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Titre de l'article

La théorie neutre sur-estime le nombre d'extinctions chez les primates non-humains

Introduction à l'article

Les communautés naturelles évoluent avec l’extinction de certaines espèces et la formation de nouvelles espèces via des phénomènes de dérive selon un taux de spéciation (v). Le taux de spéciation et le taux d'extinction sont sensées s’équilibrer si le modèle est neutre. Le modèle de la théorie neutre peut être utilisé pour prédire la diversité, l’abondance et le taux de renouvellement des espèces (soit la composition d’une métacommunauté et sa durée au cours du temps). Le temps entre deux phénomènes d’extinction dépend du taux de mutations par dérive génétique et de la taille de la population considérée.
Si le modèle de la théorie neutre permet bien de décrire le renouvellement, alors ce temps déterminé devrait correspondre à celui observé à travers la phylogénie par la divergence entre les espèces.
Ainsi, le but de cette étude est de comparer les taux de spéciations attendus avec la théorie neutre et les données phylogénétique sur les différents ordres de primates.

Expériences de l'article

Dans cette étude, les auteurs utilisent la phylogénie de différentes sous-familles de primates pour former des groupes composés de taxons ayant des caractéristiques écologiques proches. Pour ce faire, ils se basent sur la phylogénie établie par Springer et al. (2012). La taille des métacommunautés et la durée des générations sont estimées à partir des données présentes dans la littérature et la distribution géographique est établie à partir des données de l'IUCN.
Les taux d’extinction utilisés sont déterminés d'après l'étude de Ricklefs (2006) de sorte qu'ils correspondent à :
taux d'extinction = 2*taille de la population* temps de génération.
Enfin, le temps entre spéciation et extinction a pu être déterminé par la divergence entre les groupes frères.
Des analyses statistiques ont ensuite été réalisées pour comparer le nombre d'extinctions décrites par la phylogénie et celles prédites par la théorie neutre de la biodiversité.

Résultats de l'article

La durée estimée par la théorie neutre entre deux extinctions est supérieure à celle décrite par la phylogénie (surestimation ~ 7000 fois). Ainsi, il semble que la dérive génétique ne permette pas d'expliquer le renouvellement des espèces au sein d’une métacommunauté .
Toutefois, cette théorie pourrait fonctionner sur des communautés de petite taille ou peu denses car elles ont une probabilité de fixation d'allèles plus importante (observé dans cette étude pour 2 sous-familles qui forment de petits groupes). Ainsi, certaines métacommunautés pourraient suivre une neutralité écologique mais ce n’est pas le cas de toutes. Cette étude ne supporte donc pas la théorie neutre de la biodiversité.
Les auteurs suggèrent que la différence observée pourrait être du à des phénomènes d'interactions entre espèces qui pourraient influencer les taux de diversification ou encore que les épisodes de diversification pourrait toucher les populations en impactant les niches écologiques des espèces en place.

Ce que cet article apporte au débat

Le théorie neutre ne semble pas permettre d'étudier le taux de renouvellement des espèces, en tout cas, chez les primates

Publiée il y a plus de 9 ans par A. Toumoulin et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : Neutral Theory Overestimates Extinction Times in Nonhuman Primates