Ecological communities around the world are under threat while a consensus theory of community structure remains elusive. In the last decade ecologists have struggled with two seemingly opposing theories: niche-based theory that explains diversity with species’ differences and the neutral theory of biodiversity that claims that much of the diversity we observe can be explained without explicitly invoking species’ differences. Although ecologists are increasingly attempting to reconcile these two theories, there is still much resistance against the neutral theory of biodiversity. Here we argue that the dispute between the two theories is a classic example of the dichotomy between philosophical perspectives, realism and instru- mentalism. Realism is associated with specific, small-scale and detailed explanations, whereas instrumentalism is linked to general, large-scale, but less precise accounts. Recognizing this will help ecologists get both niche-based and neutral theories in perspective as useful tools for understanding biodiversity patterns.
Titre de la review
Le débat entre théorie neutre et théorie des niches : une perspective philosophique
Le débat entre théorie neutre et théorie des niches : une perspective philosophique
Résumé de la review
À travers l’évolution de la pensée scientifique du XX siècle et s’appuyant sur des considérations écologiques actuelles, les auteurs de cette revue tentent de concilier théorie neutre et théorie des niches (neutre-niche) et mettent en avant l’importance de la neutralité pour l’étude des communautés.
Intérêt de ces théories : les enjeux actuels pour la conservation de la biodiversité, conséquence de l’intensification des activités humaines (Groom et al. 2005), impose une meilleure connaissance de la diversité des espèces et de leur fonctionnement dans l’écosystème. Partant de postulats différents, les théories neutre-niche répondent ainsi à ce besoin d’expliquer les mécanismes sous-jacents à la biodiversité.
Leurs postulats : la théorie des niches, fondée sur la stabilité des communautés, suppose que les traits adaptatifs acquis par une espèce au cours de son évolution lui permettent de survivre dans un environnement donné. Elle occupe ainsi une niche unique dans laquelle les différences entre les espèces leurs permettent de coexister (Chase & Leibold 2003 ; Soberon & Nakamura 2009). En revanche, la théorie neutre suppose l’équivalence fonctionnelle des individus d’une communauté pour réseau trophique donné. Elle « explique la diversité comme un équilibre stochastique entre la spéciation et l'extinction à l'échelle continentale, ou l'immigration et l'extinction à l'échelle locale (Hubbell 2001). »
Vers une conciliation des théories : l’approche neutraliste sur les communautés écologiques est aussi ancienne que la concept de niches (Etienne & Alonso, 2007), mais a été réellement développée et débattue à partir de la « théorie neutre unifiée de la biodiversité et de la biogéographie» de Hubbell (2001). En effet, le postulat de base et l’utilisation de cette théorie en écologie ont engendré des avis mitigés et des tentatives de rejet de ses différents aspects (e.g. McGill, 2003 ; Dornelas et al., 2006(911)), toutefois inéquitablement concentrés sur l’hypothèse de neutralité (Alonso et al. 2007). Désormais, l’utilité de cette théorie tend à être reconnue et conciliée avec celle des niches (e.g. Adler et al. 2007 ; Leibold & McPeek 2006). Chesson (2000) suggèrent que les aspects de stabilité et d’égalisation des communautés peuvent tous deux jouer un rôle dans le maintien de la diversité. Au-delà des concepts écologiques, les auteurs de cette revue tentent d’assimiler ces théories à des hypothèses instrumentale-réaliste, afin que tous les partis partager leurs avis sur des mêmes bases. Afin de dépasser les arguments niche contre neutralité, leurs objectifs sont de démontrer qu’il s’agit d’un débat philosophique et de positionner ces théories comme deux outils complémentaires permettant de comprendre les modèles de biodiversité.
