Recent interest in animal cultures has been fuelled by high-profile reports of intra- and interpopulation differences in the behavioural repertoires of primates and cetaceans, consistent with the existence of socially learned traditions. Several studies have mapped spatial differences in behaviour, revealing a mosaic of behavioural phenotypes within species. The dominant current approach attempts to determine whether this is cultural variation by excluding asocial learning, ecological or genetic factors. However, claims of animal cultures remain controversial because such comparisons are subject to weaknesses; thus, new approaches to isolating the influence of culture on behaviour are required. Here we suggest that, rather than attributing behaviour to explanatory categories, researchers would often be better advised to partition variance in behaviour to alternative sources.
Titre de la review
The animal cultures debate: how social learning, genetic and ecologic factors can explain spatial differences in behaviour?
The animal cultures debate: how social learning, genetic and ecologic factors can explain spatial differences in behaviour?
Résumé de la review
Introduction:
Le débat est en partie sur la définition du terme « culture », sur quel genre d’apprentissages social il induit et lequel est le plus pertinent pour interpréter les variations comportementales. L’article suggère qu’une approche anthropocentrée de la question agit comme une barrière à la compréhension de l’évolution des racines de la culture et compromet notre capacité à voir les relations de phénomènes culturels au sein de diverses taxons. Les auteurs critiquent par ailleurs la méthode «ethnographique» utilisée pour identifier les cultures animales et qui cherche à expliquer la variation culturelle en statuant sur des différences comportementales, au lieu de préconiser un examen plus approfondi des interactions entre la génétique, l'écologie et la culture.
Les cultures animales:
Bien que certaines traditions animales soient plus des adaptations spécifiques, quelques espèces présentent un large répertoire culturel (comme les primates). Des travaux de McGrew , Whiten [1] [11] ont identifié au sein d’une même population de chimpanzés d’Afrique 65 catégories de comportements et 42 d’entre eux montrent une variabilité significative. Chez les cétacés, l’apprentissage social a été approuvé pour la transmission des chants et des appels qui ne peut se faire que par l’autree [17].
Problèmes de la méthode ethnographique**
La méthode ethnographique est depuis longtemps utilisée et elle a fait ses preuves pour étudier différents sites géographiques, mais elle présente des faiblesses majeures. Les auteurs distinguent deux principaux problèmes : conceptuels et de représentation.
Problèmes conceptuels :
La limite de la méthode est qu’elle tente de démontrer l’influence de facteurs, ici la culture, en excluant d’autres explications de nature génétique, écologique ou relevant de l’apprentissage individuel. Ainsi, l'existence d'une corrélation entre variations comportementales et écologiques doivent être considérée, de même qu'avec la génétique.
Problèmes de représentation:
Les auteurs abordent le problème de l’interprétation des données récoltées par la méthode ethnographique. Par exemple, concernant les orang-outans, une corrélation a été montrée entre la distance entre les sites des populations et les différences culturelles, mais elle pourrait simplement refléter une corrélation entre la distance génétique et la distance géographique. D’autres scientifiques pensent que ce sont les différences écologiques qui expliquent les variations culturelles. Ceci dans les cas où les variations comportementales reflètent une plasticité phénotypique différentielle en réponse à des variations de nature environnementale [2–4,28,29]. Cet aspect de la problématique fut mis en évidence par une récente étude des moyens utilisés par les chimpanzés pour attraper des fourmis [30].
Conclusions et perspectives :
Il est suggéré que, pour l’ensemble des cas de culture animale abordés dans son étude, la génétique et l’écologie semblent avoir une influence non négligeable sur le comportement. Ainsi, s’appuyer sur une seule forme d’explication est insuffisant et n’est que le fruit d’une approche mono-catégorique encouragée par la méthode ethnographique. De ce fait, les différences comportementales peuvent simultanément résulter de variations de nature culturelle, génétique et écologique. Ainsi, la question de la culture animale devrait s'attarder sur la manière dont est répartie la variance des comportements selon la nature des sources de différence, plutôt que d’allouer les comportements à des catégories. En effet, le débat n’est pas de savoir si un comportement est appris socialement ou pas, mais plutôt de comprendre dans quelle mesure la variation du comportement peut être attribuée à l’apprentissage sociale.
Par ailleurs, de nouvelles méthodes d’étude de l’origine culturelle d’un comportement sont expérimentées : par exemple, le transfert d’individus entre populations, ou de populations entre différents sites.
Introduction:
Le débat est en partie sur la définition du terme « culture », sur quel genre d’apprentissages social il induit et lequel est le plus pertinent pour interpréter les variations comportementales. L’article suggère qu’une approche anthropocentrée de la question agit comme une barrière à la compréhension de l’évolution des racines de la culture et compromet notre capacité à voir les relations de phénomènes culturels au sein de diverses taxons. Les auteurs critiquent par ailleurs la méthode «ethnographique» utilisée pour identifier les cultures animales et qui cherche à expliquer la variation culturelle en statuant sur des différences comportementales, au lieu de préconiser un examen plus approfondi des interactions entre la génétique, l'écologie et la culture.
Les cultures animales:
Bien que certaines traditions animales soient plus des adaptations spécifiques, quelques espèces présentent un large répertoire culturel (comme les primates). Des travaux de McGrew , Whiten [1] [11] ont identifié au sein d’une même population de chimpanzés d’Afrique 65 catégories de comportements et 42 d’entre eux montrent une variabilité significative. Chez les cétacés, l’apprentissage social a été approuvé pour la transmission des chants et des appels qui ne peut se faire que par l’autree [17].
