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L' extinction de la mégafaune à la fin du Quaternaire est liée à l’Homme, et non au changement climatique.
L' extinction de la mégafaune à la fin du Quaternaire est liée à l’Homme, et non au changement climatique.
Introduction à l'article
Les auteurs présentent deux hypothèses pour expliquer les extinctions à la fin du Quaternaire de la mégafaune mammifère (d'un poids supérieur ou égal à 10kg) : le changement climatique et l’impact de l’Homme. Pour tester la première, les auteurs évaluent les anomalies de température, les précipitations annuelles moyennes et la vitesse de changement climatique depuis la fin du dernier maximum glaciaire. Si le changement climatique a eu un effet sur ces extinctions, une corrélation positive est attendue.
Pour la seconde hypothèse, ils se basent sur la paléogéographie humaine. Les hominidés occupent l’Afrique sub-saharienne depuis longtemps. Les proies ont donc coévolué avec les techniques de chasse et peu d’extinctions ont dû advenir. Amériques, Australie et Japon n’ont pas connu la présence d’hominidés avant Homo sapiens. Ils seraient donc des prédateurs efficaces face à des proies naïves aux techniques de chasse. Dans ces régions, des taux plus élevés d’extinction sont attendus.
Les auteurs présentent deux hypothèses pour expliquer les extinctions à la fin du Quaternaire de la mégafaune mammifère (d'un poids supérieur ou égal à 10kg) : le changement climatique et l’impact de l’Homme. Pour tester la première, les auteurs évaluent les anomalies de température, les précipitations annuelles moyennes et la vitesse de changement climatique depuis la fin du dernier maximum glaciaire. Si le changement climatique a eu un effet sur ces extinctions, une corrélation positive est attendue.
Pour la seconde hypothèse, ils se basent sur la paléogéographie humaine. Les hominidés occupent l’Afrique sub-saharienne depuis longtemps. Les proies ont donc coévolué avec les techniques de chasse et peu d’extinctions ont dû advenir. Amériques, Australie et Japon n’ont pas connu la présence d’hominidés avant Homo sapiens. Ils seraient donc des prédateurs efficaces face à des proies naïves aux techniques de chasse. Dans ces régions, des taux plus élevés d’extinction sont attendus.
Expériences de l'article
D'après la littérature et les bases de données, les auteurs ont compilé les espèces éteintes à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène (132 000 - 1000 avant présent), leur masse, ainsi que leur distribution. Ils ont gardé seulement les espèces trouvées dans des sites datés de cette période. Ils ont aussi pu prendre en compte la répartition des hominidés. Ils ont alors proposé trois modèles linéaires généralisés prédisant le ratio d'extinctions par continent :
• Le ratio d’extinctions selon le climat seul (donné par 4 variables rendant compte de la vitesse de changement climatique, le taux de changement de la température annuelle et les précipitations moyennes annuelles)
• Le ratio d’extinctions selon la distribution des hominidés seule
• Le ratio d’extinctions selon les deux effets combinés
Par la suite, ils ont comparé ces modèles afin d’en dégager la variance expliquée de chaque effet et donc l’impact de chaque.
D'après la littérature et les bases de données, les auteurs ont compilé les espèces éteintes à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène (132 000 - 1000 avant présent), leur masse, ainsi que leur distribution. Ils ont gardé seulement les espèces trouvées dans des sites datés de cette période. Ils ont aussi pu prendre en compte la répartition des hominidés. Ils ont alors proposé trois modèles linéaires généralisés prédisant le ratio d'extinctions par continent :
• Le ratio d’extinctions selon le climat seul (donné par 4 variables rendant compte de la vitesse de changement climatique, le taux de changement de la température annuelle et les précipitations moyennes annuelles)
• Le ratio d’extinctions selon la distribution des hominidés seule
• Le ratio d’extinctions selon les deux effets combinés
Par la suite, ils ont comparé ces modèles afin d’en dégager la variance expliquée de chaque effet et donc l’impact de chaque.
Résultats de l'article
En comparant les modèles, les chercheurs ont montré que le pouvoir explicatif du modèle avec le climat seul est bien moindre (seulement 20,2% de la variance expliquée) que celui du modèle avec la distribution des humains (63,7% de variance expliquée). De plus, le modèle combinant les deux n’est qu’un peu plus explicatif face à celui avec seulement la répartition des hominidés (74,4%).
Par ailleurs, les extinctions les plus sévères sont dans des régions que seul l’Homme moderne a colonisées (plus 30% d’extinctions en général) alors que les moins sévères sont en Afrique sub-saharienne (13% d’extinctions). Cela démontre donc que les extinctions de la mégafaune mammifère de la fin du Quaternaire sont très fortement liées à la répartition des humains.
Toutefois, les auteurs restent réservés sur le cas de l’Eurasie. En effet cette région présente des ratios d’extinctions très variables et un effet plus fort qu’ailleurs pour le changement climatique, faisant deviner une histoire plus complexe.
