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Titre de l'article

Vaut-il mieux conserver en dehors de la nature ? Evaluation d’un programme de reproduction en captivité et réintroduction chez un rongeur en danger

Introduction à l'article

Une stratégie possible pour limiter la disparition d’espèces est la mise en place de programmes de reproduction en captivité puis réintroduction. Toutefois, cela implique de se poser une question essentielle : le bénéfice tiré de l’augmentation ou de la réinstauration d’une population à partir d’animaux élevés en captivité est-il plus important que la perte liée à la capture d’individus à l’état sauvage ?

Pour répondre à cette question, les auteurs ont choisi d’étudier simultanément les coûts et bénéfices de ces programmes via la modélisation de l'évolution de la population de rats sylvestres de Key largo sous différents scénarios.

Les auteurs se sont posés trois questions clés :

  • Le programme effectivement mené a-t-il eu un impact positif sur la conservation de l'espèce ?
  • Quels sont les effets de stratégies alternatives pour la reproduction en captivité et réintroduction ?
  • Une amélioration de ces programmes est-elle possible via l’augmentation du taux de recrutement et de survie ?
Expériences de l'article

L’étude se base sur des données de survie et recrutement recueillies:

  • dans une forêt de feuillus tropicale protégée dans les îles de Key largo en Floride via les procédés de capture-marquage-recapture et radio télémétrie.
  • dans le parc zoologique Disney Animal Kingdom.

Un modèle exponentiel a été utilisé pour les populations sauvages et des parcs zoologiques et un modèle logarithmique pour les populations réintroduites, avec des paramètres d'incertitude.

4 sous-populations sont étudiées :

  • les rats nés sauvages
  • la population captive
  • les rats réintroduits depuis 0 à 2 mois
  • les rats réintroduits depuis 2 à 4 mois.

3 alternatives sont étudiées :

  • Pas de gestion (population sauvage uniquement)
  • Un programme graduel de reproduction en captivité, où les individus sont prélevés progressivement
  • Un programme rapide de reproduction en captivité, où les individus sont majoritairement prélevés ensemble au tout début de l'expérience.

La probabilité de quasi-extinction est estimée.

Résultats de l'article

La probabilité de quasi-extinction est moins élevée pour le scénario sans gestion.Elle est globalement moins élevée pour un programme rapide comparé à un programme graduel. Tels que pratiqués actuellement, ces programmes sont donc inutiles selon les auteurs. Le taux de recrutement diminue en effet en captivité, et le taux de survie diminue après réintroduction.

L’amélioration du seul taux de survie est insuffisante.Une approche plus efficace consiste à améliorer à la fois le recrutement des populations captives et la survie des populations réintroduites. Cela signifie que des améliorations sont nécessaires dans ces programmes. Cela pourrait cependant servir à atténuer l'effet des catastrophes climatiques en maintenant la diversité génétique.

Des améliorations possibles sont l’augmentation du succès de reproduction et le développement de protocoles de pré-réintroduction. Dans ces conditions, un programme rapide pourrait être recommandé.

Rigueur de l'article

Les limites principales sont:

  1. Les données relevées dans le milieu naturel sont très variables suivant les campagnes, et les intervalles de confiance élevés. Le biais quand aux résultats obtenus pourrait donc être très important.

  2. Les résultats reposent sur des modèles matriciels et des simulations. Cela a conduit les auteurs à se baser sur des suppositions pouvant conduire à de nouvelles incertitudes sur les résultats obtenus. De plus, les études des programmes alternatifs et de l'effet d'une augmentation du taux de survie et de recrutement ne reposent que sur des simulations basées sur des paramètres particuliers. D'autres paramètres pourraient entrer en jeu, modifiant radicalement les résultats obtenus.

Autres remarques:

  1. Les événements pouvant conduire à l'amélioration des taux de survie et recrutement ne sont pas directement considérés.
  2. Les alternatives considérées ne testent pas une réintroduction progressive et ne s'appliquent qu'aux rats sylvestres.
Ce que cet article apporte au débat

Selon cet article, les programmes de reproduction en captivité et réintroduction actuels ne sont pas adaptés (du moins dans cet exemple). La conservation in situ est donc plus pertinent. Cependant, des techniques spécifiques et des adaptations pourraient rendre la conservation ex situ efficiente dans le futur.

Publiée il y a plus de 9 ans par camilled et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : Better off in the wild? Evaluating a captive breeding and release program for the recovery of an endangered rodent
  • 1
  • Auteurs
    Robert McCleery, Jeffrey A. Hostetler, Madan K. Oli
  • Année de publication
    2014
  • Journal
    Biological Conservation
  • Abstract (dans sa langue originale)

    The critical question for the success of all captive breeding and release programs (CBRPs) is the same: will
    the benefit of augmenting or reestablishing a population with captive animals outweigh the loss of taking
    individuals from the wild? Yet, few studies have simultaneously evaluated the impact of removal of animals
    for captive breeding on the source population and the potential contribution of the released animals
    to the augmented populations. We used the endangered Key Largo woodrat (Neotoma floridana smalli,
    KLWR) as a model system to simultaneously examine the effect of animal removal, captive breeding,
    and reintroduction on the dynamics and persistence of a wild population. We used mark-recapture
    and telemetry data, as well as zoo records from a recent CBRP for the endangered KLWR to parameterize
    a matrix population model and to simulate the response of the KLWR population to alternative captive
    breeding and release strategies. Our results suggest that a CBRP as practiced previously would not contribute
    to KLWR recovery; instead, removal of wild KLWR for captive breeding could harm the population.
    Captive breeding programs will not contribute to the recovery of KLWR unless survival of
    released animals and breeding success of captive individuals are improved. Our study provides a framework
    for simultaneous consideration of animal removal from the wild, breeding success in captivity and
    survival of released animals for a comprehensive evaluation of captive breeding programs.

  • Identifiant unique
    10.1016/j.biocon.2013.11.026
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    La conservation ex-situ est-elle pertinente?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

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  • La conservation ex-situ est-elle pertinente? Oui ou Non
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