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Titre de l'article

Assemblages d 'insectes dans une espèce végétale native (kanuka - Kunzea ericoides) et une espèce végétale invasive (ajonc - Ulex europaeus).

Introduction à l'article

En nouvelle Zélande, la plante invasive Ulex europaeus a remplacé une bonne partie des plantes natives comme Kunzea ericoides ou Leptospermum scoparium car sa capacité de colonisation après des perturbations est imbattable, elle les remplace fonctionnellement dans la résilience de l'écosystème concerné. Mais en-dessous de chacune de ces espèces, les assemblages d’insectes peuvent être différents et peuvent être impactés par des changements de compositions végétales. Cette étude s’est donc intéressée à la quantification de ces changements et donc à ce que pourrait engendrer le remplacement des espèces natives par une espèce invasive au niveau des communautés d’insectes de la vallée Wakapuaka à Northern South Island. Les scientifiques se sont intéressés aux coléoptères (Coleoptera), mites et papillons (Lepidoptera), mouches à soie (Diptera: Tachinidae) et moucherons fongicoles (Diptera: Ditomyiidae, Keroplatidae et Mycetophilidae).

Expériences de l'article

Méthode :
Échantillonner dans des invasives et natives proches spatialement les unes des autres pour déterminer des différences de richesse spécifique, d'abondance, de composition d'assemblage et de structure de guilde pour chaque type d'habitat.
Chercher à évaluer si les groupes d'insectes échantillonnés réagissent de manière similaire et à estimer la perte possible d'espèces si la plante invasive remplace entièrement la native.
Matériel :
2 types de pièges : piège à malaise et piège à fosse placés aléatoirement dans 4 secteurs au périmètre défini et à la végétation identifiée, vidés tous les 15jours pendant 1mois. Les insectes attrapés ont été conservés dans de l'alcool et identifiés.

Résultats de l'article

34 387 spécimens d'insectes ont pu être identifiés.
L'abondance totale retrouvée dans chaque plante était similaire mais la richesse spécifique était plus importante dans la plante invasive. De nombreuses espèces étaient uniques ou beaucoup plus abondantes dans un habitat ou l'autre. L'ajonc contenait autant voir plus, d'espèces d'insectes natifs que le kanuka dans tous les groupes échantillonnés, ce qui indique que l’espèce invasive a de la valeur pour les insectes endémiques. De plus, la structure de la native et de l'invasive crée un environnement physique très différent pour abriter les insectes, c'est pourquoi certaines espèces sont spécialistes de l'une ou l'autre pour répondre à leurs préférences écologiques. On retrouve plus de détritivores dans l'invasive et plus d'herbivores dans la native. On s'attend donc à ce que les spécialistes de la native disparaissent lors de son remplacement par l'invasive.

Ce que cet article apporte au débat

La prédominance d’une espèce végétale exotique n'entraînera pas nécessairement une réduction de la diversité des espèces ou la destruction d’un écosystème. Ici, l’ajonc, en plus de sa valeur dans la recolonisation rapide des sols en cas de perturbation, a un rôle d’habitat pour plusieurs espèces d’insectes natives de l’île. Bien qu’elle favorise certains insectes plutôt que d’autres et que certains sont spécialistes de la plante qu’elle remplace, elle permet la régénération des forêts endémiques et le maintien de certaines communautés d’insectes, nombreux et diversifiés. Alors l'extermination n'est ici pas nécessaire si on prend en considération ces deux rôles très importants pour l'équilibre de l'île.

Publiée il y a plus de 8 ans par C. Vagnon et F. Lachery.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Insect assemblages in a native (kanuka - Kunzea ericoides) and an invasive (gorse - Ulex europaeus) shrubland.
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  • Auteurs
    Richard J. Harris, Richard J. Toft, John S. Dugdale, Peter A. Williams and Joanna S. Rees
  • Année de publication
    2004
  • Journal
    New Zealand Journal of Ecology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    In New Zealand, the European shrub gorse (Ulex europaeus) is becoming the initial post-disturbance shrub, replacing the native myrtaceous manuka (Leptospermum scoparium) and kanuka (Kunzea ericoides) scrub in this role. Change in the dominant vegetation is likely to affect the native invertebrate community. To quantify these changes, we compared the assemblages of four selected insect taxa (Coleoptera, Lepidoptera, and two groups of Diptera, the Tachinidae and the fungus gnats, represented in New Zealand by the families Ditomyiidae, Keroplatidae and Mycetophilidae) in neighboring stands of kanuka and gorse using Malaise and pitfall traps set during December. We sorted 34 387 specimens into 564 recognisable taxonomic units. Ordinations showed that insect assemblages associated with each habitat were distinct for all four insect groups. The gorse habitat was species rich compared with kanuka for tachinids, fungus gnats and Malaise-trapped beetles, and both habitats contained few adventive species. Many species were unique to each habitat. Some species loss might occur if the kanuka-dominated community continues to be replaced by gorse, but gorse is nevertheless considered to be valuable as a habitat for native invertebrates.

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    L’extermination d’espèces exotiques envahissantes : bonne ou mauvaise pour l’équilibre des écosystèmes insulaires ?
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