En comparant les modèles, les chercheurs ont montré que le pouvoir explicatif du modèle avec le climat seul est bien moindre (seulement 20,2% de la variance expliquée) que celui du modèle avec la distribution des humains (63,7% de variance expliquée). De plus, le modèle combinant les deux n’est qu’un peu plus explicatif face à celui avec seulement la répartition des hominidés (74,4%).
Par ailleurs, les extinctions les plus sévères sont dans des régions que seul l’Homme moderne a colonisées (plus 30% d’extinctions en général) alors que les moins sévères sont en Afrique sub-saharienne (13% d’extinctions). Cela démontre donc que les extinctions de la mégafaune mammifère de la fin du Quaternaire sont très fortement liées à la répartition des humains.
Toutefois, les auteurs restent réservés sur le cas de l’Eurasie. En effet cette région présente des ratios d’extinctions très variables et un effet plus fort qu’ailleurs pour le changement climatique, faisant deviner une histoire plus complexe.
Rigueur de l'article
Les auteurs ont, par prudence, voulu prendre des espèces de sites directement datés. Ainsi, le nombre d’extinctions peut être sous-estimé dans l’analyse et dans certaines régions.
Par ailleurs, les auteurs ne prennent pas en compte la présence d'autres homininés, tels que l'Homme de Néandertal, ce qui pourrait expliquer le "flou" observé au niveau de l'Eurasie ou même en Afrique sub-saharienne.
Les auteurs ont, par prudence, voulu prendre des espèces de sites directement datés. Ainsi, le nombre d’extinctions peut être sous-estimé dans l’analyse et dans certaines régions.
Par ailleurs, les auteurs ne prennent pas en compte la présence d'autres homininés, tels que l'Homme de Néandertal, ce qui pourrait expliquer le "flou" observé au niveau de l'Eurasie ou même en Afrique sub-saharienne.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article montre clairement qu'Homo sapiens serait responsable des extinctions massives de la mégafaune mammifère, hormis en Eurasie. En effet, les auteurs proposent la colonisation de l'Homme comme cause principale. Cependant, il reste une incertitude sur l'Afrique Sub-saharienne et l'Eurasie, laissant entrevoir une possible cause climatique pour ces régions (non confirmé dans cet article).
Cet article montre clairement qu'Homo sapiens serait responsable des extinctions massives de la mégafaune mammifère, hormis en Eurasie. En effet, les auteurs proposent la colonisation de l'Homme comme cause principale. Cependant, il reste une incertitude sur l'Afrique Sub-saharienne et l'Eurasie, laissant entrevoir une possible cause climatique pour ces régions (non confirmé dans cet article).
Titre de l'article
L' extinction de la mégafaune à la fin du Quaternaire est liée à l’Homme, et non au changement climatique.
L' extinction de la mégafaune à la fin du Quaternaire est liée à l’Homme, et non au changement climatique.
Introduction à l'article
Les auteurs présentent deux hypothèses pour expliquer les extinctions à la fin du Quaternaire de la mégafaune mammifère (d'un poids supérieur ou égal à 10kg) : le changement climatique et l’impact de l’Homme. Pour tester la première, les auteurs évaluent les anomalies de température, les précipitations annuelles moyennes et la vitesse de changement climatique depuis la fin du dernier maximum glaciaire. Si le changement climatique a eu un effet sur ces extinctions, une corrélation positive est attendue.
Pour la seconde hypothèse, ils se basent sur la paléogéographie humaine. Les hominidés occupent l’Afrique sub-saharienne depuis longtemps. Les proies ont donc coévolué avec les techniques de chasse et peu d’extinctions ont dû advenir. Amériques, Australie et Japon n’ont pas connu la présence d’hominidés avant Homo sapiens. Ils seraient donc des prédateurs efficaces face à des proies naïves aux techniques de chasse. Dans ces régions, des taux plus élevés d’extinction sont attendus.
Les auteurs présentent deux hypothèses pour expliquer les extinctions à la fin du Quaternaire de la mégafaune mammifère (d'un poids supérieur ou égal à 10kg) : le changement climatique et l’impact de l’Homme. Pour tester la première, les auteurs évaluent les anomalies de température, les précipitations annuelles moyennes et la vitesse de changement climatique depuis la fin du dernier maximum glaciaire. Si le changement climatique a eu un effet sur ces extinctions, une corrélation positive est attendue.
Pour la seconde hypothèse, ils se basent sur la paléogéographie humaine. Les hominidés occupent l’Afrique sub-saharienne depuis longtemps. Les proies ont donc coévolué avec les techniques de chasse et peu d’extinctions ont dû advenir. Amériques, Australie et Japon n’ont pas connu la présence d’hominidés avant Homo sapiens. Ils seraient donc des prédateurs efficaces face à des proies naïves aux techniques de chasse. Dans ces régions, des taux plus élevés d’extinction sont attendus.
