Tourism can be deleterious for wildlife because it triggers behavioral changes in individuals with cascading effects on populations and communities. Among these behavioral changes, animals around humans often reduce their fearfulness and antipredator responses towards humans. A straightforward prediction is that habituation to humans associated with tourism would negatively influence reaction to predators. This could happen indirectly, where human presence decreases the number of natural predators and thus prey become less wary, or directly, where human-habituated individuals become bolder and thus more vulnerable to predation. Building on ideas from the study of traits associated with domestication and urbanization, we develop a framework to understand how behavioral changes associated with nature-based tourism can impact individual fitness, and thus the demographic trajectory of a population.
Titre de la review
Comment l’écotourisme pourrait augmenter la vulnérabilité des proies face à la prédation
Comment l’écotourisme pourrait augmenter la vulnérabilité des proies face à la prédation
Résumé de la review
Depuis quelques années, les activités liées à l’écotourisme et l’observation de la nature sont devenues très populaires. En effet, environ huit milliards de personnes visitent chaque année les zones terrestres de nature protégées. Les activités proposées aux touristes dans ces zones protégées peuvent aller de la simple observation d’espèces à des activités plus intrusives et perturbantes comme par exemple la possibilité de nager avec les dauphins. Il semble donc évident que face à de telles pratiques et une augmentation toujours croissante du nombre de visiteurs, le comportement des animaux exposés aux activités touristiques va être impacté.
D’après cette review, les animaux peuvent interagir avec l’Homme dans trois contextes différents :
Ces « processus » ont tout trois un effet sur le comportement des animaux en entrainant l’habituation d’espèces sauvages à la présence de l’Homme. L’habituation correspond à la diminution de la réponse des individus à un stimulus en réponse à un contact répété avec celui-ci. Cette habituation est ensuite suivie soit par la mise en place d’un évitement soit d’une augmentation du contact avec l’Homme. En jouant sur l’habituation des animaux à l’Homme, ces trois processus rendent leur observation plus facile et pourraient alors entrainer une hausse de leur sensibilité à la prédation, chasse ou braconnage.
En effet, de nombreuses études ont montré que dans le cas de la domestication et de l’urbanisation, un contact régulier avec l’Homme entraine une baisse de l’attention des espèces aux prédateurs ainsi qu’une diminution de l’expression de comportements anti-prédateurs tels que la distance à partir de laquelle un individu va déclencher un mouvement de fuite. Les individus vivant en milieu anthropisé ont en général une distance de déclenchement de fuite réduite par rapport aux individus vivant en milieu plus conservés. Cette différence entrainerait un plus fort tôt de prédation lorsque les proies se retrouvent confrontées au danger. Cet effet est un effet indirect de l’Homme sur le comportement des animaux, un autre effet plus direct peut également être cité. Cet effet est dû à la présence plus faible de nombreux prédateurs dans les milieux fréquentés par l’Homme. Les individus sont donc moins stimulés et ont tendance à diminuer leur vigilance.
Ce dernier point est particulièrement important dans le cadre de l’écotourisme où la présence de l’Homme n’est pas permanente sur les sites de conservation. Ainsi, ces sites étant relativement conservés, les communautés de prédateurs y sont également présentes, contrairement à l’environnement urbain. Une baisse de la vigilance des individus vis-à-vis des prédateurs aura alors des conséquences directes sur la survie des individus et la dynamique des populations.
Cette review évoque aussi les mécanismes qui pourraient être à l’origine des modifications de comportement citées précédemment. Parmi ceux-ci il y a notamment des mécanismes physiologiques conduisant à la régulation de l’activité de l’axe hypothalamo-hypophysaire permettant la réduction des comportements d’alerte chez les organismes. Les autres mécanismes pouvant entrés en jeu sont plus détaillés dans le chapitre sur les effets transgénérationnels de l’écotourisme écrit par Møller.
Enfin, cette review souligne également l’impact négatif que pourrait avoir l’écotourisme, au travers des éléments précédemment énoncés, pour la réponse des organismes au braconnage. En effet, l’habituation à la présence humaine pourrait conduire à moins de méfiance et donc plus de mortalité due au braconnage. D’autant plus que l’écotourisme est principalement tourné vers des espèces emblématiques et très prisées du grand public, donc potentiellement soumises à ce genre de pratiques ainsi qu’au commerce de viande de brousse.
