Recent advances in genetic and ecological studies of wild animal populations in Chernobyl and Fukushima have demonstrated significant genetic, physiological, developmental, and fitness effects stemming from exposure to radioactive contaminants. The few genetic studies that have been conducted in Chernobyl generally show elevated rates of genetic damage and mutation rates. All major taxonomic groups investigated (i.e., birds, bees, butterflies, grasshoppers, dragonflies, spiders, mammals) displayed reduced population sizes in highly radioactive parts of the Chernobyl Exclusion Zone. In Fukushima, population censuses of birds, butterflies, and cicadas suggested that abundances were negatively impacted by exposure to radioactive contaminants, while other groups (e.g., dragonflies, grasshoppers, bees, spiders) showed no significant declines, at least during the first summer following the disaster. Insufficient information exists for groups other than insects and birds to assess effects on life history at this time. The differences observed between Fukushima and Chernobyl may reflect the different times of exposure and the significance of multigenerational mutation accumulation in Chernobyl compared to Fukushima. There was considerable variation among taxa in their apparent sensitivity to radiation and this reflects in part life history, physiology, behavior, and evolutionary history. Interestingly, for birds, population declines in Chernobyl can be predicted by historical mitochondrial DNA base-pair substitution rates that may reflect intrinsic DNA repair ability.
Titre de la review
Études génétiques et écologiques des animaux à Tchernobyl et Fukushima.
Études génétiques et écologiques des animaux à Tchernobyl et Fukushima.
Résumé de la review
Les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima permettent d’avoir des expérimentations à large échelle sur les effets de l’exposition chronique à de faibles doses de radioactivité. Il est supposé que des réponses adaptatives vont être mises en place pour répondre à cette dose de radioactivité plus élevée.
L’hypothèse de recherche est que l’exposition aux radionucléides va conduire à des dommages génétiques et augmenter les taux de mutation, et cela dans les lignées germinales et somatiques. Il est également attendu que certains de ces dommages génétiques aient des effets physiologiques , dont la majorité, sinon la totalité, seront délétères.
Ici on se propose de regarder ces effets au niveau populationnel et de voir s’il existe des variations dans la sensibilité aux radionucléides.
On note en premier lieu des taux de mutations de 2 à 10 fois supérieurs à la normale à Tchernobyl chez les hirondelles (Hirundo rustica). D’autres études viennent appuyer ce résultat, ce qui laisse peu de doute sur le fait que l’exposition à des radionucléides, même à faible dose, cause des dégâts génétiques.
Des effets physiologiques ont également été observés, comme des plumages anormalement colorés chez les oiseaux, des anomalies dans les cellules germinales, ou encore un nombre de tumeurs plus important.
Des études démographiques ont également été menées, facilitées par le fait que dans les régions de Fukushima et de Tchernobyl, il existe un gradient de contamination entre les différentes zones, allant de zones très contaminées à des zones quasiment non contaminées. Ces études montrent que l’abondance et la diversité, notamment chez les oiseaux, sont moins élevées dans les zones fortement contaminées.
Des résultats montrant que la taille des populations était réduite ont été retrouvés dans la plupart des groupes pour la région de Tchernobyl, mais pas dans la région de Fukushima. Cependant il existe de la variation entre espèces à la réponse aux radionucléides ; beaucoup d’espèces ne montrant aucune relation entre la contamination et l’abondance, et certaines montrant même une augmentation d’abondance avec l’augmentation du niveau de radiations. Ces résultats pourraient être expliqués par des traits d’histoires de vie différents, ou également par des mécanismes de réparation de l’ADN différents.
Le fait que la région de Tchernobyl agit comme un "puit" de population chez certains oiseaux est également supporté car on retrouve une plus grande proportion d'immigrants dans cette zone que dans les zones contrôles
Les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima permettent d’avoir des expérimentations à large échelle sur les effets de l’exposition chronique à de faibles doses de radioactivité. Il est supposé que des réponses adaptatives vont être mises en place pour répondre à cette dose de radioactivité plus élevée.
L’hypothèse de recherche est que l’exposition aux radionucléides va conduire à des dommages génétiques et augmenter les taux de mutation, et cela dans les lignées germinales et somatiques. Il est également attendu que certains de ces dommages génétiques aient des effets physiologiques , dont la majorité, sinon la totalité, seront délétères.
