Recognition of increasing plastic debris pollution over the last several decades has led to investigations of the imminent dangers posed to marine organisms and their ecosystems, but very little is known about the preservation potential of plastics in the rock record. As anthropogenically derived materials, plastics are astonishingly abundant in oceans, seas, and lakes, where they accumulate at or near the water surface, on lake and ocean bottoms, and along shorelines. The burial potential of plastic debris is chiefly dependent on the material’s density and abundance, in addition to the depositional environment. Here, we report the appearance of a new “stone” formed through intermingling of melted plastic, beach sediment, basaltic lava fragments, and organic debris from Kamilo Beach on the island of Hawaii. The material, herein referred to as “plastiglomerate,” is divided into in situ and clastic types that were distributed over all areas of the beach. Agglutination of natural sediments to melted plastic during campfire burning has increased the overall density of plastiglomerate, which inhibits transport by wind or water, thereby increasing the potential for burial and subsequent preservation. Our results indicate that this anthropogenically influenced material has great potential to form a marker horizon of human pollution, signaling the occurrence of the informal Anthropocene epoch.
Titre de l'article
Un horizon-marqueur anthropogénique dans les futures strates géologiques
Un horizon-marqueur anthropogénique dans les futures strates géologiques
Introduction à l'article
L’Anthropocène, même en tant que terme informel, désigne une époque marquée par l’interaction entre l’Homme et le système biophysique de la Terre. Ce papier s’inscrit dans une lignée d’autres qui cherchent à trouver des preuves géologiques de cet impact pouvant servir d’horizons-marqueurs. Des carottes de glace âgées de 8 000 ans et 4 000 ans montrent une augmentation en CO2 et en CH4, respectivement, attribuées à la déforestation et au développement des premières pratiques agricoles. Les profils de sols sur les 300 dernières années montrent une augmentation de la concentration en plomb autour de 1950 du fait d’activités minières et de la combustion de carburant riche en plomb. La fertilisation créé aussi une signature dans les sols qui renseigne sur leurs pratiques de gestion. Mais il n’y a pas encore de matériau solide d’origine humaine retrouvé préservé dans les strates sédimentaires avec le potentiel d’être présent un peu partout dans le monde.
L’Anthropocène, même en tant que terme informel, désigne une époque marquée par l’interaction entre l’Homme et le système biophysique de la Terre. Ce papier s’inscrit dans une lignée d’autres qui cherchent à trouver des preuves géologiques de cet impact pouvant servir d’horizons-marqueurs. Des carottes de glace âgées de 8 000 ans et 4 000 ans montrent une augmentation en CO2 et en CH4, respectivement, attribuées à la déforestation et au développement des premières pratiques agricoles. Les profils de sols sur les 300 dernières années montrent une augmentation de la concentration en plomb autour de 1950 du fait d’activités minières et de la combustion de carburant riche en plomb. La fertilisation créé aussi une signature dans les sols qui renseigne sur leurs pratiques de gestion. Mais il n’y a pas encore de matériau solide d’origine humaine retrouvé préservé dans les strates sédimentaires avec le potentiel d’être présent un peu partout dans le monde.
Expériences de l'article
Les auteurs se sont concentrés sur la plage de Kamilo dans les îles d’Hawaï pour chercher des “plastiglomérats”, c’est-à-dire de grandes quantités de plastique fondu mélangées avec le substrat ce qui créé de nouveaux fragments beaucoup plus denses avec la capacité d’être préservés dans la colonne de sédiments. Les mouvements anticycloniques des courants océaniques de surface au sein du gyre subtropical du Pacifique Nord entraînent un dépôt préférentiel des débris marins aux alentours de cette plage reculée. Lors de campagnes de nettoyage, des volontaires ont ainsi pu observer différentes accumulations de “plastiglomérats”. Les auteurs ont cherché à les caractériser, à déterminer l’origine de leur formation et à évaluer leur potentiel pour fournir un futur horizon-marqueur.