Depuis quelques années, les activités liées à l’écotourisme et l’observation de la nature sont devenues très populaires. En effet, environ huit milliards de personnes visitent chaque année les zones terrestres de nature protégées. Les activités proposées aux touristes dans ces zones protégées peuvent aller de la simple observation d’espèces à des activités plus intrusives et perturbantes comme par exemple la possibilité de nager avec les dauphins. Il semble donc évident que face à de telles pratiques et une augmentation toujours croissante du nombre de visiteurs, le comportement des animaux exposés aux activités touristiques va être impacté.
D’après cette review, les animaux peuvent interagir avec l’Homme dans trois contextes différents :
Ces « processus » ont tout trois un effet sur le comportement des animaux en entrainant l’habituation d’espèces sauvages à la présence de l’Homme. L’habituation correspond à la diminution de la réponse des individus à un stimulus en réponse à un contact répété avec celui-ci. Cette habituation est ensuite suivie soit par la mise en place d’un évitement soit d’une augmentation du contact avec l’Homme. En jouant sur l’habituation des animaux à l’Homme, ces trois processus rendent leur observation plus facile et pourraient alors entrainer une hausse de leur sensibilité à la prédation, chasse ou braconnage.
En effet, de nombreuses études ont montré que dans le cas de la domestication et de l’urbanisation, un contact régulier avec l’Homme entraine une baisse de l’attention des espèces aux prédateurs ainsi qu’une diminution de l’expression de comportements anti-prédateurs tels que la distance à partir de laquelle un individu va déclencher un mouvement de fuite. Les individus vivant en milieu anthropisé ont en général une distance de déclenchement de fuite réduite par rapport aux individus vivant en milieu plus conservés. Cette différence entrainerait un plus fort tôt de prédation lorsque les proies se retrouvent confrontées au danger. Cet effet est un effet indirect de l’Homme sur le comportement des animaux, un autre effet plus direct peut également être cité. Cet effet est dû à la présence plus faible de nombreux prédateurs dans les milieux fréquentés par l’Homme. Les individus sont donc moins stimulés et ont tendance à diminuer leur vigilance.
Ce dernier point est particulièrement important dans le cadre de l’écotourisme où la présence de l’Homme n’est pas permanente sur les sites de conservation. Ainsi, ces sites étant relativement conservés, les communautés de prédateurs y sont également présentes, contrairement à l’environnement urbain. Une baisse de la vigilance des individus vis-à-vis des prédateurs aura alors des conséquences directes sur la survie des individus et la dynamique des populations.
Cette review évoque aussi les mécanismes qui pourraient être à l’origine des modifications de comportement citées précédemment. Parmi ceux-ci il y a notamment des mécanismes physiologiques conduisant à la régulation de l’activité de l’axe hypothalamo-hypophysaire permettant la réduction des comportements d’alerte chez les organismes. Les autres mécanismes pouvant entrés en jeu sont plus détaillés dans le chapitre sur les effets transgénérationnels de l’écotourisme écrit par Møller.
Enfin, cette review souligne également l’impact négatif que pourrait avoir l’écotourisme, au travers des éléments précédemment énoncés, pour la réponse des organismes au braconnage. En effet, l’habituation à la présence humaine pourrait conduire à moins de méfiance et donc plus de mortalité due au braconnage. D’autant plus que l’écotourisme est principalement tourné vers des espèces emblématiques et très prisées du grand public, donc potentiellement soumises à ce genre de pratiques ainsi qu’au commerce de viande de brousse.
Rigueur de la review
Si cette review soulève de nombreuses hypothèses et questions qui pourraient être intéressantes à étudier dans le futur, elle mériterait cependant de s’appuyer sur une bibliographie plus étendue pour éviter un aspect parfois trop spéculatif.
Si cette review soulève de nombreuses hypothèses et questions qui pourraient être intéressantes à étudier dans le futur, elle mériterait cependant de s’appuyer sur une bibliographie plus étendue pour éviter un aspect parfois trop spéculatif.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review soulève des questions souvent oubliées lorsque l’on considère l’impact de l’écotourisme sur les espèces des zones protégées. L’impact sur le comportement des espèces apparaît alors comme un des points clés à prendre en compte quand on souhaite dresser le bilan de cette activité touristique.
Cette review soulève des questions souvent oubliées lorsque l’on considère l’impact de l’écotourisme sur les espèces des zones protégées. L’impact sur le comportement des espèces apparaît alors comme un des points clés à prendre en compte quand on souhaite dresser le bilan de cette activité touristique.
Figure
Trends in Ecology & Evolution
Réponse des organismes à la présence humaine le long d'un gradient allant de la domestication à l'écotourisme.
Trends in Ecology & Evolution
Réponse des organismes à la présence humaine le long d'un gradient allant de la domestication à l'écotourisme.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.