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Machines à remonter le temps biologiques : une approche réaliste pour cloner un mammifère éteint.
Machines à remonter le temps biologiques : une approche réaliste pour cloner un mammifère éteint.
Résumé de la review
De constants progrès sont réalisés dans l'extraction d'ADN ancien, mais de nombreux écueils sont encore présents. La mise au point de machines de séquençage à haut-débit a notamment permis de séquencer 80 % du génome de Mammouth. Cependant, lire le génome ne suffit pas, il faut également comprendre ses fonctions, ce qui est pratiquement impossible avec les espèces éteintes.
L'espèce à ramener à la vie devrait avoir une espèce actuelle proche dont les caractéristiques sont bien connues. Le Mammouth est donc un bon candidat, grâce à sa proximité avec l'Elephant d'Asie. Les cellules à sélectionner doivent être le plus stable possible, l'idéal étant des spermatozoïdes. Malheureusement, des chromosomes maternels sont également nécessaires pour former un individu et il est impossible d'utiliser des oocytes de mammouths dans cette optique. C'est la technique du transfert de noyau de cellule somatique (SCNT) qui est donc utilisée.
Aucune des cellules de mammouth récupérées n'est encore fonctionnelle, mais ce n'est pas un problème car seuls un jeu de chromosomes et un centriole sont nécessaires pour le clonage. Ainsi, entre la capacité du génome à rester intact pendant plusieurs années et la capacité des oocytes à réparer le génome, on pourrait utiliser des cellules de mammouth congelées.
Au vu du faible taux de succès des SCNT, 1000 oocytes d'éléphants seraient nécessaire. 3 solutions sont possibles :
Utiliser des éléphants vivants comme source, leur cycle ovarien ayant été étudié en profondeur, mais le nombre d'oocytes pouvant être récupéré est limité.
Collecter à partir d'éléphants abattus pour réduire les populations. Cependant, ceci est réservé aux Eléphants d'Afrique.
La transplantation de tissu ovarien. Les oocytes immatures peuvent en effet devenir matures sur du tissu ovarien. Les greffes peuvent cependant amener des complications. Les oocytes récoltés devront maturer in vitro, ce qui n'a jamais été encore réalisé chez l'Elephant, mais devrait être faisable après des expérimentations. Pour répondre à la demande élevée en oocytes, une solution possible est l'utilisation d'oocytes de souris ou de vaches. Le SCNT chez le Mammouth est simple à réaliser mais la distance phylogénétique avec ces autres mammifères cause des problèmes (Compatibilité ADN mitochondrial/ADN génomique, activation du génome zygotique). Une solution serait de faire d'abord un transfert denoyau dans un oocyte de souris ou de vache, pour tester si le génome du Mammouth est viable. Si c'est le cas, avant que le génome zygotique ne doit s'activer, un noyau de cet hybride sera transféré dans un oocyte d'Eléphant. Enfin, cet hybride sera transféré dans une mère porteuse. Le clonage d'espèces disparues reste encore spéculatif, mais certaines des étapes ont déjà été accomplies.
De constants progrès sont réalisés dans l'extraction d'ADN ancien, mais de nombreux écueils sont encore présents. La mise au point de machines de séquençage à haut-débit a notamment permis de séquencer 80 % du génome de Mammouth. Cependant, lire le génome ne suffit pas, il faut également comprendre ses fonctions, ce qui est pratiquement impossible avec les espèces éteintes.
L'espèce à ramener à la vie devrait avoir une espèce actuelle proche dont les caractéristiques sont bien connues. Le Mammouth est donc un bon candidat, grâce à sa proximité avec l'Elephant d'Asie. Les cellules à sélectionner doivent être le plus stable possible, l'idéal étant des spermatozoïdes. Malheureusement, des chromosomes maternels sont également nécessaires pour former un individu et il est impossible d'utiliser des oocytes de mammouths dans cette optique. C'est la technique du transfert de noyau de cellule somatique (SCNT) qui est donc utilisée.
Aucune des cellules de mammouth récupérées n'est encore fonctionnelle, mais ce n'est pas un problème car seuls un jeu de chromosomes et un centriole sont nécessaires pour le clonage. Ainsi, entre la capacité du génome à rester intact pendant plusieurs années et la capacité des oocytes à réparer le génome, on pourrait utiliser des cellules de mammouth congelées.