Les auteurs se sont concentrés sur la plage de Kamilo dans les îles d’Hawaï pour chercher des “plastiglomérats”, c’est-à-dire de grandes quantités de plastique fondu mélangées avec le substrat ce qui créé de nouveaux fragments beaucoup plus denses avec la capacité d’être préservés dans la colonne de sédiments. Les mouvements anticycloniques des courants océaniques de surface au sein du gyre subtropical du Pacifique Nord entraînent un dépôt préférentiel des débris marins aux alentours de cette plage reculée. Lors de campagnes de nettoyage, des volontaires ont ainsi pu observer différentes accumulations de “plastiglomérats”. Les auteurs ont cherché à les caractériser, à déterminer l’origine de leur formation et à évaluer leur potentiel pour fournir un futur horizon-marqueur.
Résultats de l'article
Les “plastiglomérats” sont divisés en deux sous-types : in situ avec adhérence sur l’affleurement rocheux et clastique où du basalte, du corail, des coquilles et des débris végétaux sont cimentés avec des grains de sable dans une matrice en plastique. Les premiers sont interprétés comme étant des débris de feux de camps. Les plastiques sont aussi de divers types : filets, cordes, comprimés, emballages, couvercles, tuyaux, “confetti”. Certains “plastiglomérats” étaient enterrés par des débris organiques, du sable ou piégés dans la végétation. Il étaient bien plus denses en moyenne que du plastique seul ce qui démontre leur potentiel à être préservés dans le futur registre sédimentaire. Enfin, il semblerait que ce soit la combustion lors de feux de camps ou pour se débarrasser des plastiques qui soit à l’origine de la formation de ces “plastiglomérats”. Des coulées de lave, des incendies et des températures extrêmes pourraient avoir une action similaire ailleurs dans le monde.
Les “plastiglomérats” sont divisés en deux sous-types : in situ avec adhérence sur l’affleurement rocheux et clastique où du basalte, du corail, des coquilles et des débris végétaux sont cimentés avec des grains de sable dans une matrice en plastique. Les premiers sont interprétés comme étant des débris de feux de camps. Les plastiques sont aussi de divers types : filets, cordes, comprimés, emballages, couvercles, tuyaux, “confetti”. Certains “plastiglomérats” étaient enterrés par des débris organiques, du sable ou piégés dans la végétation. Il étaient bien plus denses en moyenne que du plastique seul ce qui démontre leur potentiel à être préservés dans le futur registre sédimentaire. Enfin, il semblerait que ce soit la combustion lors de feux de camps ou pour se débarrasser des plastiques qui soit à l’origine de la formation de ces “plastiglomérats”. Des coulées de lave, des incendies et des températures extrêmes pourraient avoir une action similaire ailleurs dans le monde.
Ce que cet article apporte au débat
La définition d’un horizon-marqueur est une étape clée lors de la reconnaissance d’une période géologique par la Commission internationale de stratigraphie. L’article fournit une piste à explorer en ce sens mais il faudra vérifier si effectivement on retrouve bien ces formations à l’échelle du monde entier et si les “plastiglomérats” intègrent effectivement le substrat sédimentaire de manière durable. Le plastique est théoriquement biodégradable en 400 ans environ, ce qui devrait lui laisser le temps d’être enfoui sans que des organismes n’aient pu le décomposer. A la manière d’un fossile, cela dépend aussi de l’oxygénation du sol.
La définition d’un horizon-marqueur est une étape clée lors de la reconnaissance d’une période géologique par la Commission internationale de stratigraphie. L’article fournit une piste à explorer en ce sens mais il faudra vérifier si effectivement on retrouve bien ces formations à l’échelle du monde entier et si les “plastiglomérats” intègrent effectivement le substrat sédimentaire de manière durable. Le plastique est théoriquement biodégradable en 400 ans environ, ce qui devrait lui laisser le temps d’être enfoui sans que des organismes n’aient pu le décomposer. A la manière d’un fossile, cela dépend aussi de l’oxygénation du sol.
Remarques sur l'article
Le verre pourrait également être un bon candidat du fait de sa décomposition encore plus lente (4 à 5 000 ans).
Le verre pourrait également être un bon candidat du fait de sa décomposition encore plus lente (4 à 5 000 ans).
Dernière modification il y a plus de 8 ans.