Une approche dichotomique : d’après les auteurs, l’opposition neutre-niche, est un bon exemple de l’affrontement entre les deux perspectives philosophiques réalisme-instrumentalisme. Pour que la démarche théorique fonctionne, la perspective réaliste nécessite que toutes les entités et hypothèses soient réelles et véridiques (Putnam 1975), alors que la perspective instrumentaliste se focalise sur l’utilité de la théorie, plus que sur sa vérité littérale. En écologie notamment, les modèles spécifiques nécessitent un nombre important de paramètres et d’hypothèses – il est précis et agit à petite échelle – tandis que les modèles généraux en nécessitent peu – il donne une bonne approximation à large échelle et perçoit les faits de vaste ampleur. Ainsi, le débat neutre-niche s’inscrit dans ces deux courants de pensée inhérents à toute recherche scientifique (Esfeld 2001). Les auteurs utilisent la métaphore du peintre : il représente des portions nettes et réalistes de l’image sur sa toile, ou l’intégralité floutée de l’image (figure 1). Un modèle « idéal », à la fois explicite (niche) et prédictif (neutre), n’existe pas souvent car le détail nécessite de sacrifier la généralité et que celle-ci implique la simplification des paramètres et hypothèses.
À travers l’évolution de la pensée scientifique du XX siècle et s’appuyant sur des considérations écologiques actuelles, les auteurs de cette revue tentent de concilier théorie neutre et théorie des niches (neutre-niche) et mettent en avant l’importance de la neutralité pour l’étude des communautés.
Intérêt de ces théories : les enjeux actuels pour la conservation de la biodiversité, conséquence de l’intensification des activités humaines (Groom et al. 2005), impose une meilleure connaissance de la diversité des espèces et de leur fonctionnement dans l’écosystème. Partant de postulats différents, les théories neutre-niche répondent ainsi à ce besoin d’expliquer les mécanismes sous-jacents à la biodiversité.
Leurs postulats : la théorie des niches, fondée sur la stabilité des communautés, suppose que les traits adaptatifs acquis par une espèce au cours de son évolution lui permettent de survivre dans un environnement donné. Elle occupe ainsi une niche unique dans laquelle les différences entre les espèces leurs permettent de coexister (Chase & Leibold 2003 ; Soberon & Nakamura 2009). En revanche, la théorie neutre suppose l’équivalence fonctionnelle des individus d’une communauté pour réseau trophique donné. Elle « explique la diversité comme un équilibre stochastique entre la spéciation et l'extinction à l'échelle continentale, ou l'immigration et l'extinction à l'échelle locale (Hubbell 2001). »
Vers une conciliation des théories : l’approche neutraliste sur les communautés écologiques est aussi ancienne que la concept de niches (Etienne & Alonso, 2007), mais a été réellement développée et débattue à partir de la « théorie neutre unifiée de la biodiversité et de la biogéographie» de Hubbell (2001). En effet, le postulat de base et l’utilisation de cette théorie en écologie ont engendré des avis mitigés et des tentatives de rejet de ses différents aspects (e.g. McGill, 2003 ; Dornelas et al., 2006(911)), toutefois inéquitablement concentrés sur l’hypothèse de neutralité (Alonso et al. 2007). Désormais, l’utilité de cette théorie tend à être reconnue et conciliée avec celle des niches (e.g. Adler et al. 2007 ; Leibold & McPeek 2006). Chesson (2000) suggèrent que les aspects de stabilité et d’égalisation des communautés peuvent tous deux jouer un rôle dans le maintien de la diversité. Au-delà des concepts écologiques, les auteurs de cette revue tentent d’assimiler ces théories à des hypothèses instrumentale-réaliste, afin que tous les partis partager leurs avis sur des mêmes bases. Afin de dépasser les arguments niche contre neutralité, leurs objectifs sont de démontrer qu’il s’agit d’un débat philosophique et de positionner ces théories comme deux outils complémentaires permettant de comprendre les modèles de biodiversité.
