas leurs objectifs et ces tentatives sont peu rentables. Cette approche d'éradication systématique ne fait pas l’unanimité. Il existe de nombreux partisans à l’introduction d'EEE, motivés par les services qu'elles apportent (comestibles, valeur esthétique, etc...). La majorité de la société reste indifférente à cette question, car peu informée ou se sentant peu concernée et donc peu engagée. Pourtant, l’avis du grand public peut avoir un poids, notamment dans la récolte de fonds pour les programmes ou au contraire pour empêcher la mise en place d'un programme d’éradication lorsque les EEE ont des avantages, et c'est parfois le cas, car les EEE ont parfois un impact écologique positif dans la restauration des écosystèmes en favorisant le maintien et le développement des communautés par différents mécanismes :

Plantes nourrices en servant de (1) rempart contre les radiations solaires les plus intenses et en procurant des zones ombragées, ce qui facilite l’installation de d’autres plantes. (2) En protégeant des espèces contre des dégâts infligés par les herbivores en servant de barrière physique et en les rendant moins visibles aux ravageurs.

Recrutement de nouvelles semences car les EEE arbustives ou arborescentes servent de nichoir aux oiseaux et chauves souris en milieux ouverts.

Combustibles naturels permettant d’avoir des feux fréquents et peu intenses, bénéfiques pour la réduction d’herbes vivaces et la restauration des savanes.

*Sécurisent l’écosystème * (1) En augmentant sa résilience face aux perturbations (2) En réduisant les colonies d’espèces natives qui ralentissent la restauration des écosystèmes en puisant trop de ressources ou en brûlant trop lentement lors des feux ou rendant la gestion d’un site trop difficile à cause de leurs épines ou toxines.

** Rééquilibrent les réseaux trophiques** si les EEE sont prédatrices, elles peuvent contrôler la dynamique des populations d’autres EEE. Ce bio-contrôle est considéré comme l’un des meilleurs outils de la restauration à condition de faire attention aux conséquences écologiques. Parfois, il intervient sans qu’il soit planifié par l’homme.

Ressources supplémentaires pour les espèces natives.

Accumulent des métaux lourds et peuvent par la suite être récoltées et déposées ailleurs.

Services biogéochimiques particulièrement le cas pour les EEE capables de répondre elle-même à leur besoin en azote (légumineuses) enrichissent ensuite le milieu en nutriments.

Mais les EEE ont parfois engendré des inconvénients écologiques et évolutifs, et la décision de les contrôler ou de les tolérer doit prendre en compte les risques - et il est difficile d’établir un seuil au dessus duquel les espèces représentent ou non un risque), les coûts (impacts financiers directs, ou indirects à cause des répercussions négatives que les EEE pourraient avoir sur les espèces natives, la santé humaine, la production agricole et le fonctionnement des écosystèmes. Les coûts totaux n’apparaissent que plusieurs années après l’introduction de l’espèce) et les bénéfices de leur maintien (Cités précédemment, qui aboutissent parfois à la réduction des coûts de la restauration d’un milieu). Ces paramètres dépendent du degré de restauration du milieu nécessaire et du contexte paysager.

Pour que l’utilisation d’une EEE dans un programme de restauration soit réversible si besoin, les EEE à utiliser doivent être contrôlables et donc (1) sensibles aux moyens de lutte (herbicides,feu) (2) se disperser relativement peu (par le vent ou grâce à la gravité sont moins invasives que les EEE transportées par les oiseaux et les mammifères créant de nombreuses sources d’invasions à travers un milieu plus large), (3) les EEE ayant des exigences écologiques particulières sont à préférer aux espèces généralistes, capables de pousser dans une large gamme de milieux.

Rigueur de la review

Cette review semble rigoureuse de part l'analyse logique et neutre des nombreux mécanismes qu'elle cite, très souvent illustrés par des cas qui se sont produits dans le passé.

Ce que cette review apporte au débat

Les auteurs de cette review apportent au début des arguments contre l'approche radicale de l’éradication des espèces exotiques envahissantes et proposent à travers de nombreux exemples de programmes de restauration de milieux où il aurait été plus rentable de tolérer une EEE. Ils évoquent également de nombreux mécanismes via lesquels ces espèces peuvent être bénéfiques à d’autres espèces natives, communautés, ou à l’écosystème de manière générale. Ils donnent aussi quelques critères permettant de décider si une EEE doit être tolérée ou contrôlée, car ils ne nient pas le fait qu’une grande incertitude règne autour de l’impact qu’elles peuvent avoir, bien qu’ils soient déjà sûrs qu’une éradication systématique des espèces exotique est contre-productif lorsqu’elles ne menacent pas le fonctionnement de l’écosystème.

Publiée il y a plus de 8 ans par N. Ait kaci et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Review : A place for alien species in ecosystem restoration.