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Titre de l'article

Test de l'hypothèse du choix du partenaire : démêler les traits et les comportements

Introduction à l'article

Cet article s'intéresse à l'évolution de l'orgasme femelle chez l'humain, notamment à l'hypothèse du choix du partenaire. Les avantages procurés par le choix du partenaires distingue deux types d'hypothèses : l’hypothèse du choix du père, qui propose que l’orgasme femelle serve à sélectionner les partenaires qui apporteront des avantages génétiques à la progéniture et l'hypothèse de double obligation, selon laquelle les avantages sont liés à une augmentation des soins et à un investissement paternel.
Cet article fait suite à d'autres ayant montrés que la fréquence des orgasmes femelle augmentait avec l'attractivité du partenaire. Pour évaluer l'hypothèse du choix du partenaire, les auteurs vont alors regarder s'il existe une variation de l'orgasme avec le partenaire, si cette variation est liée aux caractéristiques du partenaire, et si cette variation est liée à des pratiques sexuelles différentes.

Expériences de l'article

L'échantillon est composé de 123 femmes âgées de 20 à 69 ans, célibataires, hétérosexuelles et ayant plus de 2 partenaires sexuels dans leur vie. Différentes questions sont posées à ces femmes via un questionnaire et leurs réponses sont associées à des scores. Les participantes sont interrogées sur leurs préférences et comportements sexuels généraux, sur leur comportement sexuel avec leurs précédents partenaires. Les questions distinguent des partenaires avec qui l'orgasme était facilement atteint, des partenaires avec qui l'orgasme était difficile ou absent. Les participantes répondent également à une série d’éléments concernant les caractéristiques du partenaire (21 traits dotn l'humour, la créativité ou encore la taille du pénis) et leurs relations (durée, âge durant la relation, etc).
Pour les analyses statistiques des tests de corrélations entre les réponses sont effectués, de même que des tests de rang Wilcoxon, et des t-test (avec correction de Bonferroni).

Résultats de l'article

La fréquence de l'orgasme varie avec les partenaires. Elle est plus élevée lorsque le partenaire ou la femme elle même stimule le clitoris. Il existe des différences entre partenaires à "haut taux" et à "bas taux" d'orgasme dans leurs traits et leur comportement sexuel. En moyenne, les partenaires à "haut taux" d'orgasme sont plus drôle, attractif, créatif, chaleureux, fidèle et ont une odeur corporelle plus agréable que les partenaires à "bas taux" d'orgasme.
Pour les auteurs, le fait d'être chaleureux et la fidélité sont des facteurs qui peuvent contribuer à la création de liens de couple et peuvent encourager un plus grand nombre de copulations. De plus, l'humour et la créativité serait des signaux honnêtes d'intelligence et donc des indicateurs de bonnes qualité de gènes.
L’orgasme femelle semble permettre chez l'humain de choisir des partenaires susceptibles d’être de bons pères.

Rigueur de l'article

Un des points forts de l'article est sa rigueur dans les mesures. Les auteurs essaient d'éviter de nombreux biais. Par exemple, en interrogeant uniquement des femmes célibataires, ils limitent les biais liés à l’évaluation des partenaires sexuels (les femmes en couple seraient tentées d’évaluer leur partenaire actuel plus favorablement). Ils limitent également le biais de l'âge en demandant l'âge des femmes lors de la relation.
Cependant, on peut reprocher à cet article un manque de détails quant à la partie statistique. Dans la partie méthode, les analyses ne sont pas décrites ni même mentionnées, ce n'est que dans la partie résultats que sont mentionnées les analyses utilisées.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article soulève des questions intéressantes sur l'étude de l'orgasme femelle chez l'humain, notamment en ce qui concerne l'hypothèse du choix du partenaire. Les études concernant les caractéristiques du partenaire pourraient être biaisées par des effets de «halo». En effet, la fréquence des orgasmes pourrait amener les femmes à surestimer les qualités de leur partenaire ou, inversement, les qualités de leur partenaire pourraient les amener à surestimer la fréquence de leur orgasme.

Remarques sur l'article

Cet article utilise un questionnaire détaillé et bien adapté à l'étude (test de l'hypothèse du choix du partenaire), il est dommage que les statistiques ne soient pas traitées de façon plus rigoureuses.

Publiée il y a plus de 6 ans par F. Laugier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Testing the mate-choice hypothesis of the female orgasm: disentangling traits and behaviours
  • 1
  • Auteurs
    Sherlock et al.
  • Année de publication
    2016
  • Journal
    Socioaffective Neuroscience & Psychology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Background: The evolution of the female orgasm in humans and its role in romantic relationships is poorly understood. Whereas the male orgasm is inherently linked to reproduction, the female orgasm is not linked to obvious reproductive or survival benefits. It also occurs less consistently during penetrative sex than does the male orgasm. Mate-choice hypotheses posit that the wide variation in female orgasm frequency reflects a discriminatory mechanism designed to select high-quality mates.
    Objective: We aimed to determine (1) whether women report that their orgasm frequency varies between partners, (2) whether this variation reflects mates’ personal characteristics, and (3) whether this variation reflects own and partner sexual behaviour during intercourse.
    Design: We collected survey data from 103 women who rated (1) the extent to which their orgasm frequency varied between partners, (2) the characteristics of previous sexual partners who induced high-orgasm frequency and those who induced low-orgasm frequency, and (3) the specific behaviours during sex with those partners. This is the first study to test within-woman variation in orgasm and partner traits.
    Results: Overall, women reported variation in their orgasm rates with different partners. Partners who induced high-orgasm rates were rated as more humorous, creative, warm, faithful, and better smelling than partners who induced low-orgasm rates, and also engaged in greater efforts to induce partner orgasm. Conclusions: Some assumptions and predictions of mate-choice hypotheses of female orgasm were supported, while other aspects of our findings provide reasons to remain sceptical.

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