A group of conservation biologists recently proposed to populate western North America with African and Asian megafauna, including lions, elephants, cheetahs, and camels, to create a facsimile of a species assemblage that disappeared from the continent some 13,000 years ago. The goals of this program, known as ‘‘Pleistocene re-wilding’’, are to restore some of the evolutionary and ecological potential that was lost from North America during the Pleistocene extinctions, and help prevent the extinction of selected African and
Asian mammals. Pleistocene re-wilders justify this conservation strategy on ethical and aesthetic grounds, arguing that humans have a moral responsibility to make amends for overexploitation by our ancestors. They believe that the flora of many North American terrestrial ecosystems has gone basically unchanged since the end of the Pleistocene, so re-wilding would help restore evolutionary and ecological potential and improve ecosystem functioning. This paper discusses some of the pros and cons of this proposal, including the ethical, aesthetic, ecological, and evolutionary issues, assesses its potential economic and political impacts on other conservation practices, both in North America and elsewhere, and reviews the realities of large mammal reintroductions. It is concluded that Pleistocene re-wilding with exotic species will not restore the evolutionary or ecological potential of native North American species nor extinct Pleistocene megafauna and their ancient ecosystems, but may instead jeopardize indigenous species and North American ecosystems. Resources would be better spent on preserving threatened organisms in their native habitats and reintroducing them to places in their historical ranges from which they were only recently extirpated.
Titre de l'article
Pleistocene Park : le réensauvagement de l'Amérique du Nord représente-t-il une initiative de conservation intelligente au 21ème siècle ?
Pleistocene Park : le réensauvagement de l'Amérique du Nord représente-t-il une initiative de conservation intelligente au 21ème siècle ?
Introduction à l'article
Cet article d'opinion fut publié en réponse à l'article de Donlan et al. (2006) que nous avons déjà analysé, et auquel il s'oppose. Les auteurs y critiquent les arguments avancés en faveur du réensauvagement Pléistocène, en particulier appliqué à l'Amérique du Nord. Ils s’appuient sur des résultats de réintroductions déjà réalisées pour illustrer leurs opinions quant à cette initiative.
Bien que l'article propose une discussion intéressante sur les conséquences économiques et politiques que pourraient avoir le projet pour la conservation, ainsi que sur la faisabilité d'un tel projet, cela ne rentre pas dans le cadre de la controverse, nous nous intéressons aux conséquences écologiques des réintroductions.
Cet article d'opinion fut publié en réponse à l'article de Donlan et al. (2006) que nous avons déjà analysé, et auquel il s'oppose. Les auteurs y critiquent les arguments avancés en faveur du réensauvagement Pléistocène, en particulier appliqué à l'Amérique du Nord. Ils s’appuient sur des résultats de réintroductions déjà réalisées pour illustrer leurs opinions quant à cette initiative.
Bien que l'article propose une discussion intéressante sur les conséquences économiques et politiques que pourraient avoir le projet pour la conservation, ainsi que sur la faisabilité d'un tel projet, cela ne rentre pas dans le cadre de la controverse, nous nous intéressons aux conséquences écologiques des réintroductions.
Expériences de l'article
Il s'agit d'un article de revue, il ne rapporte donc pas de résultat d'expérience. La discussion est basée sur les bilans de réintroductions ou d'introductions d'espèces exotiques déjà réalisées.
Il s'agit d'un article de revue, il ne rapporte donc pas de résultat d'expérience. La discussion est basée sur les bilans de réintroductions ou d'introductions d'espèces exotiques déjà réalisées.
Résultats de l'article
Rubenstein et al opposent plusieurs critiques au réensauvagement.
D'abord, la réintroduction de la mégafaune du Pléistocène dans son habitat d'origine suppose que celui-ci est toujours propice à l'accueillir, or les communautés végétales ont certainement changé depuis 10 000 ans. Surtout, les espèces proposées pour les réintroductions sont
des "proxies", introduites pour occuper le même rôle dans l'écosystème, mais sont différentes des espèces originelles. En conséquence, si à la fois les animaux réintroduits et les plantes présentes sont différents, comment espérer aboutir à un écosystème sain ? Les auteurs craignent au contraire des conséquences inattendues et catastrophiques pour la biodiversité.
