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Titre de la review

"Science citoyenne"? Reconsidération du lien entre science et participation publique

Résumé de la review

La science citoyenne (CS) désigne des coutumes diverses allant du partage de puissance computationnelle, à la collecte de données par des naturalistes bénévoles jusqu'à la classification d'images de galaxies. Dans cette revue, les auteurs remettent en question la définition, les généalogies et les promesses faites par les promoteurs de la CS. Ils éclairent l'histoire et la définition de la CS tout en proposant une topologie permettant de classer les projets. De même, ils reviennent sur les buts ultimes de la CS qui sont une démocratisation de la science, une amélioration de la littérature scientifique et d'importantes avancées scientifiques.

Deux origines de la CS sont proposées, la première revient aux naturalistes du 18ième et 19ième siècle qui pratiquaient des activités scientifiques souvent en dehors d'un cadre académique (professionnel). L'argument principal revient à dire qu'avant la professionnalisation de la science, la majorité des philosophes, des savants et des naturalistes n'étaient pas payés pour leurs activités et peuvent donc être considérés comme des citoyens scientifiques. Ainsi, si Darwin était un citoyen scientifique alors les participants de nos jours pourraient être importants eux-aussi. La deuxième origine est associée aux critiques à la science dans les années 1960 et 1970. Le support pour cette origine s'explique par l'opinion critique des partisans de la science citoyenne envers des secteurs académiques et privés de la recherche actuelle avec l'argumentation que ceux-ci ne servent pas l'intérêt public.

En ce qui concerne les définitions de la science citoyenne, les pères fondateurs sont Alan Irwin et Richard Bonney. La conceptualisation initiale d'Irwin est profondément différente de celle de Bonney[1]. La définition d'Irwin peut être vue sous deux angles, d'une part, il s'agit d'une science qui sert aux intérêts du public et d'autre part il s'agit d'une science effectuée par le public. En unifiant les termes science pour le public et science par le public, Irwin vise à démocratiser la démarche scientifique en la rendant compréhensible et abordable par le grand public. Bonney en revanche, voit la CS comme des projets scientifiques pour lesquels des amateurs contribuent avec des observations et en revanche profitent d'un gain de connaissances ("two-way street").

En outre, au sein de cette revue, les auteurs abordent la typologie de la science citoyenne. La première classification qui est hiérarchique, divise la CS en projets collaboratifs, le public aide au développement du projet, et en projets contributifs qui ont été développés uniquement par des chercheurs. Cette première classification qui est hiérarchique, classe les projets en fonction du dégrée de participation. D'autres approches sont des classifications en fonction du but du projet ou comment les auteurs les proposent en fonction des pratiques épistémiques. Selon les auteurs, les critères de classification sont les pratiques de recensement [2], d'informatique, d'analyse, d'auto déclaration[3] ou de fabrication. Une telle typologie est extrêmement importante, car elle permet d'identifier et de relever des projets qui ne devraient pas être classés comme un projet de science citoyenne.

En conclusion, les auteurs relèvent les buts ultimes que chaque projet de CS devrait avoir, il s'agit comme mentionné précédemment d'une démocratisation de la science, d'une amélioration de la littérature scientifique et d'avancer la science. La démocratisation de la science fait référence à un partage de pouvoir entre tous les citoyens, de l'amateur jusqu'au chercheur. Le deuxième aspect se réfère au fait que la CS doit rendre les travaux scientifiques compréhensibles à un public large, on parle de vulgarisation scientifique. Le dernier de ces trois points est clair dans les mesures où une attente de projet de CS est d'apporter de nouvelles avancées à partir des larges quantités de données.

Rigueur de la review

Cette revue est présentée avec un grand recul, bien que la discussion soit assez répétitive, et la pertinence variable.

Ce que cette review apporte au débat

Cette revue permet de fixer le cadre général de notre controverse. Les auteurs discutent les racines des pratiques de CS et comment celles-ci ont évolué pour inspirer les définitions utilisées de nos jours. En outre, les auteurs présentent une typologie essentielle qui permettra, non seulement de classer les projets de CS, mais aussi de déterminer les projets ne devant pas être regroupés sous le label de "science citoyenne".

Publiée il y a plus de 7 ans par D. Lutgen et C. Mayeux.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : “Citizen Science”? Rethinking Science and Public Participation
  • 1
  • Auteurs
    Bruno J. Strasser, Jérôme Baudry, Dana Mahr, Gabriela Sanchez, Elise Tancoigne
  • Année de publication
    2018
  • Journal
    Science & Technology Studies
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Since the late twentieth century, “citizen science” has become an increasingly fashionable label for a growing number of participatory research activities. This paper situates the origins and rise of the term “citizen science” and offers a new framework to better understand the diversity of epistemic practices involved in these participatory projects. It contextualizes “citizen science” within the broader history of public participation in science and analyzes critically the current promises—democratization, education, discoveries—emerging within the “citizen science” discourse. Finally, it maps a number of historical, political, and social questions for future research in the critical studies of “citizen science.”

  • Identifiant unique
    10.1057/9781137047137.0010
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Les sciences citoyennes : un atout pour la recherche ?
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