ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review

Les contrôles biologiques contre les espèces invasives : solution ou pollution ?

Résumé de la review

Les contrôles biologiques ont longtemps étaient considérés comme des solutions sûres et écologiquement bénignes pour la gestion des écosystèmes. Cependant, les travaux récents apportent de nouvelles lumières sur l’étendue de l’action des ennemis naturels importés sur les populations non-cibles.
Les contrôles biologiques peuvent être extrêmement efficaces dans la luttes des espèces nuisible sans coûts additionnels par l’utilisation d’un “ennemi naturel” ; ceux-ci ayant souvent tendance à s'auto-maintenir, se disperser et réguler leurs populations en miroir de celle de leur cible. Ce qui fut notamment observé dans la lutte des algues vertes par l'utilisation du charançon Cyrtobagous salviniae brésilien sur le contrôle de Salvinia molesta dans les eaux côtières australiennes et plus de 12 autres pays.

îles hawaïennes : au cœur du débat
L'archipel hawaïen est ici étudié car caractérisé par la fragilité de ses écosystèmes. Alors que le tourisme est à l'origine de l'introduction involontaire de nombreux arthropodes nuisibles (Sophonia rufofascia). Pour endiguer ces vague, l'introduction d'agents de biocontrôle a été mise en place.
Les apports de la lutte biologique sont cependant nuancés par la “pollution biologique” qu’induisent les prédateurs et parasitoïdes exotiques (Howarth, 1983) sur les écosystèmes fragiles. Beaucoup d’espèces endémiques sont à présent beaucoup plus sensibles à la compétition : les bénéfices des biocontrôles compensent-ils leurs risques ?

Évidences d'effets non-cibles
Sur Hawaï, 22% des 243 agents de biocontrôle documentés sont responsables de l'attaque d'autre espèces que leurs cibles naturelles. Pour autant, la plupart des projets de biocontrôle ont pris place avant l’établissement de supervision des contrôles biologiques par le gouvernement hawaïen. Aucun biocontrôle introduit entre 1967 et 1988 est reporté comme attaquant des espèces natives. La force des effets sur les formes non-cibles est donc difficile à évaluer, bien d’autres facteurs pouvant affecter l’équilibre des espèces impliquées (dynamiques prédateurs/proies, densité, dépendance, cannibalisme…); or très peu de données ont était récupérées pour évaluer l’impacte des espèces non-cibles sur les densités de populations.

Évaluer le risque
Plusieurs techniques d’évaluation des risques de ces biocontrôles sont présentés par les auteurs.

  1. mise en quarantaine avant introduction. Mais peut sous estimer le risque, d’où des post-colonisation et l’adaptation du vecteur introduit aux nouveaux hôtes, mais peu d’étude ont portée sur leur changements génétiques. l’évaluation des risques non-cibles potentiels dus à des expansions génétiques des hôtes reste également débattu. Déterminer les espèces touchées est réalisé par “phylogénie centrifuge”.
  2. tester les organismes les plus apparentés à la l’organisme cible, l’étude des biocontrôle, de leur écologie, antérieurement à leur importation.
  3. Protocoles de prédiction des risques non-cible des biocontrôles:
  4. procédures multi-facettes (Van Lenteren, 2003), quantifier la possibilité d'établissement dans le nouvel habitat et les effets directs et indirects mais l'implémentation de méthodes probabilistes nécessite la compréhension des probabilités conditionnelles associées aux comportements.
  5. étudier les effets indirects comme la compétition, déplacement et autre interactions secondaires. L’estimation des risques non-cibles doit donc être considérée dans une équation risques/bénéfices (Van Lanteren et al 2003) entre les apports des agents de contrôles biologiques et leurs potentiels impacts. Cependant bien plus de données sont nécessaires pour cibler les risques. Tandis que quelques principes généraux commencent à apparaître, les histoires de vie sont si diverses et leurs relations si particulières que des études au cas-par-cas détaillées seront toujours nécessaires. Un cadre réglementaire fédéral efficace devrait être établi, raisonnable, transparent, responsable et écologiquement significatif.
Rigueur de la review

Cette review est efficace pour présenter le sujet de la lutte biologique. Cependant le fait de se limiter à un cadre géographique donné ne permet pas de généraliser ces états de fait. Le fait de se fixer sur les écosystèmes hawaïens limite l'étude à des environnements très particuliers du points de vue historique et géographique.

Ce que cette review apporte au débat

Les bénéfices apportés jadis par les introductions successives de vecteurs de contrôle biologique montrent aujourd'hui leurs limites. Le problème étant que ces même vecteurs peuvent échapper au contrôle humain dans le système visé.
Cette review met en évidence qu'il est nécessaire de mieux connaitre et comprendre le comportement du vecteur introduit avec les composantes de l’environnement cible.

Figure
Légende :

Évolution de la quantité d'agents de biocontrôle introduits dans les écosystèmes hawaïens au cours du siècle dernier (1900-1938) comparé au nombre d'espèces invasives recensées.
Des prix toujours plus élevés et la complexification de la législation jouent sur l'abandon progressif des biocontrôles.

Biological control of invasive species: solution or pollution?

Publiée il y a plus de 8 ans par T. Martial et R. Beugnon.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Review : Biological control of invasive species: solution or pollution?
  • 1 2
  • Auteurs
    Messing, Rh ; Wright, Mg
  • Année de publication
    2006
  • Journal
    Frontiers in Ecology and Environment
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Biological control of invasive species using co-evolved natural enemies has long been considered a safe, cost effective, and environmentally benign tool for pest management. However, recent work has questioned the extent to which these imported natural enemies have negative impacts on populations of non-target species. The result has been a vociferous debate about the safety and proper role of biological control, often without convincing evidence on either side. The issues are particularly well focused in Hawaii, with its high numbers of both endemics and invasive pest species. We review the data concerning environmental impacts from past biocontrol projects, discuss the patterns and generalizations that emerge from retrospective analyses, and consider some new techniques for risk assessment. We then emphasize the need for a federal regulatory framework that is rational, efficient, transparent, and ecologically meaningful.

  • Identifiant unique
    10.1890/1540-9295(2006)004[0132:BCOISS]2.0.CO;2
  • Accès libre
    Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Dans le cadre de la lutte biologique contre les espèces invasives, comment doit-on considérer l’introduction d’espèces exogènes ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

    0
    0
    1
    1
    0
  • Dans le cadre de la lutte biologique contre les espèces invasives, comment doit-on considérer l’introduction d’espèces exogènes ? Bonne idée ou Mauvaise idée
    0
    1
    1
    0
    0