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Titre de l'article

Human children rely more on social information than chimpanzees do

Introduction à l'article

La culture, définie comme étant l’information transmise socialement, est plus prononcée au sein des sociétés humaines que celles de nos proches parents vivants. Chez les chimpanzés, une forme de culture a été identifiée mais elle n’est pas comparable à celle de l’Homme en terme de richesse culturelle. Des chercheurs ont étudié l’origine de cet écart, qui s’apparente davantage à un degré de différence plutôt qu’à une réelle différence. Certains avancent que c’est la capacité humaine à imiter l’autre qui serait source d’un enrichissement culturel. D’autres reposent cet écart sur le fait que l’Homme accorde plus de valeur à la transmission sociale qui permet d’intégrer un plus large panel de comportements et donc une culture plus marquée et diversifiée. L’article étudie donc si les enfants et les chimpanzés accordent une valeur différente aux informations sociales ainsi que la dépendance de l’information sociale des sujets à la présence et l’absence d’information individuelle instructive.

Expériences de l'article

23 jeunes (11 garçons, 12 filles Age(moy)=3,7 ans), 14 chimpanzés (5 mâles, 9 femelles, Age(moy)=22,1 ans) sont soumis à un test comportemental : ils doivent choisir, parmi 3 couvercles, lequel cache une récompense. Avant le test, les sujets obtiennent des informations (erronées et correctes) sur la position de la récompense grâce à 2 sources d’informations : leur propre exploration (information individuelle) et leur congénère (information sociale). La dépendance de l’information de chaque sujet est étudiée après une temporisation de 2 mn et 24h (nommée « condition »). Chaque individu est soumis à toutes les combinaisons de l’ordre d’acquisition de l’information (table1). Au total 10 essais par individu et par condition sont réalisés. La 1ière réponse des individus est modélisée en excluant l’influence positive sur le choix, de l’enchainement des essais (modèle linéaire mixte généralisé). Ensuite les 10 essais sont pris en compte pour étudier les moyennes et les erreurs.

Résultats de l'article

La 1ière étude se concentre sur la dépendance de l’information des sujets après avoir reçu des informations de type individuel et en même temps social (cf fig 2a). La 2ième étudie la position de la récompense choisie par les chimpanzés et les enfants après avoir été soumis à une source d’information individuelle ; cela afin de comprendre dans quelle proportion le sujet utilise l’information sociale en l’absence de connaissances personnelles (cf fig 2b).

1) Dépendance de l’information après acquisition d’information individuelle et sociale
Les enfants et les chimpanzés ont globalement plus confiance en l’information obtenue par eux même.
2) Dépendance de l’information quand seule de l’information sociale est obtenue
Les enfants utilisent l’information sociale dans leur première phase d’exploration individuelle, en conséquent, en l’absence d’information individuelle, les enfants sont plus enclins à utiliser l’information sociale que les chimpanzés.

Rigueur de l'article

Accord des résultats avec la littérature:
Enfants et chimpanzés comptent plus sur l’information tirée d’eux même que sur celle obtenue par un congénère: ce qui est pertinent avec les prévisions théoriques sur l’usage de l’information chez les animaux sociaux.

Biais d'une étude comportementale:
Les conclusions tirées reposent sur des résultats statistiques obtenus à partir de données comportementales. Ainsi, il est important de garder en mémoire que ce genre de données détient une valeur qualitative importante et donc dans ce cas une interprétation purement quantitative peut faire défaut.

Reproductibilité de l'étude:
Dans la mesure où l'étude repose sur une analyse des comportements observés chez des individus, donc des êtres sensibles et aléatoires, la question de la reproductibilité de l'étude peut se poser. Cela permettrai de confirmer les conclusions déduites des travaux.

Ce que cet article apporte au débat

Le fait que les enfants comptent plus sur l’information sociale peut fournir des explications à l’écart existant entre humain et chimpanzé. En effet, la tendance des humains à assimiler les comportements observés pourrait faciliter l’émergence d’une homogénéité au sein d’un groupe, ce qui est la marque de la culture.
Par ailleurs, dans la mesure où ce test n’a pas requis des capacités sophistiquées pour y répondre, la comparaison entre enfants et chimpanzés semble plutôt être de l’ordre de la motivation que d’une différence cognitive. En conséquent, en accord avec l’hypothèse émise, les chimpanzés reconnaissent mais s’abstiennent d’imiter des actions, même réalisées avec succès. Il semble alors que les chimpanzés, bien qu’ils soient capables de comprendre l’importance de l’information sociale, montrent moins de motivation à l’utiliser que les humains.
Cette étude a donc permis de montrer que les humains accordent plus de valeur à l'information donnée par autrui que les chimpanzés.

Remarques sur l'article

Cette étude a donc utilisé un test simple dans lequel la dépendance de l’information sociale chez les Hommes et les chimpanzés est comparée.
Conformément aux prédictions théoriques, l’article conclue que même les espèces ayant une certaine richesse culturelle (comme les hommes et les chimpanzés), la confiance accordée à l'information individuelle est plus puissante que celle obtenue de congénère.

Publiée il y a plus de 10 ans par Mariel.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Article : Human children rely more on social information than chimpanzees do
  • 1
  • Auteurs
    Edwin J. C. van Leeuwen, Josep Call, Daniel B. M. Haun
  • Année de publication
    2014
  • Journal
    Animal Behavior
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Human societies are characterized by more cultural diversity than chimpanzee communities. However, it is currently unclear what mechanism might be driving this difference. Because reliance on social information is a pivotal characteristic of culture, we investigated individual and social information reliance in children and chimpanzees. We repeatedly presented subjects with a reward-retrieval task on which they had collected conflicting individual and social information of equal accuracy in counterbalanced order. While both
    species relied mostly on their individual information, children but not chimpanzees searched for the reward at the socially demonstrated location more than at a random location. Moreover, only children used social information adaptively when individual knowledge on the location of the reward had not yet been obtained. Social information usage determines information transmission and in conjunction with mechanisms that create cultural variants, such as innovation, it facilitates diversity. Our results may help explain why humans are more culturally diversified than chimpanzees.

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    La culture, une spécificité humaine?
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