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Titre de l'article

Influence of Pollen Nutrition on Honey Bee Health: Do Pollen Quality and Diversity Matter?

Introduction à l'article

Les abeilles assurent la reproduction de nombreuses plantes et sont importantes pour les écosystèmes naturels et l'agriculture. Elles profitent en retour de nutriments essentiels pour leur croissance et leur santé, disponibles dans le nectar ou le pollen. Le pollen est une source importante d'acides aminés, de lipides, de sucres, de vitamines et de minéraux. Ses influences sont bien connus : métabolisme, immunité et tolérance aux pathogènes. L'intensification de l'agriculture, qui a entraîné une réduction des aires de butinage et une nutrition plus faible, affecte les populations d'abeilles. Le lien entre la variabilité (dans le temps et l'espace) de la ressource en pollen et la santé des abeilles est connu, cependant on ne sait pas vraiment si la qualité et la diversité des pollens peut avoir une influence sur leur santé. Le pollen est essentiellement consommé par les abeilles dites infirmières, l'influence du pollen sera testé sur la physiologie et la tolérance de ces abeilles.

Expériences de l'article

Les qualités nutritionnelles des pollens de 4 espèces florales sont mesurées. Des abeilles sont élevées pendant 7 jours dans des boîtes, on leur fournit soit un des 4 régimes monofloraux soit un régime composé des 4 variétés de pollen. Un groupe contrôle ne reçoit pas de pollen. Au huitième jour les abeilles sont congelées brutalement avec du nitrogène liquide. Différentes analyses sont menées :
_ Calcul du développement de la glande hypo-pharyngienne qui permet la fabrication de la gelée à partir du pollen.
_ Mesure de l'expression à l'aide des taux d'ARN des gènes vitellogenin et transferrin participant aux réponses immunitaires.
_ Mesure de l'activité d'enzymes participant à la détoxification, à l'immunité et au métabolisme.
_ Tolérance à l'infection par Nosema ceranae (champignon microscopique parasitaire) : comparaison du nombre de survivants par jour entre un groupe affecté et sain en fonction de la ressource en pollen fournie (monofloral, polyfloral ou sans pollen).

Résultats de l'article

La physiologie des abeilles est affectée par les différents régimes, celles nourries avec le pollen le plus riche en protéine ou avec un régime plus diversifié ont une glande hypo-pharyngienne plus développée et une expression des gènes plus fortes. Un régime composé d'une variété de pollen ayant une qualité nutritionnelle élevée a des conséquences très limitées sur la survie des abeilles en bonne santé, mais il a une influence très positive sur celle des abeilles parasitées (elles présentent une meilleure tolérance aux parasites). La richesse en protéine et en antioxydants va affecter leur capacité de tolérance aux parasites ou à d'autres stress externes (pesticides, pathogènes, changement climatique). Cependant tous les facteurs physiologiques des abeilles ne sont pas affectés de la même manière par le régime de pollen. Par conséquent il est important de sauvegarder la diversité florale naturelle des abeilles pour maintenir les populations.

Rigueur de l'article

La démarche est beaucoup trop expérimentale (abeilles ayant le même âge, elles sont élevées dans des boîtes, conditions très contrôlées,...) il est difficile de dire si les résultats peuvent être véritablement extrapolés aux abeilles dans la Nature.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article illustre parfaitement le lien qui peut exister entre les différents facteurs responsables du déclin des abeilles, ici on constate l'influence de la nutrition des abeilles, elle-même influencée par l'intensification de l'agriculture, sur la tolérance à des stress externes. Il essaye également de combler le manque de connaissances sur la nutrition des abeilles, ainsi il propose une des actions prioritaires à envisager pour pouvoir stopper le déclin des populations d'abeilles dans le futur. Une nouvelle de méthode de gestion des accotements routiers a été testé par le gouvernement français pour augmenter la richesse florale. [1]

Remarques sur l'article

Les auteurs ne prennent pas le temps de tout bien expliquer, par exemple la définition d'abeilles infirmières. Ce sont des abeilles âgées entre 3 et 11 jours dont le rôle principal est de nourrir les larves, la reine et les ouvrières. Elles fabriquent également la gelée royale à partir du pollen.

Publiée il y a plus de 10 ans par J.Lafont.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Article : Influence of Pollen Nutrition on Honey Bee Health: Do Pollen Quality and Diversity Matter?
  • 1
  • Auteurs
    Garance Di Pasquale, Marion Salignon, Yves Le Conte, Luc P. Belzunces, Axel Decourtye, André Kretzschmar, Séverine Suchail, Jean-Luc Brunet, Cédric Alaux
  • Année de publication
    2013
  • Journal
    plos one
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Honey bee colonies are highly dependent upon the availability of floral resources from which they get the nutrients
    (notably pollen) necessary to their development and survival. However, foraging areas are currently affected by the
    intensification of agriculture and landscape alteration. Bees are therefore confronted to disparities in time and space
    of floral resource abundance, type and diversity, which might provide inadequate nutrition and endanger colonies.
    The beneficial influence of pollen availability on bee health is well-established but whether quality and diversity of
    pollen diets can modify bee health remains largely unknown. We therefore tested the influence of pollen diet quality
    (different monofloral pollens) and diversity (polyfloral pollen diet) on the physiology of young nurse bees, which have
    a distinct nutritional physiology (e.g. hypopharyngeal gland development and vitellogenin level), and on the tolerance
    to the microsporidian parasite Nosema ceranae by measuring bee survival and the activity of different enzymes
    potentially involved in bee health and defense response (glutathione-S-transferase (detoxification), phenoloxidase
    (immunity) and alkaline phosphatase (metabolism)). We found that both nurse bee physiology and the tolerance to
    the parasite were affected by pollen quality. Pollen diet diversity had no effect on the nurse bee physiology and the
    survival of healthy bees. However, when parasitized, bees fed with the polyfloral blend lived longer than bees fed
    with monofloral pollens, excepted for the protein-richest monofloral pollen. Furthermore, the survival was positively
    correlated to alkaline phosphatase activity in healthy bees and to phenoloxydase activities in infected bees. Our
    results support the idea that both the quality and diversity (in a specific context) of pollen can shape bee physiology
    and might help to better understand the influence of agriculture and land-use intensification on bee nutrition and
    health.

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