Problèmes de la méthode ethnographique**
La méthode ethnographique est depuis longtemps utilisée et elle a fait ses preuves pour étudier différents sites géographiques, mais elle présente des faiblesses majeures. Les auteurs distinguent deux principaux problèmes : conceptuels et de représentation.
Problèmes conceptuels :
La limite de la méthode est qu’elle tente de démontrer l’influence de facteurs, ici la culture, en excluant d’autres explications de nature génétique, écologique ou relevant de l’apprentissage individuel. Ainsi, l'existence d'une corrélation entre variations comportementales et écologiques doivent être considérée, de même qu'avec la génétique.
Problèmes de représentation:
Les auteurs abordent le problème de l’interprétation des données récoltées par la méthode ethnographique. Par exemple, concernant les orang-outans, une corrélation a été montrée entre la distance entre les sites des populations et les différences culturelles, mais elle pourrait simplement refléter une corrélation entre la distance génétique et la distance géographique. D’autres scientifiques pensent que ce sont les différences écologiques qui expliquent les variations culturelles. Ceci dans les cas où les variations comportementales reflètent une plasticité phénotypique différentielle en réponse à des variations de nature environnementale [2–4,28,29]. Cet aspect de la problématique fut mis en évidence par une récente étude des moyens utilisés par les chimpanzés pour attraper des fourmis [30].
Conclusions et perspectives :
Il est suggéré que, pour l’ensemble des cas de culture animale abordés dans son étude, la génétique et l’écologie semblent avoir une influence non négligeable sur le comportement. Ainsi, s’appuyer sur une seule forme d’explication est insuffisant et n’est que le fruit d’une approche mono-catégorique encouragée par la méthode ethnographique. De ce fait, les différences comportementales peuvent simultanément résulter de variations de nature culturelle, génétique et écologique. Ainsi, la question de la culture animale devrait s'attarder sur la manière dont est répartie la variance des comportements selon la nature des sources de différence, plutôt que d’allouer les comportements à des catégories. En effet, le débat n’est pas de savoir si un comportement est appris socialement ou pas, mais plutôt de comprendre dans quelle mesure la variation du comportement peut être attribuée à l’apprentissage sociale.
Par ailleurs, de nouvelles méthodes d’étude de l’origine culturelle d’un comportement sont expérimentées : par exemple, le transfert d’individus entre populations, ou de populations entre différents sites.
Rigueur de la review
Bien que l'article porte la subjectivité des auteurs, le point de vue présenté est suffisamment justifié et illustré par des travaux scientifiques pour permettre aux lecteurs d'approfondir le débat par eux-même.
Bien que l'article porte la subjectivité des auteurs, le point de vue présenté est suffisamment justifié et illustré par des travaux scientifiques pour permettre aux lecteurs d'approfondir le débat par eux-même.
Ce que cette review apporte au débat
Cette article confirme le fait que la question de la culture animale repose aussi beaucoup sur la manière dont se définie la "culture". Ainsi, si elle est définie selon une vision plutôt anthropocentrée, alors elle apparaît comme une spécificité humaine. Mais si elle repose sur la notion de variations comportementales intraspécifiques transmisses aux descendants; alors la diversité des exemples donnés par l'article démontre bien l'existence d'une culture animale.
La review aussi permet de percevoir le conflit scientifique existant entre éthologues et ethnologues mais aussi les points sur lesquels les 2 disciplines s'accordent. En ce sens, les problématiques soulevées sur la méthode ethnographique sont intéressantes dans la mesure où dans l'idée même elle pose la question de la pertinence d'utiliser une méthode "éthno" pour étudier des comportementaux animaux.
Enfin, l'article permet d'ouvrir le débat sur l'influence de la génétique et de l'environnement sur la diversité culturelle.
Cette article confirme le fait que la question de la culture animale repose aussi beaucoup sur la manière dont se définie la "culture". Ainsi, si elle est définie selon une vision plutôt anthropocentrée, alors elle apparaît comme une spécificité humaine. Mais si elle repose sur la notion de variations comportementales intraspécifiques transmisses aux descendants; alors la diversité des exemples donnés par l'article démontre bien l'existence d'une culture animale.
La review aussi permet de percevoir le conflit scientifique existant entre éthologues et ethnologues mais aussi les points sur lesquels les 2 disciplines s'accordent. En ce sens, les problématiques soulevées sur la méthode ethnographique sont intéressantes dans la mesure où dans l'idée même elle pose la question de la pertinence d'utiliser une méthode "éthno" pour étudier des comportementaux animaux.
Enfin, l'article permet d'ouvrir le débat sur l'influence de la génétique et de l'environnement sur la diversité culturelle.
Remarques sur la review
La review reflète très bien les champs d'investigation des chercheurs qui en sont l'auteur. En effet, Vincent M. Janik s'intéresse à l'évolution de la complexité des systèmes de communication (notamment chez les cétacés) et comment cette complexité peut affecter l'interaction sociale; cela avec une approche par les contraintes environnementales et par les compétences cognitives. Quant à Kevin Neville Laland, son travail se penche plus sur l'apprentissage social des animaux, l'évolution culturelle et la construction de niche .
La review reflète très bien les champs d'investigation des chercheurs qui en sont l'auteur. En effet, Vincent M. Janik s'intéresse à l'évolution de la complexité des systèmes de communication (notamment chez les cétacés) et comment cette complexité peut affecter l'interaction sociale; cela avec une approche par les contraintes environnementales et par les compétences cognitives. Quant à Kevin Neville Laland, son travail se penche plus sur l'apprentissage social des animaux, l'évolution culturelle et la construction de niche .
Dernière modification il y a plus de 10 ans.