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Titre de la review

Améliorer la compréhension de la sécurité et l’impact du contrôle biologique des mauvaises herbes par l’écologie chimique : une revue

Résumé de la review

L’un des points cruciaux lors de la mise en place de biocontrôle est la spécificité de l’agent de contrôle pour la plante cible. C’est-à-dire estimer les impacts de cet agent sur les espèces locales. Dans cette revue, les auteurs proposent une nouvelle approche à l’interface entre l’écologie chimique et la science des contrôles biologiques. L’hypothèse des auteurs est que la spécialisation des agents de contrôles pour les espèces cibles passe par la chimie de ces espèces et principalement par les composés secondaires produit par les plantes. Ainsi une analyse chimique des composés secondaires serait un bon proxy pour identifier les risques d’attaque des espèces non ciblées par la lutte biologique. Les auteurs s’attaquent à cinq axes d’étude et en tire les conclusions suivantes :

  1. Le lien entre chimie des composés secondaires et le lien hôte – herbivore : les auteurs s’intéressent d’abord à la théorie de Wapshere selon laquelle il y a un lien fort entre la phylogénie et les composés secondaires produit par les plantes. Les auteurs montrent que cette théorie est robuste même s’il est très compliqué de la prouver expérimentalement. D’autre part, il montre qu’il n’y a pas forcément un composé mais plutôt une combinaison de composés qui font le lien entre hôte et herbivore. Enfin, même s’il y a de nombreux cas ne suivant pas cette règle ; comme des taxa convergeant ; cette approche reste un moyen plutôt efficace pour estimer les impacts de l’introduction d’agents de contrôle.
  2. 2.1 Évolution du lien entre agents de contrôle et espèces cibles : les auteurs mettent en évidence deux points ici. Dans un premier temps, la théorie prévoit un rapide changement de la plante cible lors de son arrivée dans un nouvel environnement. 2.2 Cependant, d’autres facteurs comme l’herbivorie pourrait changer les allocations de ressources et être favorable aux agents de contrôle. Là encore l’expérimentation devient compliquée à mettre en place et est peu étudiée pour le moment. Dans un second temps, ils pointent les programmes de biocontrôle comme étant de merveilleux programmes de recherche pour étudier l’évolution de ce lien entre les espèces et ses caractéristiques ?
  3. La variabilité : les auteurs montrent ensuite que la variabilité intraspécifique peut être importante pose problème pour identifier les causes proximales
  4. Séquestration des défenses chimiques : les auteurs montrent que de nombreuses défenses chimiques sont séquestrées dans les plantes et que leur variabilité autant que leur libération pourrait être totalement différente entre la zone d’origine de la plante et la zone de traitement ce qui affecterait alors grandement la possibilité de biocontrôle.

Les auteurs concluent donc sur le fait que l’écologie chimique est un outil important à prendre en compte pour comprendre les dynamiques de co-évolution et donc prévoir les effets du biocontrôle.

Rigueur de la review

Cette revue des perspectives de la recherche en invasion et biocontrôle est rigoureuse dans le sens où elle fait un état des lieux de la recherche tout en cherchant les possibilités futures mais aussi en prenant en compte les verrous techniques.

Ce que cette review apporte au débat

Cette revue est importante pour le débat pour plusieurs raisons. Dans un premier temps, elle ouvre de nouvelles perspectives de recherche pour comprendre et prédire les liens hôte – agent de contrôle et donc prédire l’impact des agents de contrôle sur les populations locales. Dans un second temps, les auteurs mettent en évidence la grande complexité de ces relations et donc de la difficulté de leur étude et de faire des prédictions. Ceci vient avec le point final qui est la distorsion qu’il existent entre la vitesse de production de savoir et l’urgence des besoins en traitement contre les espèces invasives.

Publiée il y a plus de 8 ans par R. Beugnon et T. Martial.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Review : Improved Understanding of Weed Biological Control Safety and Impact with Chemical Ecology: A Review
  • 2 1
  • Auteurs
    Gregory S. Wheeler, Urs Schaffner
  • Année de publication
    2013
  • Journal
    Invasive Plant Science and Management
  • Abstract (dans sa langue originale)

    We review chemical ecology literature as it relates to biological control of weeds and discuss how this means of controlling invasive plants could be enhanced by the consideration of several well-established research approaches. The interface between chemical ecology and biological control of weeds presents a rich opportunity to exploit potentially coevolved relationships between agents and plants where chemical factors mediating interactions are important. Five topics seem relevant, which if implemented could improve the predictability of host range determination, agent establishment, and impact on the target weed. (1) The host secondary plant chemistry and a potential biological control agent's response to that chemistry can be exploited to improve predictability of potential agent host range. (2) Evolutionary changes may occur in secondary plant chemistry of invasive weeds that have been introduced to novel environments and exposed to a new set of biotic and abiotic stressors. Further, such a scenario facilitates rapid evolutionary changes in phenotypic traits, which in turn may help explain one mechanism of invasiveness and affect the outcome of biological control and other management options. (3) Herbivores can induce production of secondary plant compounds. (4) Variability of weed secondary chemistry which, either constitutive or inducible, can be an important factor that potentially influences the performance of some biological control agents and their impact on the target weed. (5) Finally, sequestration of secondary plant chemistry may protect herbivores against generalist predators, which might improve establishment of a biological control agent introduced to a new range and eventually impact on the target weed. Recognition of these patterns and processes can help identify the factors that impart success to a biological control program.

  • Identifiant unique
    10.1614/ipsm-d-12-00032.1
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Dans le cadre de la lutte biologique contre les espèces invasives, comment doit-on considérer l’introduction d’espèces exogènes ?
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