The growing number of biological invasions worldwide is now being accompanied by burgeoning successful
alien species eradications on islands of increasing size, topography and habitat complexity. However, the extent of these
achievements depends on the definition of success. In most cases, success or failure are measured in terms of the absence
or presence of the target alien species. It is becoming increasingly evident that how the invaded ecosystems respond to
eradications should also be assessed. This is because some eradications have been accompanied by unexpected population
explosions of hitherto seemingly harmless (or undetected) introduced species, previously suppressed by the eradicated
alien species. These unexpected chain reactions are sometimes referred to as “surprise effects”. We conducted an eight
year study of plant and animal communities in a simple insular ecosystem invaded by ship rats (Rattus rattus) _and domestic
mice (_Mus musculus). We assessed these communities for potential surprise effects following rodent eradication. Next we
eradicated the rats and mice following a protocol tailored to the presence of other introduced species. We then continued
to monitor changes to the ecosystem, a step too often missing after eradication programmes. We then assessed the success
of our eradication in terms of: 1) absence of the eradicated species; 2) recovery of the ecosystem; and 3) absence of
surprise effects.
Titre de l'article
L'éradication des espèces introduites invasives: effets "Surprise" et succès de conservation
L'éradication des espèces introduites invasives: effets "Surprise" et succès de conservation
Introduction à l'article
Cette étude récapitule la mise au point d’un programme d’éradication du rat noir (Rattus rattus) et de la souris commune (Mus musculus) sur l’île Surprise située à 230 km au Nord de la Nouvelle Calédonie.
Les auteurs font part du manque de concertation entre les programmes d’éradication et les études menées pour comprendre leurs impacts écologiques sur la flore et la faune installées et/ou native (Courchamp et al., 2003). Depuis toujours, on ne voit et retient que les effets bénéfiques de l’éradication d’une espèce invasive sur le biote natif mais des observations sur le terrain montrent que ces effets peuvent varier le long d’un gradient d’intensité et peuvent même être néfastes à l’écosystème. Bien que ces effets « Surprise » ne soient pas la norme, il est important de les anticiper puisqu’ils peuvent mener à des drames écologiques.
Cette étude récapitule la mise au point d’un programme d’éradication du rat noir (Rattus rattus) et de la souris commune (Mus musculus) sur l’île Surprise située à 230 km au Nord de la Nouvelle Calédonie.
Les auteurs font part du manque de concertation entre les programmes d’éradication et les études menées pour comprendre leurs impacts écologiques sur la flore et la faune installées et/ou native (Courchamp et al., 2003). Depuis toujours, on ne voit et retient que les effets bénéfiques de l’éradication d’une espèce invasive sur le biote natif mais des observations sur le terrain montrent que ces effets peuvent varier le long d’un gradient d’intensité et peuvent même être néfastes à l’écosystème. Bien que ces effets « Surprise » ne soient pas la norme, il est important de les anticiper puisqu’ils peuvent mener à des drames écologiques.
Expériences de l'article
Mise au point d'une méthode de gestion d’espèces invasives en milieu insulaire où l’effet Surprise pourrait se manifester.
Durant toute l’étude (4 ans avant l’éradication puis 5 ans après), des relevés faunistiques et floristiques étudient les changements à court terme qui surviennent dans les communautés de l’île. La découverte d’une population de M. musculus a contraint les auteurs à les éliminer aussi. L’élimination simultanée des rats et souris par piégeage étant néfastes pour la faune et flore locale (densité importante de pièges), l'éradication par empoisonnement (raticide) est retenue.
Mise au point d'une méthode de gestion d’espèces invasives en milieu insulaire où l’effet Surprise pourrait se manifester.
Durant toute l’étude (4 ans avant l’éradication puis 5 ans après), des relevés faunistiques et floristiques étudient les changements à court terme qui surviennent dans les communautés de l’île. La découverte d’une population de M. musculus a contraint les auteurs à les éliminer aussi. L’élimination simultanée des rats et souris par piégeage étant néfastes pour la faune et flore locale (densité importante de pièges), l'éradication par empoisonnement (raticide) est retenue.
Résultats de l'article
Lors des relevés floristiques, une espèce exotique potentiellement invasive et encore peu répandue est retrouvée : Cassytha filiformis (originaire de Floride). Une autre espèce exotique est retrouvée dispersée dans toute l’île : Colubrina asiatica sans pour autant dominer la végétation indigène. L’étude du contenu stomacal des rats ne laisse pas penser à une grande consommation de ces plantes et leur éradication ne devrait pas impacter ces populations végétales.
Après l’éradication, de nombreux moyens de vérification ont confirmés l’absence de rats ou de souris sur l’île durant 4 ans. La petite communauté de C. filiformis a été éradiquée alors que C. asiatica ne l’a pas été à cause de l’importante surface qu’elle recouvre. Sa population n’a cependant pas augmenté suite à l’éradication des rats. Par contre, une espèce indigène Achyranthes aspersa s’est développée sur une grande surface de l’île.
Lors des relevés floristiques, une espèce exotique potentiellement invasive et encore peu répandue est retrouvée : Cassytha filiformis (originaire de Floride). Une autre espèce exotique est retrouvée dispersée dans toute l’île : Colubrina asiatica sans pour autant dominer la végétation indigène. L’étude du contenu stomacal des rats ne laisse pas penser à une grande consommation de ces plantes et leur éradication ne devrait pas impacter ces populations végétales.
Après l’éradication, de nombreux moyens de vérification ont confirmés l’absence de rats ou de souris sur l’île durant 4 ans. La petite communauté de C. filiformis a été éradiquée alors que C. asiatica ne l’a pas été à cause de l’importante surface qu’elle recouvre. Sa population n’a cependant pas augmenté suite à l’éradication des rats. Par contre, une espèce indigène Achyranthes aspersa s’est développée sur une grande surface de l’île.
Ce que cet article apporte au débat
Les études et surveillances pré- et post-éradication sont des éléments importants au bon fonctionnement de l’élimination d’espèces invasives. Éradiquer une espèce dans un écosystème peut avoir des conséquences bonnes comme mauvaises et il est important de quantifier et prédire ces effets avant de mettre en place des moyens de gestion. Pour conclure, un programme de gestion ne peut pas être considéré comme un succès si l’éradication d’une espèce invasive mène à un dérèglement de l’écosystème par l’arrivée d’une autre espèce invasive.
Les études et surveillances pré- et post-éradication sont des éléments importants au bon fonctionnement de l’élimination d’espèces invasives. Éradiquer une espèce dans un écosystème peut avoir des conséquences bonnes comme mauvaises et il est important de quantifier et prédire ces effets avant de mettre en place des moyens de gestion. Pour conclure, un programme de gestion ne peut pas être considéré comme un succès si l’éradication d’une espèce invasive mène à un dérèglement de l’écosystème par l’arrivée d’une autre espèce invasive.
Remarques sur l'article
Le modèle mathématique utilisé et ses résultats ne sont pas présenté dans l'article mais le sont dans celui de Caut et al., 2009, deuxième co-auteur de cet article.
Le modèle mathématique utilisé et ses résultats ne sont pas présenté dans l'article mais le sont dans celui de Caut et al., 2009, deuxième co-auteur de cet article.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.