ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review

Intégrer l'évolution dans la gestion de populations captives dans les zoos

Résumé de la review

Les zoos permettent la préservation en captivité d’espèces animales menacées, ainsi que la sensibilisation du grand public à l’égard de la faune sauvage. Comme tout organisme, ces espèces sont soumises à la sélection naturelle et évoluent au cours du temps. Elles sont capables de s’adapter à un milieu à court terme à travers leur plasticité phénotypique (e.g. modification comportementale, physiologique ou morphologique) mais elles peuvent s’adapter à long terme par un changement dans leur génome. La faune sauvage est adaptée à son environnement naturel, très différent et plus complexe que les conditions de vie en captivité. La question de leur adaptation à la captivité se pose alors. L’objectif des zoos est de préserver une espèce menacée et sa diversité génétique afin qu’elle soit le plus proche possible des populations naturelles. La modification et la perte de la diversité génétique naturelle n’est pas souhaitable. Il est donc nécessaire de prendre en compte l’évolution des espèces dans la conservation ex situ afin d’optimiser la santé et le succès reproducteur, et limiter les effets néfastes d’une adaptation au milieu en captivité.

Plusieurs méthodes pour conserver cette diversité lors de programmes d’élevage ex situ ont été mises en place. Certains programmes ont tenté de préserver le matériel génétique (gamètes, embryons) de la forme sauvage. Cette méthode est limitée par la préservation de ce matériel, mais aussi la divergence possible vis à vis des formes sauvages après une certaine durée. La préservation du phénotype a été également envisagée par une reproduction entre individus présentant le phénotype sauvage. De même, le degré de parenté peut être pris en compte pour former des couples reproducteurs non consanguins. Cependant, la sélection sexuelle n’agit plus ici sur les individus et il peut y avoir une perte de qualité de la descendance. Il est donc essentiel de connaître l’espèce que l’on souhaite conserver pour réaliser des programmes d’élevage optimaux : sa reproduction, ainsi que les traits phénotypiques caractérisant les formes sauvages sont essentiels à étudier.

De nouvelles perspectives sont à considérer dans les conditions de vie en captivité. D’une part, l’habituation des organismes à une certaine photopériodicité peut les rendre sensibles à une variation dans le taux de mélatonine en captivité pouvant affecter leur comportement, leur reproduction et leur santé. Il faudrait contrôler le taux de mélatonine et si nécessaire fournir une dose de cette hormone pour les espèces sensibles. D’autre part, les maladies infectieuses étant une préoccupation majeure des zoos, des mesures de protection contre des pathogènes sont prises dans ces institutions. Pourtant, certaines relations de co-évolution avec les pathogènes sont bénéfiques pour les hôtes, c’est pourquoi l’éradication de certaines maladies peut causer des conséquences négatives sur les animaux captifs telles que le syndrome auto-immunitaire. En effet, un des symptômes est l’inflammation chronique pouvant causer des dommages à certains tissus. Actuellement, il existe des méthodes de protection contre les maladies infectieuses étant beaucoup trop extrêmes car elles exposent les organismes à un environnement dépourvu de pathogènes. Plus de recherche doit être réalisée quant à ces deux sujets pour déterminer les mesures exactes à prendre.

Une perspective évolutive doit être intégrée pour améliorer la gestion des espèces menacées et des programmes d’élevage. Des solutions spécifiques doivent être apportées par la connaissance de l’écologie évolutive et comportementale des organismes que l’on souhaite conserver. A travers ces solutions, il sera possible de rendre plus efficaces les programmes de conservation et d’élevage ex situ et de surmonter les difficultés rencontrées de nos jours. Ainsi, il faudra une collaboration entre les zoos et les centres de recherche pour faciliter le développement de plans de gestion adhérant à ces principes.

Rigueur de la review

La structure de la review ne semble pas claire au premier abord.

Ce que cette review apporte au débat

La conservation ex situ est pertinente mais nécessite la prise de mesures pour protéger la diversité génétique et phénotypique des espèces menacées, mais aussi reconsidérer les conditions de vie trop éloignées du milieu naturel. Ces mesures doivent prendre en compte une perspective évolutive qui peut avoir lieu à travers des collaborations entre les zoos et les scientifiques.

Publiée il y a plus de 9 ans par B. Acuna et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Review : Integrating evolution in the management of captive zoo populations
  • 1 1
  • Auteurs
    A. I. Schulte-Hostedde, G. F. Mastromonaco
  • Année de publication
    2015
  • Journal
    Evolutionary Applications
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Both natural animal populations and those in captivity are subject to evolutionary forces. Evolutionary changes to captive populations may be an important, but poorly understood, factor that can affect the sustainability of these populations. The importance of maintaining the evolutionary integrity of zoo populations, especially those that are used for conservation efforts including reintroductions, is critical for the conservation of biodiversity. Here, we propose that a greater appreciation for an evolutionary perspective may offer important insights that can enhance the reproductive success and health for the sustainability of captive populations. We provide four examples and associated strategies that highlight this approach, including minimizing domestication (i.e., genetic adaptation to captivity), integrating natural mating systems into captive breeding protocols, minimizing the effects of translocation on variation in photoperiodism, and understanding the interplay of parasites/pathogens and inflammation. There are a myriad of other issues that may be important for captive populations, and we conclude that these may often be species specific. Nonetheless, an evolutionary perspective may mitigate some of the challenges currently facing captive populations that are important from a conservation perspective, including their sustainability.

  • Accès libre
    Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    La conservation ex-situ est-elle pertinente?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

    0
    0
    0
    1
    0
  • La conservation ex-situ est-elle pertinente? Oui ou Non
    0
    1
    0
    0
    0