Une approche dichotomique : d’après les auteurs, l’opposition neutre-niche, est un bon exemple de l’affrontement entre les deux perspectives philosophiques réalisme-instrumentalisme. Pour que la démarche théorique fonctionne, la perspective réaliste nécessite que toutes les entités et hypothèses soient réelles et véridiques (Putnam 1975), alors que la perspective instrumentaliste se focalise sur l’utilité de la théorie, plus que sur sa vérité littérale. En écologie notamment, les modèles spécifiques nécessitent un nombre important de paramètres et d’hypothèses – il est précis et agit à petite échelle – tandis que les modèles généraux en nécessitent peu – il donne une bonne approximation à large échelle et perçoit les faits de vaste ampleur. Ainsi, le débat neutre-niche s’inscrit dans ces deux courants de pensée inhérents à toute recherche scientifique (Esfeld 2001). Les auteurs utilisent la métaphore du peintre : il représente des portions nettes et réalistes de l’image sur sa toile, ou l’intégralité floutée de l’image (figure 1). Un modèle « idéal », à la fois explicite (niche) et prédictif (neutre), n’existe pas souvent car le détail nécessite de sacrifier la généralité et que celle-ci implique la simplification des paramètres et hypothèses.
Rigueur de la review
Il s'agit d'une collaboration internationale, démontrant un certain soutien de la part des institutions respectives.
Ces auteurs ont déjà travaillé sur des sujets qui n'ont pas toujours aboutis à des résultats identiques (e.g. articles de cette controverse), ce qui prouve une ouverture d'esprit et une réelle ambition d'améliorer les connaissances sur la structure des communauté écologiques :
Toutefois, ils choisissent en majorité les arguments qui vont dans le sens de la théorie neutre, que ce soit pour la défendre ou pour critiquer la théorie des niches.
Il s'agit d'une collaboration internationale, démontrant un certain soutien de la part des institutions respectives.
Ces auteurs ont déjà travaillé sur des sujets qui n'ont pas toujours aboutis à des résultats identiques (e.g. articles de cette controverse), ce qui prouve une ouverture d'esprit et une réelle ambition d'améliorer les connaissances sur la structure des communauté écologiques :
Toutefois, ils choisissent en majorité les arguments qui vont dans le sens de la théorie neutre, que ce soit pour la défendre ou pour critiquer la théorie des niches.
Ce que cette review apporte au débat
Cette approche du sujet est originale dans le sens où les auteurs tentent de prendre du recul sur cette controverse. En effet, ils élèvent le débat à des concepts plus large, intégrant ces théories neutre-niche dans les perspectives philosophiques réaliste-instrumentaliste. Ils tentent fermement de démontrer la pertinence de la théorie neutre et critique l'utilisation quasi-exclusive de l'approche réaliste à partir du XXème siècle, surtout en écologie. De ce fait, ils incitent les futures recherches à utiliser un même langage pour ces deux théories, qu'ils considèrent comme deux outils complémentaires plutôt qu'opposés.
Ainsi, cette revue permet de mieux comprendre l'évolution de la pensée scientifique et tente de concilier les deux théories à travers un objectif commun : une meilleure connaissance des communautés écologiques. En effet, ils traitent ces théories comme deux approches différentes de la structure et de la dynamique des communautés, notamment à travers la notion d'échelle.
Cette approche du sujet est originale dans le sens où les auteurs tentent de prendre du recul sur cette controverse. En effet, ils élèvent le débat à des concepts plus large, intégrant ces théories neutre-niche dans les perspectives philosophiques réaliste-instrumentaliste. Ils tentent fermement de démontrer la pertinence de la théorie neutre et critique l'utilisation quasi-exclusive de l'approche réaliste à partir du XXème siècle, surtout en écologie. De ce fait, ils incitent les futures recherches à utiliser un même langage pour ces deux théories, qu'ils considèrent comme deux outils complémentaires plutôt qu'opposés.
Ainsi, cette revue permet de mieux comprendre l'évolution de la pensée scientifique et tente de concilier les deux théories à travers un objectif commun : une meilleure connaissance des communautés écologiques. En effet, ils traitent ces théories comme deux approches différentes de la structure et de la dynamique des communautés, notamment à travers la notion d'échelle.
Remarques sur la review
Dernière modification il y a plus de 9 ans.