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Titre de la review

Adaptations génétiques à la captivité chez les espèces qui font l'objet de programmes de conservation

Résumé de la review

Suite à l'impact de l'homme de façon directe ou indirecte, beaucoup d'espèces sont au bord de l'extinction. De plus en plus d'espèces ne pourraient être sauvées sans les programmes de reproduction en captivité. L'idée est souvent de réintroduire par la suite ces espèces. Or, l’environnement de captivité étant différent de celui naturel, les variants génétiques sélectionné en captivité ne sont pas les mêmes que ceux sélectionné en milieux naturels. Les caractéristiques sélectionnées sont souvent désavantageuse dans la nature et pour les programmes de contrôle biologique.

1. Bases génétiques à l'adaptation à la captivité
Les allèles rares et contre-sélectionnés dans la nature ne le seraient plus lorsque les espèces seraient en captivités. C'est pourquoi ces allèles étant favorisant en captivité ils se retrouveraient alors à des fréquences élevées. Ces allèles qui, étaient rares dans les populations sauvages deviennent très fréquents, diminuent la fitness des individus réintroduits puisque ces allèles sont délétères en milieux naturel.

2. Facteurs déterminants
L'adaptation génétique à la captivité est positivement corrélée à l'intensité de la sélection, la diversité génétique, la taille de population efficace et au nombre de générations en captivité. Le fait d'introduire des individus sauvages aux populations captives permet cependant de réduire l'adaptation à la captivité, cependant les populations d'espèces en danger sont souvent trop petites pour permettre le prélèvement d'individus.

3. Comment minimiser son impact négatif sur la reproduction lors de réintroduction
En minimisant :

  • le nombre de générations en captivité : très utilisé chez les plantes (utilisation de graines en dormance), la cryoconservation est aussi utilisé pour des plantes et de rares espèces animales. Dans ce cas, il faut conserver des populations vivantes pour transférer les embryons ou gamètes congelés. Ce n'est donc pas une solution pour la plupart des espèces animales
  • la sélection : cela peut être fait en mimant au plus possible l’environnement naturel. Mais l'espace disponible est souvent restreint et trop de pressions de sélection sont minimisées (parasitisme, maladie...) ou supprimées tel que la prédation, compétition (égalisation des tailles de familles). L'égalisation de la contribution de chaque famille est réalisée dans les zoos afin de minimiser la consanguinité.
  • la diversité génétique via la fragmentation : les populations captives sont dispersées un peu partout dans le monde, l'idée serait de ne pas considérer ces populations comme une unique population mais plutôt comme diverses sous-populations qui ne se croiseraient que rarement. Ceci serait avantageux au niveau reproductif, augmenterait la diversité génétique totale tout en diminuant l'adaptation à la captivité, le coût économique et les risques de contaminations (lors des translocations)

Les populations peuvent regagner leur fitness perdue grâce à la sélection si elles ont de la diversité génétique et une fitness suffisante pour survivre en milieux naturel. C'est pourquoi il serait intéressant de croiser toutes les populations captives, afin d'augmenter l'hétérozygotie et la diversité génétique, avant de les réintroduire.

Rigueur de la review

L'auteur cite diverses études, il y a souvent une comparaison d'étude théoriques et pratique ce qui est intéressant. De plus, il cite souvent ses propres travaux, on peut donc être sûr qu'il connait son sujet et ne déforme pas les propos de l'auteur.

Ce que cette review apporte au débat

La reproduction en captivité devient souvent indispensable aux espèces menacées. En gardant ces espèces en captivité les chances de réussir les réintroductions diminues suite à l'adaptation génétiques à la captivité. Une des solutions serait de considérer les populations captives comme des sous populations en les croisant entre-elles que rarement afin d'augmenter l'hétérozygotie et la diversité génétique, avant de les réintroduire. Cependant, aucune expérience semble avoir tester cette méthode...

Remarques sur la review

Cette étude s'est concentrée sur l'adaptation à la captivité. D'autres types de changements génétiques pénalisant peuvent survenir durant la captivité tel que la perte de diversité, dépression de consanguinité, accumulation de nouvelle mutation délétères. Ces changements sont liés à la taille de population

Publiée il y a plus de 9 ans par E. Fruitet et camilled.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Review : Genetic adaptation to captivity in species conservation programs
  • 1 1
  • Auteurs
    RICHARD FRANKHAM
  • Année de publication
    2008
  • Journal
    Molecular Ecology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    As wild environments are often inhospitable, many species have to be captive-bred to save
    them from extinction. In captivity, species adapt genetically to the captive environment and
    these genetic adaptations are overwhelmingly deleterious when populations are returned
    to wild environments. I review empirical evidence on (i) the genetic basis of adaptive
    changes in captivity, (ii) factors affecting the extent of genetic adaptation to captivity, and
    (iii) means for minimizing its deleterious impacts. Genetic adaptation to captivity is primarily
    due to rare alleles that in the wild were deleterious and partially recessive. The extent of
    adaptation to captivity depends upon selection intensity, genetic diversity, effective population
    size and number of generation in captivity, as predicted by quantitative genetic theory.
    Minimizing generations in captivity provides a highly effective means for minimizing
    genetic adaptation to captivity, but is not a practical option for most animal species. Population
    fragmentation and crossing replicate captive populations provide practical means for
    minimizing the deleterious effects of genetic adaptation to captivity upon populations
    reintroduced into the wild. Surprisingly, equalization of family sizes reduces the rate of
    genetic adaptation, but not the deleterious impacts upon reintroduced populations. Genetic
    adaptation to captivity is expected to have major effects on reintroduction success for species
    that have spent many generations in captivity. This issue deserves a much higher priority
    than it is currently receiving.

  • Identifiant unique
    10.1111/j.1365-294x.2007.03399.x
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  • Apparait dans la controverse
    La conservation ex-situ est-elle pertinente?
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