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Titre de la review

Implication écologique des syndromes comportementaux

Résumé de la review

Traditionnellement, lorsque l’on cherche à expliquer la raison d’une répartition ou d’une stratégie d'obtention des ressources d’une espèce animale, c’est souvent la théorie de l’optimalité qui est citée. Cependant, les syndromes comportementaux semblent être une hypothèse alternative probable à cette théorie. Cet article s’intéresse donc au rôle écologique des syndromes comportementaux dans l’ensemble du règne animal.

Dans cet article, syndrome comportemental équivaut à personnalité et est défini par une plasticité comportementale limitée et une corrélation entre comportements dans le temps et les contextes. Des ensembles de personnalités sont regroupé en types comportementaux (behavioral types = BT). Le type de comportement d’un animal peut fortement affecter sa valeur sélective (fitness) et donc être influencé par la sélection naturelle. Le BT peut être sous-optimal si l’animal n’est plus dans un milieu le favorisant.

Performances de l’espèce, limites de distribution et d’abondance
Un type comportemental actif (courageux et/ou agressif) sera avantagé dans un environnement en l'absence de prédation. D'un autre côté, même sans prédateurs, les individus agressifs sont désavantagés car ils passent plus de temps à interagir et donc moins à se nourrir. Les BT résultent donc de compromis, comme pour l’ensemble des traits fixés. La plasticité des BT étant limitée par la forte diminution de survie des individus ayant un BT mal adapté au milieu.
Les variations intraspécifiques de BT permettent à une espèce d’avoir une aire de répartition plus large et réduit le risque d’extinction.

Interactions entre espèces
Chez les insectes pollinisateurs, la personnalité peut influencer le type de fleur visité et donc avoir un impact sur la survie des espèces florales. Idem pour la dissémination zoochore des graines. Les individus avec un BT plus actifs ont une plus grande propension à se disperser.

Dynamiques de population
Une forte densité d’individu au sein d’une espèce peut entraîner du cannibalisme dont le taux dépend du ratio d’individu agressif par rapport aux individus craintifs. Lorsque cette pratique permet de stabiliser la dynamique de la population on peut voir apparaître un groupe « cannibale » et un groupe « proie » au sein d’une même espèce avec un fort polymorphisme de BT.
La sociabilité des individus d’une même espèce joue sur leur niveau d’agrégation ce qui va avoir un impact dans les interactions de types proie-prédateur ou hôte-parasite.
La constance du type comportemental au travers du temps réduit la capacité de réponse à un changement environnemental. Le BT influence la densité locale des populations, de fait, au travers du contexte cela peut impacter la fitness mais aussi l’ensemble des interactions densité-dépendantes de la population. Les proies ayant un BT actif sont plus attaquées par les prédateurs ayant un BT inactif et inversement.

Réponse à un nouvel environnement et aux changements environnementaux
La constance du BT peut poser problème dans le cas de changements environnementaux rapides. Ce type de changement peut entraîner une sélection des BT les plus adaptés et donc une diminution de la diversité de BT présents dans la population. Ce phénomène réduit les chances de la population si un changement environnemental arrive.
Les individus invasifs montrent souvent un comportement très agressif qui pourrait expliquer le succès invasif ainsi que son impact. On ne sait pas s’il s’agit d’individus plus agressifs qui ont une propension à plus se disperser ou à avoir une plus grande plasticité comportementale ou bien si ce sont les individus qui, en l’absence de prédateur, auraient développé ce type de comportement. Si les individus plus agressifs/asociaux se dispersent mieux que les autres, pour que l’espèce s’établisse et prospère dans un nouveau milieu, il faut qu’ils soient rejoints par des individus sociaux/ moins agressifs.

Ce que cette review apporte au débat

Les types comportementaux rassemblant plusieurs traits de personnalité semblent avoir un réel impact sur la valeur sélective des espèces, influençant leurs interactions et leur répartition. Plus d’études sont nécessaire pour vraiment cerner les rôles des types comportementaux et l’ensemble de leurs impacts sur l’écologie des espèces.

Publiée il y a plus de 5 ans par Marie M.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Review : Ecological implications of behavioural syndromes
  • 1
  • Auteurs
    Andrew Sih, Julien Cote, Mara Evans, Sean Fogarty, Jonathan Pruitt
  • Année de publication
    2012
  • Journal
    Ecology Letters
  • Identifiant unique
    10.1111/j.1461-0248.2011.01731.x
  • Accès libre
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  • Apparait dans la controverse
    Les animaux ont-ils une personnalité ?
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