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Titre de l'article

Effet du changement d'affectation des sols et de l'écotourisme sur la biodiversité: étude de cas de Manuel Antonio, Costa Rica, de 1985 à 2008.

Introduction à l'article

Les changements d'utilisation des sols sont aujourd'hui considérés comme le principal moteur de perte de biodiversité dans le monde en particulier dans les écosystèmes tropicaux. Le Costa Rica est l'un des foyers de biodiversité les plus riches au monde mais possède également des taux de déforestation importants. Le pays a cherché à résoudre ce problème ouvrant un réseau de réserves naturelles couvrant plus de 15% de sa superficie. Cependant, les zones forestières adjacentes sont défrichées ou fragmentées. Les causes sont un développement touristique rapide ainsi que d'autres modifications telles que des plantations de palmiers à huile ou des élevages de bétail. L'objectif principal de cette étude est d'évaluer la manière dont le couvert forestier et la connectivité écologique résultant de l'expansion des plantations de palmiers à huile et du développement du tourisme axé sur la nature affectent les populations sauvages dans la zone entourant le parc national Manuel Antonio

Expériences de l'article

Les auteurs ont combiné des analyses de changement de couverture terrestre à l’aide de télédétection avec une évaluation au sol basée sur des entretiens et des questionnaires. Les quatre niveaux de collecte et d’analyse de données sont : paysage, communauté, hôtel-parc et ménage. Les analyses de paysage ont couvert un rayon de 30km autour du MANP. Les analyses communautaires ont porté sur Huit communautés appartenant à la zone d’influence du MANP. Les analyses d’hôtels-parcs ont inclus le MANP et deux hôtels très bien classés par la certification du tourisme durable. Les auteurs ont analysé le pourcentage de couvert forestier et de mangrove, le pourcentage de repousse, fragmentation et la connectivité sur l’ensemble de la zone d’étude. Le questionnaire et les entretiens couvraient les thèmes de la démographie et économie des ménages, l’éducation, la perception du tourisme, l’utilisation des ressources naturelles et les perceptions de l’abondance et de la composition de la faune.

Résultats de l'article

Les auteurs ont trouvé une repousse dans la zone d'étude entre 1985 et 2000 mais le MANP s’éloigne des forêts primaires des régions montagneuses voisines. Les zones situées au nord-ouest du parc ont connu une régénération plus uniforme en partie grâce à l'écotourisme basé sur la nature avec des zones protégées privées. Les activités d'écotourisme ont entraîné des gains économiques et éducatifs de la part des ménages directement employés ainsi que par ceux des environs. En dépit de la repousse, les populations d'animaux sauvages sont perçues comme en déclin dans la zone entourant le parc et dans les communautés périphériques. Ce déclin est attribué aux activités de chasse en cours dans les communautés locales, à la fragmentation de l'habitat et à la déforestation continue. En outre, quelles que soient les activités de chasse, les plantations de palmiers à huile constituent une menace croissante pour le parc, du fait de leur encerclement situé juste à côté de la frontière du MANP.

Rigueur de l'article

Les auteurs de cet article sont des chercheurs spécialisés en conservation des écosystèmes et font parti d'instituts de recherche publics aux États-Unis notamment. Il ne semble pas y avoir de conflits d'intérêts. Concernant la méthodologie, celle-ci est assez bien détaillée. Les cartes issus des images satellites sont précises et les résultats issus de l'analyse socioéconomique (questionnaires + interview) sont résumés précisément sur des tableaux. En revanche, on pourrait avoir un tableau résumant les différents types de personnes ayant répondus (sexe, âge, fonction etc) ce qui pourrait permettre d'apporter des informations complémentaires sur l'analyse.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article est intéressant car apporte une vision précise des personnes qui vivent à proximité de l'aire protégée sur leur perception de l'évolution de la santé de l'écosystème qui les entoure. Cette expérience permet également de mieux comprendre comment l'utilisation des terres et l'écotourisme peut impacter un écosystème sur un temps relativement long (23 ans) avec des données très précises grâce aux images satellites.

Publiée il y a plus de 7 ans par N. Cavagnara.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Article : The effect of land use change and ecotourism on biodiversity : a case study of Manuel Antonio, Costa Rica, from 1985 to 2008
  • 1
  • Auteurs
    Eben N. Broadbent • Ange´lica M. Almeyda Zambrano • Rodolfo Dirzo • William H. Durham • Laura Driscoll • Patrick Gallagher • Rosalyn Salters • Jared Schultz • Ange´lica Colmenares • Shannon G. Randolph
  • Année de publication
    2012
  • Journal
    Springer
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Abstract Development in biodiversity rich areas is
    of global concern. While development may lead to
    socioeconomic benefits, this often comes concomitant
    with biodiversity loss and deforestation. Biodiversity
    rich areas present the opportunity for both improvements
    in socioeconomic conditions and conservation;
    however numerous challenges exist. Costa Rica’s
    Manuel Antonio National Park presents an ideal case
    study to investigate the balance between alternative
    forms of development which have contrasting environmental
    impacts. The Manuel Antonio region is a
    highly dynamic landscape experiencing deforestation,
    from agriculture, cattle ranching and oil palm plantations;
    and also reforestation from abandonment of land
    holdings and nature oriented tourism. Landscape
    dynamics are closely intertwined with the livelihoods
    and perspectives on biodiversity conservation of local
    communities, determining ecological sustainability.
    We use an analysis combining multi-temporal remote
    sensing of land cover dynamics from 1985 to 2008
    with questionnaire data from local families on their
    socioeconomic status, perspectives on conservation,
    and perceived changes in local wildlife populations.
    Our results show that, while regeneration occurred and
    forest fragmentation in the area decreased from 1985
    to 2008, Manuel Antonio National Park is rapidly
    becoming isolated. Decreasing ecological connectivity
    is related to the rapid expansion of oil palm
    plantations adjacent to the park and throughout the
    lowland areas. Perceived decreases in wildlife abundance
    and compositional change are evident throughout
    the area, with local communities attributing this
    primarily to illegal hunting activities. Nature based
    tourism in the area presents an effective strategy for
    conservation, including reductions in hunting, through
    increased valuation of biodiversity and protected

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