Expériences de l'article
D'après la littérature et les bases de données, les auteurs ont compilé les espèces éteintes à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène (132 000 - 1000 avant présent), leur masse, ainsi que leur distribution. Ils ont gardé seulement les espèces trouvées dans des sites datés de cette période. Ils ont aussi pu prendre en compte la répartition des hominidés. Ils ont alors proposé trois modèles linéaires généralisés prédisant le ratio d'extinctions par continent :
• Le ratio d’extinctions selon le climat seul (donné par 4 variables rendant compte de la vitesse de changement climatique, le taux de changement de la température annuelle et les précipitations moyennes annuelles)
• Le ratio d’extinctions selon la distribution des hominidés seule
• Le ratio d’extinctions selon les deux effets combinés
Par la suite, ils ont comparé ces modèles afin d’en dégager la variance expliquée de chaque effet et donc l’impact de chaque.
D'après la littérature et les bases de données, les auteurs ont compilé les espèces éteintes à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène (132 000 - 1000 avant présent), leur masse, ainsi que leur distribution. Ils ont gardé seulement les espèces trouvées dans des sites datés de cette période. Ils ont aussi pu prendre en compte la répartition des hominidés. Ils ont alors proposé trois modèles linéaires généralisés prédisant le ratio d'extinctions par continent :
• Le ratio d’extinctions selon le climat seul (donné par 4 variables rendant compte de la vitesse de changement climatique, le taux de changement de la température annuelle et les précipitations moyennes annuelles)
• Le ratio d’extinctions selon la distribution des hominidés seule
• Le ratio d’extinctions selon les deux effets combinés
Par la suite, ils ont comparé ces modèles afin d’en dégager la variance expliquée de chaque effet et donc l’impact de chaque.
Résultats de l'article
En comparant les modèles, les chercheurs ont montré que le pouvoir explicatif du modèle avec le climat seul est bien moindre (seulement 20,2% de la variance expliquée) que celui du modèle avec la distribution des humains (63,7% de variance expliquée). De plus, le modèle combinant les deux n’est qu’un peu plus explicatif face à celui avec seulement la répartition des hominidés (74,4%).
Par ailleurs, les extinctions les plus sévères sont dans des régions que seul l’Homme moderne a colonisées (plus 30% d’extinctions en général) alors que les moins sévères sont en Afrique sub-saharienne (13% d’extinctions). Cela démontre donc que les extinctions de la mégafaune mammifère de la fin du Quaternaire sont très fortement liées à la répartition des humains.
Toutefois, les auteurs restent réservés sur le cas de l’Eurasie. En effet cette région présente des ratios d’extinctions très variables et un effet plus fort qu’ailleurs pour le changement climatique, faisant deviner une histoire plus complexe.
En comparant les modèles, les chercheurs ont montré que le pouvoir explicatif du modèle avec le climat seul est bien moindre (seulement 20,2% de la variance expliquée) que celui du modèle avec la distribution des humains (63,7% de variance expliquée). De plus, le modèle combinant les deux n’est qu’un peu plus explicatif face à celui avec seulement la répartition des hominidés (74,4%).
Par ailleurs, les extinctions les plus sévères sont dans des régions que seul l’Homme moderne a colonisées (plus 30% d’extinctions en général) alors que les moins sévères sont en Afrique sub-saharienne (13% d’extinctions). Cela démontre donc que les extinctions de la mégafaune mammifère de la fin du Quaternaire sont très fortement liées à la répartition des humains.
Toutefois, les auteurs restent réservés sur le cas de l’Eurasie. En effet cette région présente des ratios d’extinctions très variables et un effet plus fort qu’ailleurs pour le changement climatique, faisant deviner une histoire plus complexe.
Rigueur de l'article
Les auteurs ont, par prudence, voulu prendre des espèces de sites directement datés. Ainsi, le nombre d’extinctions peut être sous-estimé dans l’analyse et dans certaines régions.
Par ailleurs, les auteurs ne prennent pas en compte la présence d'autres homininés, tels que l'Homme de Néandertal, ce qui pourrait expliquer le "flou" observé au niveau de l'Eurasie ou même en Afrique sub-saharienne.
Les auteurs ont, par prudence, voulu prendre des espèces de sites directement datés. Ainsi, le nombre d’extinctions peut être sous-estimé dans l’analyse et dans certaines régions.
Par ailleurs, les auteurs ne prennent pas en compte la présence d'autres homininés, tels que l'Homme de Néandertal, ce qui pourrait expliquer le "flou" observé au niveau de l'Eurasie ou même en Afrique sub-saharienne.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article montre clairement qu'Homo sapiens serait responsable des extinctions massives de la mégafaune mammifère, hormis en Eurasie. En effet, les auteurs proposent la colonisation de l'Homme comme cause principale. Cependant, il reste une incertitude sur l'Afrique Sub-saharienne et l'Eurasie, laissant entrevoir une possible cause climatique pour ces régions (non confirmé dans cet article).
Cet article montre clairement qu'Homo sapiens serait responsable des extinctions massives de la mégafaune mammifère, hormis en Eurasie. En effet, les auteurs proposent la colonisation de l'Homme comme cause principale. Cependant, il reste une incertitude sur l'Afrique Sub-saharienne et l'Eurasie, laissant entrevoir une possible cause climatique pour ces régions (non confirmé dans cet article).
Dernière modification il y a plus de 5 ans.