Tester de telles interactions à petite échelle ne serait pas envisageable, car très long à mettre en place et peu représentatif des processus réels.
Enfin, il semble difficile de reconstruire les écosystèmes du Pléistocène avec les connaissances limitées dont on dispose sur eux.
Rubenstein et al opposent plusieurs critiques au réensauvagement.
D'abord, la réintroduction de la mégafaune du Pléistocène dans son habitat d'origine suppose que celui-ci est toujours propice à l'accueillir, or les communautés végétales ont certainement changé depuis 10 000 ans. Surtout, les espèces proposées pour les réintroductions sont
des "proxies", introduites pour occuper le même rôle dans l'écosystème, mais sont différentes des espèces originelles. En conséquence, si à la fois les animaux réintroduits et les plantes présentes sont différents, comment espérer aboutir à un écosystème sain ? Les auteurs craignent au contraire des conséquences inattendues et catastrophiques pour la biodiversité.
Tester de telles interactions à petite échelle ne serait pas envisageable, car très long à mettre en place et peu représentatif des processus réels.
Enfin, il semble difficile de reconstruire les écosystèmes du Pléistocène avec les connaissances limitées dont on dispose sur eux.
Rigueur de l'article
Les critiques formulées sont pertinentes, mais il serait intéressant d'analyser les références citées en exemples. On peut néanmoins critiquer la formulation de certains arguments, qui prend parfois un ton polémique : par exemple en conclusion, lorsqu'il appelle le lecteur à se souvenir du roman Jurassic Park pour décrire les conséquences catastrophiques qu'auraient le réensauvagement Pléistocène.
Les critiques formulées sont pertinentes, mais il serait intéressant d'analyser les références citées en exemples. On peut néanmoins critiquer la formulation de certains arguments, qui prend parfois un ton polémique : par exemple en conclusion, lorsqu'il appelle le lecteur à se souvenir du roman Jurassic Park pour décrire les conséquences catastrophiques qu'auraient le réensauvagement Pléistocène.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article relève un problème fondamental dans la démarche des initiateurs du réensauvagement Pléistocène : l'inadéquation de l'habitat et des espèces (ré)introduites.
Un tel programme de réintroduction pourrait avoir des conséquences imprévues et catastrophiques pour l'écosystème que l'on cherche à restaurer.
Cependant, plutôt que de conclure immédiatement sur le rejet absolu du projet comme les auteurs, nous préférerons analyser la validité ou non des arguments et contre-arguments évoqués. D'abord, il nous faudra (1) estimer l'impact de la disparition de la mégafaune sur les communautés de plantes des écosystèmes concernés, et vérifier si :
(a) de tels changements ont dégradé l'écosystème, qui mériterait alors d'être restauré à son état Pléistocène, (b) les communautés végétales seraient toujours convenables pour le retour de la mégafaune et réciproquemment.
Puis (2) évaluer les conséquences que pourraient avoir les réintroductions, tel que les auteurs l'ont fait ici.
Cet article relève un problème fondamental dans la démarche des initiateurs du réensauvagement Pléistocène : l'inadéquation de l'habitat et des espèces (ré)introduites.
Un tel programme de réintroduction pourrait avoir des conséquences imprévues et catastrophiques pour l'écosystème que l'on cherche à restaurer.
Cependant, plutôt que de conclure immédiatement sur le rejet absolu du projet comme les auteurs, nous préférerons analyser la validité ou non des arguments et contre-arguments évoqués. D'abord, il nous faudra (1) estimer l'impact de la disparition de la mégafaune sur les communautés de plantes des écosystèmes concernés, et vérifier si :
(a) de tels changements ont dégradé l'écosystème, qui mériterait alors d'être restauré à son état Pléistocène, (b) les communautés végétales seraient toujours convenables pour le retour de la mégafaune et réciproquemment.
Puis (2) évaluer les conséquences que pourraient avoir les réintroductions, tel que les auteurs l'ont fait ici.
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