Au vu du faible taux de succès des SCNT, 1000 oocytes d'éléphants seraient nécessaire. 3 solutions sont possibles :
Utiliser des éléphants vivants comme source, leur cycle ovarien ayant été étudié en profondeur, mais le nombre d'oocytes pouvant être récupéré est limité.
Collecter à partir d'éléphants abattus pour réduire les populations. Cependant, ceci est réservé aux Eléphants d'Afrique.
La transplantation de tissu ovarien. Les oocytes immatures peuvent en effet devenir matures sur du tissu ovarien. Les greffes peuvent cependant amener des complications. Les oocytes récoltés devront maturer in vitro, ce qui n'a jamais été encore réalisé chez l'Elephant, mais devrait être faisable après des expérimentations. Pour répondre à la demande élevée en oocytes, une solution possible est l'utilisation d'oocytes de souris ou de vaches. Le SCNT chez le Mammouth est simple à réaliser mais la distance phylogénétique avec ces autres mammifères cause des problèmes (Compatibilité ADN mitochondrial/ADN génomique, activation du génome zygotique). Une solution serait de faire d'abord un transfert denoyau dans un oocyte de souris ou de vache, pour tester si le génome du Mammouth est viable. Si c'est le cas, avant que le génome zygotique ne doit s'activer, un noyau de cet hybride sera transféré dans un oocyte d'Eléphant. Enfin, cet hybride sera transféré dans une mère porteuse. Le clonage d'espèces disparues reste encore spéculatif, mais certaines des étapes ont déjà été accomplies.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review permet de mieux comprendre les différents problèmes liés au transfert de noyau de cellule somatique de Mammouth dans un oocyte d'Elephant. Elle apporte également quelles sont les solutions possibles à ce problème et si la science actuelle est capable de les réaliser. Elle permet donc d'avoir une idée de la distance qui reste à parcourir pour obtenir un embryon de Mammouth viable.
Cette review permet de mieux comprendre les différents problèmes liés au transfert de noyau de cellule somatique de Mammouth dans un oocyte d'Elephant. Elle apporte également quelles sont les solutions possibles à ce problème et si la science actuelle est capable de les réaliser. Elle permet donc d'avoir une idée de la distance qui reste à parcourir pour obtenir un embryon de Mammouth viable.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
J. Rodrigues.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Review : Biological time machines: a realistic approach for cloning an extinct mammal
Titre de la review
Machines à remonter le temps biologiques : une approche réaliste pour cloner un mammifère éteint.
Machines à remonter le temps biologiques : une approche réaliste pour cloner un mammifère éteint.
Résumé de la review
De constants progrès sont réalisés dans l'extraction d'ADN ancien, mais de nombreux écueils sont encore présents. La mise au point de machines de séquençage à haut-débit a notamment permis de séquencer 80 % du génome de Mammouth. Cependant, lire le génome ne suffit pas, il faut également comprendre ses fonctions, ce qui est pratiquement impossible avec les espèces éteintes.
L'espèce à ramener à la vie devrait avoir une espèce actuelle proche dont les caractéristiques sont bien connues. Le Mammouth est donc un bon candidat, grâce à sa proximité avec l'Elephant d'Asie. Les cellules à sélectionner doivent être le plus stable possible, l'idéal étant des spermatozoïdes. Malheureusement, des chromosomes maternels sont également nécessaires pour former un individu et il est impossible d'utiliser des oocytes de mammouths dans cette optique. C'est la technique du transfert de noyau de cellule somatique (SCNT) qui est donc utilisée.
Aucune des cellules de mammouth récupérées n'est encore fonctionnelle, mais ce n'est pas un problème car seuls un jeu de chromosomes et un centriole sont nécessaires pour le clonage. Ainsi, entre la capacité du génome à rester intact pendant plusieurs années et la capacité des oocytes à réparer le génome, on pourrait utiliser des cellules de mammouth congelées.
Au vu du faible taux de succès des SCNT, 1000 oocytes d'éléphants seraient nécessaire. 3 solutions sont possibles :
Utiliser des éléphants vivants comme source, leur cycle ovarien ayant été étudié en profondeur, mais le nombre d'oocytes pouvant être récupéré est limité.
Collecter à partir d'éléphants abattus pour réduire les populations. Cependant, ceci est réservé aux Eléphants d'Afrique.
