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Titre de l'article

Les abeilles invasives favorisent un succès reproductif élevé chez les orchidées andines

Introduction à l'article

Les premières introductions de pollinisateurs invasifs dans les forêts tempérées d'Amérique du Sud ont commencé avec les abeilles à miel domestiques européennes, Apis mellifera. D'autres pollinisateurs ont ensuite été introduit dans les Andes avec Bombus ruderatus en 1984, rapidement suivi par B. terrestris en 1998. Avant ces introductions, B. dahlbomii était le seul bourdon présent dans le sud des Andes et y était endémique ce qui lui conférait un rôle capitale dans la pollinisation de plusieurs espèces. Il participait notamment à la pollinisation et au succès reproducteur de deux espèces d'orchidées elles aussi endémiques de cette région, Brachystele unilateralis et Chloraea
virescens
. Une augmentation de l'aire géographique a été observé pour les 3 espèces introduites contrairement à B. dahlbomii qui a vu sa répartition géographique et sa diversité décliné au cours du temps. Quel est l'impact de cette introduction sur B. dahlbomii et ces interactions avec les deux espèces d'orchidées?

Expériences de l'article

(1) Les auteurs ont caractérisée la stratégie de pollinisation de ces orchidées pour savoir si elles avaient obligatoirement besoin d'un pollinisateur comme vecteur du pollen pour se reproduire (avec un groupe contrôle, des fleurs émasculées, en pollinisant manuellement des fleurs avec leur propre pollen et d'autres avec du pollen d'autres fleurs). Le but de cette expérience était d'obtenir des informations sur l'impact de la diminution des populations de B. dahlbomii et les conséquences sur la pollinisation. (2) Pour chacun des 4 pollinisateurs, ils ont aussi observé à quelle fréquence, combien de temps, et quel nombre de fleurs ils ont visité sur un échantillon de chacune des 2 orchidées pendant leur période de floraisons (de janvier à mars) en 2012 et 2013. (3) Enfin, ils ont déterminé le succès de fructification (qui correspond au nombre de fruit divisé par le nombre de fleur produit par inflorescence) qu'ils ont calculé pour chaque espèce d'orchidée à la fin de chaque période de floraison.

Résultats de l'article

(1) Les deux espèces d'orchidées ne peuvent pas produire ne graines ou de fruits sans intervention d'un pollinisateur, ce qui indique l'importance de l'interaction entre celui-ci et la plante. En revanche, sur les 47 fleurs de C. virescens qui ont été pollinisés avec leur propre pollen et les 49 qui ont été pollinisés avec du pollen d'autres fleurs, absolument toutes on réussi à produire un fruit. Les résultats sont similaires pour B. unilateralis. (2) En ce qui concerne les fréquences de visite des pollinisateurs sur les fleurs de C. virescens et B. unilateralis, elles ont été visités par chaque pollinisateur (A. mellifera, B. dahlbomii, B. ruderatus et B. terrestris), mais à des fréquences bien plus faibles pour B. dahlbomii que pour les 3 espèces envahissantes. (3) Ils observent un succès de fructification très important avec 66.1% par inflorescence pour C. virescens et 83.2% pour B. unilateralis, ce qui est très supérieur à ce qui est observé pour d'autres orchidées en climats tempérés.

Ce que cet article apporte au débat

Par rapport à notre thématique de controverse, cet article est très intéressant sur plusieurs points. Tout d'abord il apporte un point de vue négatif à notre sujet en démontrant qu'A. mellifera (bien que ça ne soit pas la seule espèce pollinisatrice invasive traitée dans cet article) a participé au déclin de la seule espèce pollinisatrice présente dans le sud des Andes, B. dahlbomii, qui est directement relié à 2 espèces d'orchidées via une interaction pollinisateur / plante. Cependant, l'impact attendue négatif pour ces orchidées se révèlent être au final positif car A. mellifera pollinise a plus grande fréquence (car en plus grand nombre et plus généraliste sur les fleurs qu'elles vont visiter) ces dernières que B. dahlbomii, augmentant ainsi leur succès reproducteur (qui est bien plus élevé que d'autres orchidées de climats tempérés) et par extension leur diversité.

Remarques sur l'article

Bien que les nouvelles interactions promulguées par les 3 espèces introduites soient de prime abord positives pour ces 2 espèces d'orchidées, les auteurs précises bien qu'on ne sait pas si cela sera toujours le cas sur le long terme. En effet ces nouvelles interactions peuvent aussi être sujettes à de nouvelles dynamiques écologiques et la hausse du succès reproducteur initialement généré pour C. virescens et B. unilateralis ne sera peut-être pas constant dans le temps. Les auteurs précisent aussi que la hausse de leur succès reproducteur ne doit pas encourager à l'introduction de pollinisateur - dont A. mellifera - n'importe ou pour augmenter le succès reproducteur d'autres orchidées.

Publiée il y a plus de 6 ans par J. Boulin.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Invasive bees promote high reproductive success in Andean orchids
  • 1
  • Auteurs
    Agustín Sanguinetti & Rodrigo Bustos Singer
  • Année de publication
    2014
  • Journal
    Biological Conservation
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Most non-autogamous orchids rely on either a single, or on a small number of pollinators to set fruit. The
    nectar-rewarding orchid Brachystele unilateralis and the nectarless and deceit-pollinated Chloraea
    virescens are restricted to the Southern Andes, where a single native and endemic bumblebee (Bombus
    dahlbomii) occured until the introduction of honeybees and highly invasive European bumblebees. Here,
    we describe the floral features, breeding system, pollinator activity and fruiting success of these orchid
    species. Both are self-compatible but pollinator-dependent, i.e., unable to set fruit and seed in the
    absence of pollinators. Field observations revealed that most of their current reproductive success is
    due to the introduced Bombus terrestris, Bombus ruderatus and Apis mellifera bees. The only native
    pollinator recorded was B. dahlbomii, but this bee was rarely observed due to its steady decline since
    the introduction of the alien Bombus species. The observed natural fruiting success per inflorescence in
    both studied species proved to be remarkably high by orchid standards: 83% and 66%, respectively. These
    results suggest that sexual reproduction in these orchids is not necessarily threatened by the decline of
    their native pollinator since pollination is successfully achieved by introduced bees. This provides a
    plausible better outlook for these and other regional, bumblebee-pollinated orchids and raises caution
    on eventual conservation policies involving the management of these introduced bee species. To our
    knowledge, this is the first report of native orchid pollinators being effectively replaced by invasive bumblebees and, furthermore, the first description of the pollination biology of a species of Brachystele

  • Identifiant unique
    10.1016/j.biocon.2014.04.011
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Les abeilles domestiques constituent-elles une menace pour la biodiversité sauvage ?
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