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Titre de la review

How culture shaped the human genome: Bringing genetics and the human sciences together.

Résumé de la review

Les études de l'évolution humaine considèrent souvent que les pressions de sélections à l'origine des modifications majeurs de notre organisme sont dues à des modifications de l'environnement. Or, plusieurs études mettent en avant que la culture humaine a pu modifier profondément l'environnement du genre Homo. De plus, les analyses récentes du génome humain ont révélé la présence de nombreux gène soumis à des pressions de sélection récente, de nature certainement culturelle. Ainsi, la culture a possiblement eu un impact important sur l'évolution de l'homme. Cette constatation peut être intégrée et analysée dans deux modèles distincts.
D'un coté, le modèle de coévolution gène-culture suppose la présence de deux formes de transmission -génétique et culturelle- qui interagissent. La génétique influence la capacité innée d'un organisme à apprendre ou exprimer un comportement culturel, tandis que la culture modifie la pression de sélection sur un caractère et influence donc son évolution. Par exemple, la préférence sexuel dans certaines sociétés pour une couleur des cheveux peut être assimilé à un comportement culturel ayant une influence directe sur l'évolution des gènes codant pour la couleur des cheveux. Ces pressions de sélection peuvent être très importantes, ce qui pourrait amener donc la culture à être le principal moteur de l'évolution humaine. En effet, les changements culturels se transmettent plus rapidement que les mutations génétiques, sont moins sensibles aux corrélations entre caractères -comme c'est souvent le cas en génétiques- et peuvent modifier fortement l'environnement des individus.
D'un autre coté, le modèle de construction de niche suppose que les individus sont capables de modifier les pressions de sélection de leur environnement. Ainsi, les individus sont les propres acteurs de leurs évolutions. Ce modèle est valable même en absence de culture mais les simulations montrent que celle-ci est susceptible d'accélérer sensiblement le processus. De nombreux exemples vont en faveur de cette théorie dans le cas de l'homme. Par exemple, la domestication de nombreux animaux a amené l'homme à être en contact avec un nombre plus important de pathogènes, ce qui a favorisé l’évolution d'un système immunitaire adapté. De plus, la culture permet aussi une meilleur réponse aux changements de niches écologiques, en permettant un adaptation plus rapide. En guise d'exemple, la production et l'utilisation de vêtements suite à un brusque refroidissement du milieu est plus rapide que l'évolution génétique d'une fourrure ! Assez logiquement, cette adaptation culturelle impacte l'évolution d'une adaptation génétique.
Ces deux théorie non-exclusives sont soutenues à la fois par des données anthropologiques et génétiques. La rapidité de la dispersion humaine, sa diversification culturelle et génétique importante et son adaptation à différents environnements soulignent l'importance la coévolution gène-culture (e.g. la résistance au lactose en fonction du développement de l'élevage) et de la construction de niche (e.g. adaptation culturel à des climats extrêmes). De plus, les scans de génomes humains révèlent effectivement des pressions de sélection récentes sur des loci très certainement soumis à des effets culturels. Néanmoins, ces corrélations et mesures de sélection sont soumis à de nombreux biais méthodologiques et statistiques. Ainsi, de nombreuses avancés dans ce domaine sont souhaitable pour progresser dans notre compréhension de la génétique humaine.
Pour finir, la culture est susceptible d'avoir un impact important sur les flux de gène entre population humaine notamment lorsque la structure sociale d'une société influence les patrons de migrations et la divergence génétique des populations humaine.
Pour conclure, l'ensemble de cette review met en avant l'intérêt des recherches pluridisciplinaires pour comprendre l'évolution humaine dans une grande diversité de sociétés et d'habitats.

Rigueur de la review

Review qui semble très complète. En plus d'aborder classiquement l'anthropologie, l'écologie et l'évolution, elle introduit la génétique et des modèles précis, ce qui est très appreciable. La review des publications sur les locus potentiellement soumis à des pressions de sélection culturelle semble être assez exhaustive. Pas de conflit d'intérêt n'est à déclaré.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review affine le point de vue sur l'impact de la culture sur l'évolution humaine. Elle introduit des données génomiques pour appuyer les affirmations théoriques. Elle présente aussi deux modèles verbaux et mathématiques qui sont intéressant pour comprendre les interactions entre gènes et culture. Cette review met en exergue l'importance fondamentale de la culture dans la dynamique adaptative et évolutive de notre espèce. De surcroit, elle insiste sur l'intérêt des approches pluridisciplinaires.

Publiée il y a plus de 10 ans par Paul.J.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Review : How culture shaped the human genome: Bringing genetics and the human sciences together.
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  • Auteurs
    Kevin N. Laland, John Odling-Smee & Sean Myles
  • Année de publication
    2010
  • Journal
    Nature review genetics
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Researchers from diverse backgrounds are converging on the view that human evolution has been shaped by gene–culture interactions. Theoretical biologists have used population genetic models to demonstrate that cultural processes can have a profound effect on human evolution, and anthropologists are investigating cultural practices that modify current selection. These findings are supported by recent analyses of human genetic variation, which reveal that hundreds of genes have been subject to recent positive selection, often in response to human activities. Here, we collate these data, highlighting the considerable potential for cross-disciplinary exchange to provide novel insights into how culture has shaped the human genome.

  • Identifiant unique
    doi:10.1038/nrg2734
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    La culture, une spécificité humaine?
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