La transplantation de tissu ovarien. Les oocytes immatures peuvent en effet devenir matures sur du tissu ovarien. Les greffes peuvent cependant amener des complications. Les oocytes récoltés devront maturer in vitro, ce qui n'a jamais été encore réalisé chez l'Elephant, mais devrait être faisable après des expérimentations. Pour répondre à la demande élevée en oocytes, une solution possible est l'utilisation d'oocytes de souris ou de vaches. Le SCNT chez le Mammouth est simple à réaliser mais la distance phylogénétique avec ces autres mammifères cause des problèmes (Compatibilité ADN mitochondrial/ADN génomique, activation du génome zygotique). Une solution serait de faire d'abord un transfert denoyau dans un oocyte de souris ou de vache, pour tester si le génome du Mammouth est viable. Si c'est le cas, avant que le génome zygotique ne doit s'activer, un noyau de cet hybride sera transféré dans un oocyte d'Eléphant. Enfin, cet hybride sera transféré dans une mère porteuse. Le clonage d'espèces disparues reste encore spéculatif, mais certaines des étapes ont déjà été accomplies.
De constants progrès sont réalisés dans l'extraction d'ADN ancien, mais de nombreux écueils sont encore présents. La mise au point de machines de séquençage à haut-débit a notamment permis de séquencer 80 % du génome de Mammouth. Cependant, lire le génome ne suffit pas, il faut également comprendre ses fonctions, ce qui est pratiquement impossible avec les espèces éteintes.
L'espèce à ramener à la vie devrait avoir une espèce actuelle proche dont les caractéristiques sont bien connues. Le Mammouth est donc un bon candidat, grâce à sa proximité avec l'Elephant d'Asie. Les cellules à sélectionner doivent être le plus stable possible, l'idéal étant des spermatozoïdes. Malheureusement, des chromosomes maternels sont également nécessaires pour former un individu et il est impossible d'utiliser des oocytes de mammouths dans cette optique. C'est la technique du transfert de noyau de cellule somatique (SCNT) qui est donc utilisée.
Aucune des cellules de mammouth récupérées n'est encore fonctionnelle, mais ce n'est pas un problème car seuls un jeu de chromosomes et un centriole sont nécessaires pour le clonage. Ainsi, entre la capacité du génome à rester intact pendant plusieurs années et la capacité des oocytes à réparer le génome, on pourrait utiliser des cellules de mammouth congelées.
Au vu du faible taux de succès des SCNT, 1000 oocytes d'éléphants seraient nécessaire. 3 solutions sont possibles :
Utiliser des éléphants vivants comme source, leur cycle ovarien ayant été étudié en profondeur, mais le nombre d'oocytes pouvant être récupéré est limité.
Collecter à partir d'éléphants abattus pour réduire les populations. Cependant, ceci est réservé aux Eléphants d'Afrique.
La transplantation de tissu ovarien. Les oocytes immatures peuvent en effet devenir matures sur du tissu ovarien. Les greffes peuvent cependant amener des complications. Les oocytes récoltés devront maturer in vitro, ce qui n'a jamais été encore réalisé chez l'Elephant, mais devrait être faisable après des expérimentations. Pour répondre à la demande élevée en oocytes, une solution possible est l'utilisation d'oocytes de souris ou de vaches. Le SCNT chez le Mammouth est simple à réaliser mais la distance phylogénétique avec ces autres mammifères cause des problèmes (Compatibilité ADN mitochondrial/ADN génomique, activation du génome zygotique). Une solution serait de faire d'abord un transfert denoyau dans un oocyte de souris ou de vache, pour tester si le génome du Mammouth est viable. Si c'est le cas, avant que le génome zygotique ne doit s'activer, un noyau de cet hybride sera transféré dans un oocyte d'Eléphant. Enfin, cet hybride sera transféré dans une mère porteuse. Le clonage d'espèces disparues reste encore spéculatif, mais certaines des étapes ont déjà été accomplies.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review permet de mieux comprendre les différents problèmes liés au transfert de noyau de cellule somatique de Mammouth dans un oocyte d'Elephant. Elle apporte également quelles sont les solutions possibles à ce problème et si la science actuelle est capable de les réaliser. Elle permet donc d'avoir une idée de la distance qui reste à parcourir pour obtenir un embryon de Mammouth viable.
Cette review permet de mieux comprendre les différents problèmes liés au transfert de noyau de cellule somatique de Mammouth dans un oocyte d'Elephant. Elle apporte également quelles sont les solutions possibles à ce problème et si la science actuelle est capable de les réaliser. Elle permet donc d'avoir une idée de la distance qui reste à parcourir pour obtenir un embryon de Mammouth viable.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.