Ici on se propose de regarder ces effets au niveau populationnel et de voir s’il existe des variations dans la sensibilité aux radionucléides.
On note en premier lieu des taux de mutations de 2 à 10 fois supérieurs à la normale à Tchernobyl chez les hirondelles (Hirundo rustica). D’autres études viennent appuyer ce résultat, ce qui laisse peu de doute sur le fait que l’exposition à des radionucléides, même à faible dose, cause des dégâts génétiques.
Des effets physiologiques ont également été observés, comme des plumages anormalement colorés chez les oiseaux, des anomalies dans les cellules germinales, ou encore un nombre de tumeurs plus important.
Des études démographiques ont également été menées, facilitées par le fait que dans les régions de Fukushima et de Tchernobyl, il existe un gradient de contamination entre les différentes zones, allant de zones très contaminées à des zones quasiment non contaminées. Ces études montrent que l’abondance et la diversité, notamment chez les oiseaux, sont moins élevées dans les zones fortement contaminées.
Des résultats montrant que la taille des populations était réduite ont été retrouvés dans la plupart des groupes pour la région de Tchernobyl, mais pas dans la région de Fukushima. Cependant il existe de la variation entre espèces à la réponse aux radionucléides ; beaucoup d’espèces ne montrant aucune relation entre la contamination et l’abondance, et certaines montrant même une augmentation d’abondance avec l’augmentation du niveau de radiations. Ces résultats pourraient être expliqués par des traits d’histoires de vie différents, ou également par des mécanismes de réparation de l’ADN différents.
Le fait que la région de Tchernobyl agit comme un "puit" de population chez certains oiseaux est également supporté car on retrouve une plus grande proportion d'immigrants dans cette zone que dans les zones contrôles
Rigueur de la review
On notera tout d'abord que la majorité des études sur lesquelles s'appuient ces auteurs ont été faites par eux-mêmes, ce qui peut être un biais dans la façon de voir le sujet. Néanmoins, d'autres études citées sont des review rigoureuses et assez larges ce qui permet d'avoir une bonne vision du sujet.
Un autre aspect important de cette review est que les exemples et études cités sont majoritairement sur les oiseaux, ce qui a pour conséquences d'une part que l'on peut-être confiant sur les effets sur ce groupe, notamment délétères; mais d'autres part, que cette review n'apporte que peu d'éléments pour les autres groupes d'êtres vivants.
On notera tout d'abord que la majorité des études sur lesquelles s'appuient ces auteurs ont été faites par eux-mêmes, ce qui peut être un biais dans la façon de voir le sujet. Néanmoins, d'autres études citées sont des review rigoureuses et assez larges ce qui permet d'avoir une bonne vision du sujet.
Un autre aspect important de cette review est que les exemples et études cités sont majoritairement sur les oiseaux, ce qui a pour conséquences d'une part que l'on peut-être confiant sur les effets sur ce groupe, notamment délétères; mais d'autres part, que cette review n'apporte que peu d'éléments pour les autres groupes d'êtres vivants.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review apporte un point de vue à plusieurs échelles sur les effets de l'exposition aux radiations. On remarque notamment que les effets génétiques et physiologiques sont bien présents, et systématiquement délétères.
La conclusion est moins évidente au niveau démographique, bien que des effets délétères sur l'abondance soient observés, d'autres études ne montrent pas d'effets à cette échelle.
Enfin, les résultats ne sont pas toujours similaires entre Tchernobyl et Fukushima, ce qui pourrait être dû à de multiples facteurs, mais laisse quand même un doute sur une généralisation de la présence systématique d'effets délétères.
Cette review apporte un point de vue à plusieurs échelles sur les effets de l'exposition aux radiations. On remarque notamment que les effets génétiques et physiologiques sont bien présents, et systématiquement délétères.
La conclusion est moins évidente au niveau démographique, bien que des effets délétères sur l'abondance soient observés, d'autres études ne montrent pas d'effets à cette échelle.
Enfin, les résultats ne sont pas toujours similaires entre Tchernobyl et Fukushima, ce qui pourrait être dû à de multiples facteurs, mais laisse quand même un doute sur une généralisation de la présence systématique d'effets délétères.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.