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Titre de la review

Reconstitution du pléistocène : Un programme optimiste pour la conservation au XXIe siècle.

Résumé de la review

En Amérique, la plupart des gros mammifères ont disparu depuis 13 000 ans, entraînant des conséquences écologiques et des changements évolutifs. Les auteurs de cet article présentent un programme de ré-ensauvagement du Pléistocène (Mégafaune) ainsi que les arguments écologiques en faveur d'un tel programme.
Le rôle fonctionnel des grands carnivores et herbivores est souvent important et leur absence peut dégrader des écosystèmes. Par exemple, la disparition des Proboscidiens (éléphants) dispersant les gros fruits a pu entraîner l'extinction de certaines espèces d'arbres (Maclura). La rapidité de l'Antilope d'Amérique résulte en partie de la pression de prédation par le Guépard américain. Aujourd'hui, la vitesse de l'Antilope semble démesurée, ce qui soulève la question de la prise en considération d'une reconstitution des pressions sélectives du Pléistocène. Un autre exemple est la disparition du Loup gris en Amérique du Nord qui a entraîné une augmentation des populations de leurs proies (Ongulés) et ainsi une intensification de l'herbivorie et une réduction de l'abondance de certaines espèces d'arbres. Les effets indirects de cette cascade trophique vont de la distribution de Passereaux à la dynamique des éléments nutritifs. La réintroduction de la mégafaune Nord-Américaine dans un cadre expérimental offrirait une opportunité sans précédent d'étudier ces interactions (indirectes : dynamique des réseaux trophiques, diversité, ...) afin de mieux comprendre l'écologie de l'Amérique du Nord. Cette compréhension pourrait avoir des avantages considérables pour l'humanité. Par exemple, les épidémies de maladie de Lyme pourraient être un effet indirect de l'extinction des grands prédateurs.
Avant les extinctions du Pléistocène, la distribution de la taille des mammifères était similaire sur tous les continents malgré des compositions spécifiques différentes. Les extinctions des grands mammifères en Australie et en Amérique a modifié cette distribution en faveur des petites espèces, ce qui a des conséquences sur les processus écologiques et évolutifs. Les programmes de conservation mettent habituellement l'accent sur la conservation des processus existants, plutôt que sur la restauration des interactions récemment éteintes. L'Afrique et certaines régions d'Asie sont les seuls continents où la mégafaune est restée relativement intacte. Certaines études suggèrent que, sans programmes de conservation conséquents, la spéciation des grands vertébrés est largement dépassée à une échelle globale. Devons nous accepter cette perspective, ou devons nous prendre la responsabilité de restaurer partiellement ce potentiel ? L'avantage principal du ré-ensauvagement du Pléistocène est de renforcer la persistance des grands vertébrés menacés d'extinction grâce à un système de réserves multicontinents. Il s'agit d'une approche positive de la conservation des espèces rares, comme le montre la ré-introduction de chevaux Przewalski dans leur habitat naturel en Asie centrale. Ainsi, augmenter le nombre de populations faibles pourraient élargir les possibilités d'adaptation des espèces menacées au changement climatique. De plus, la fragmentation de l'aire de répartition offrirait des opportunités de spéciation.
Le ré-ensauvagement Pléistocène pourrait prendre part dans un mouvement de transformation de la biologie de la conservation qui est aujourd'hui trop facilement qualifié de discipline "pessimiste" car nous avons accepté l'objectif de simplement réduire la perte de biodiversité.
Les auteurs font ensuite une liste d'exemples de ré-introduction ayant fonctionné :

  • Faucon pèlerin d'Amérique du Nord (sauvé des contaminants DDT)
  • Vautour géant
  • Tortue fouisseuse du Mexique. Les auteurs proposent différents scénarios de ré-ensauvagement du Pléistocène : maintenance sur des propriétés privées d'un petit nombre de guépard, lions, éléphants guidée par des experts ou création d'un parc immense dans les régions économiquement défavorisées des grandes plaines.
Ce que cette review apporte au débat

Aspects éthiques et économiques.
Les Hommes sont responsables d'une grande partie des extinctions du Pléistocène et nos activités actuelles ont réduit les perspectives de survies et le potentiel évolutif de la plupart des grands vertébrés à l'échelle mondiale. Pour ces raisons ainsi que dans l'intérêt des générations futures et du biote terrestre, nous avons la responsabilité éthique de remédier à ces problèmes.
Les Hommes entretiennent des relations affectives et culturelles avec les grands prédateurs et herbivores. Le ré-ensauvagement du Pléistocène améliorerait probablement la valeur économique et sociale des parcs et réserves. Cela a été le cas pour la ré-introduction du loup dans le parc de Yellowstone : plus 6 - 9 millions de dollars par an pour un coût annuel estimé à 0,5 - 0,9 millions de dollars par an. La compréhension par le public de l'histoire écologique de la mégafaune associée à des expériences esthétiques renforcerait le soutien à la conservation de la biodiversité.

Publiée il y a plus de 6 ans par P. Lapellegerie et M. Villegas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Review : Pleistocene Rewilding: An Optimistic Agenda for Twenty-First Century Conservation
  • 1
  • Auteurs
    C. Josh Bonlan, Joel Berger, Carl E. Bock, ...
  • Année de publication
    2006
  • Journal
    The American Naturalist
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Large vertebrates are strong interactors in food webs, yet they were lost from most ecosystems after the dispersal of modern humans from Africa and Eurasia. We call for restoration of missing ecological functions and evolutionary potential of lost North Amer- ican megafauna using extant conspecifics and related taxa. We refer to this restoration as Pleistocene rewilding; it is conceived as carefully managed ecosystem manipulations whereby costs and benefits are objectively addressed on a case-by-case and locality-by-locality basis. Pleistocene rewilding would deliberately promote large, long-lived species over pest and weed assemblages, facilitate the persistence and ecological effectiveness of megafauna on a global scale, and broaden the underlying premise of conservation from managing extinction to encompass restoring ecological and evolutionary processes. Pleis- tocene rewilding can begin immediately with species such as Bolson tortoises and feral horses and continue through the coming decades with elephants and Holarctic lions. Our exemplar taxa would con- tribute biological, economic, and cultural benefits to North America. Owners of large tracts of private land in the central and western United States could be the first to implement this restoration. Risks of Pleistocene rewilding include the possibility of altered disease ecol- ogy and associated human health implications, as well as unexpected ecological and sociopolitical consequences of reintroductions. Estab- lishment of programs to monitor suites of species interactions and their consequences for biodiversity and ecosystem health will be a significant challenge. Secure fencing would be a major economic cost, and social challenges will include acceptance of predation as an over- riding natural process and the incorporation of pre-Columbian eco- logical frameworks into conservation strategies.

  • Identifiant unique
    10.1086/508027
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  • Apparait dans la controverse
    Le réensauvagement : une méthode de conservation durable ?
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