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Titre de la review

Introduction d'espèces en milieux dulçaquicoles ; est-ce si dramatique que ça ?

Résumé de la review

Bien que la prise en compte critique des éventuels risques que peut avoir l’introduction d’une EEE est toujours indispensable, elle est souvent plus pessimiste et alarmiste que ne l’est le risque réel. En effet, une EEE est d’emblée considérée comme ‘coupable jusqu’à preuve du contraire’, et le milieu aquatique ne déroge pas à ce paradigme.

En effet, les études concernant les EEE en milieux d’eau douce se focalisent souvent sur les exemples négatifs, alors qu’une approche plus globale permet de constater que la majorité des espèces introduites en milieu dulçaquicole n’ont pas eu d’impacts écologiques déterminés. A l'inverse, ils ont même eu des répercussions socio-économiques favorables, notamment dans le domaine de l’halieutique.

Cette étude s’intéresse à la question des menaces éventuelles provoquées par l’introduction volontaire d’espèces non-natives qui semble s'intensifier. Cette augmentation est liée à celle des échanges commerciaux à but alimentaires (91% des échanges), et celle de l’intérêt pour la pêche récréative, pour la valeur ornementale que peuvent apporter des espèces introduites, ou pour leur contribution dans des programmes de biocontrôle, etc … En agronomie les chercheurs ont d’ores et déjà identifié des espèces introduites qui pourraient être plus bénéfiques que les espèces natives, dans le contexte de changements climatiques dans lequel nous nous trouvons. Donc, il est important de le faire aussi dans les domaines halieutiques. D’autant plus que le nombre d’espèces introduites volontairement a doublé comparé aux premières estimations, bien que le phénomène soit variable selon les régions car fortement corrélé à la production aquacole. Le premier pays étant la Chine, car il a les plus forts rendements et taux d’import/exports d’espèces non natives.

Lors de la description des conséquences de l'introduction d'une EEE, le terme ‘impact négatif’ (qui est souvent vague dans les études) peut être utilisé lorsque cette espèce engendre une dégradation de l'habitat, une compétition avec les espèces indigènes (ressources, habitats, interactions...), ou encore une hybridation menaçant l'intégrité de ces espèces. En somme le terme "impacts négatifs" regroupe les conséquences qui résultent au déclin voire même à la mise en péril de la pérennité d'une espèce indigène. Or, 52% des espèces considérées comme introduites en milieu dulçaquicole n’ont pas engendré ce genre d’impacts. De plus, le risque qu’il y ait un impact est estimé à moins de 10% pour 84% des espèces introduites, et ces pourcentages ne sont pas sans nous rappeler ceux établis par Williamson (1996) qui prédit que seulement 10% des espèces introduites pourront s’établir et que 10% des espèces établies deviendront envahissantes.

C’est pour ces raisons que la perception négative dont souffre d’emblée les espèces introduites doit évoluer afin que les programmes de conservation de la biodiversité puissent obtenir le support du grand public.

Ce que cette review apporte au débat

La controverse des EEE est bien souvent étudié autours de modèles biologiques en milieu terrestre, du règne végétale. Pourtant c'est une question qui touche tout autant le milieu aquatique, à cause des échanges liés au domaine de l'halieutique. Cette review permet donc d'avoir une approche globale et critique de ce point de vue là, bien que l'auteur soit clairement positionné.

Publiée il y a plus de 8 ans par N. Ait kaci et S. Hafsia .
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Review : Introduction of non‐native freshwater fish: is it all bad?