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Titre de l'article

Le paradoxe des effets positifs à long terme de l'écrevisse Nord-Américaine sur une communauté de prédateurs Européen.

Introduction à l'article

Cet article à pour but d'évaluer l'impact de la présence de Procambarus clarkii l'écrevisse Nord-Américaine sur les communautés de prédateurs des marais de Guadalquivir dans le Sud-Ouest de l'Espagne.
Les auteurs analysent l'importance de cette espèces dans les réseaux trophique du marais et l'impact de cette invasion biologique sur l'abondance de quarante et une espèces de prédateurs, trente et une espèces d'oiseaux, six mammifères carnivores, deux espèces de reptile et deux de poisson.
L'analyse s'inscrit sur le temps long puisque Procambarus clarkii est présente depuis 1973 dans la zone.
Les marais de Guadalquivir étant inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO comme réserve de biosphère depuis 1981 et protégée depuis 1989, l'impact des prélèvements humain de faune dans la zone est virtuellement inexistant.
L'ensemble de ces paramètres font de ce terrain d’expérimentation un lieu à même de fournir des informations intéressantes sur l'impact d'une espèce invasive sur le long terme.

Expériences de l'article

Une part des données provient d'analyse des excréments à différentes saisons (vingt quatre espèces d'oiseaux). En l'absence d'excréments, une analyse des restes de régurgitations dans les nids à été effectué, hors période de nidification l' observation directe suppléait à ces analyses.
Pour les autres prédateurs des données de diètes déjà existantes ont été utilisées.
Sont retenus comme prédateur d'écrevisse les espèces en faisant plus de 10% de leur diète.
-Plusieurs analyses statistiques furent réalisé pour étudier des possibilité de corrélation entre la présence d'écrevisses dans l'alimentation et l'année, la saison ou le type de marais.
-Une analyse des changements de diètes de Milvus migranus sur le long terme, via un modèle linéaire généralisé fut entreprise . Les restes de 2131 nids furent échantillonnés entre 1976 et 2002.
-Une analyse importante incluant l'abondance de prédateurs et non prédateur fut réalisé pour tester l'impact réel de l'écrevisse sur leurs espèces prédatrices.

Résultats de l'article

60% des prédateurs se reproduisant et/ou passant l'hiver à Guadalquivir consomment plus de 10% d'écrevisse, avec des proportions excédant régulièrement les 50%. Cette prédation est principalemen le fait d'oiseaux aquatiques (Ciconiiformes, Charadriiformes).
L'étude montre l'important role que joue l'écrevisse dans l'alimentation de la loutre (75%) et des espèces de tortues et de poissons (45-65%).
L'abondance des prédateurs de Procambarus clarkii augmente fortement à partir de 1985, uniquement au niveau du site, les populations nationales et européennes ne sont pas impactés.
Chacune des quatorze espèces prédatrices se reproduisant à Guadalquivir connait une augmentation de population, contre seulement une des onze espèces herbivore se reproduisant sur le site.
Dans la plupart des cas l'écrevisse ne devient une part importante du régime alimentaire des prédateurs que dix ans après l'invasion.
La question de la perturbation des réseaux trophiques future est abordée en ouverture de l'article.

Rigueur de l'article

Même si il est possible d'avoir les doutes inhérent à l'échantillonnage sur le terrain et aux comptage de faune, les auteurs ont pris en compte de nombreux paramètres afin d'éviter l'auto-corrélation ou les faux positifs.
L'utilisation de nombreux paramètres tel que la saisonnalité, l'année, et le type d'environnement apportent une stabilité à leur conclusion. De la même manière, la comparaison des populations prédatrices à des populations d'espèces non prédatrice vivant et se reproduisant sur le même site sans connaitre d'augmentation de population permet d'évacuer la possibilité d'un effet de l’arrêté de protection des marais.
Les auteurs travaillent sur les dynamiques de population, la biologie de la conservation.
Leur lien avec la Estación Biológica de Doñana et avec le conseil de la recherche espagnole tend à donner de la crédibilité à l'étude, qui a été qui plus est réalisé avec le concours du personnel scientifique et technique de la reserve des marais de Guadalquivir.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article apporte un exemple intéressant et documenté de l'impact d'une espèces invasive sur les réseaux trophique d'un écosystème sur le temps long. Abordant le sujet sous un angle peu commun dans ce domaine. Des espèces au statut de conservation incertain bénéficient de cette espèce invasive comme proie abondante et nutritive, avec un effet positif sur les populations.
Il reste prudent quand aux conclusion.
Les auteurs évoquent le court circuit que pourrait provoquer Procambarus clarkii en consommant de grandes quantités de matière organique qui arrive ensuite directement au sommet du réseau trophique par la prédation.
Ils évoquent un possible effet en cascade de la prédation sur le proies locale en cas de baisse temporaire des populations d'écrevisses et les interactions entre espèces invasives qui pourrait également exister.
C'est une mise en contexte apportant de nombreux éléments de réflexion et qui questionne les impacts
des invasions biologiques au niveau des écosystémes.

Figure
Légende :

Figure 3. Tendance d'abondance sur le long terme des oiseaux du marais de Guadalquivir.

(a) Abondance depuis la colonisation de l'écrevisse américaine des herbivores et prédateurs d'écrevisses hivernant sur le site.

(b) Changement dans l'abondance de la reproduction des prédateurs d'écrevisse sur la même période de temps. Afin de rendre les changements d'abondances de différentes espèces comparable graphiquement à la même échelle, chaque point représente l'augmentation moyenne annuelle de l'espèce en abondance par rapport à leur abondance en 1975 (Nt/N0, où N0 est la taille de la population en 1975, 2 ans après la colonisation par les écrevisses). Des barres d'erreur sont incluses pour montrer la variabilité parmi les espèces.

Variation en abondance (c) hors saison de reproduction (d) en saison de reproduction par rapport au pourcentage d'écrevisse dans leur diète.

(Tablado et al. 2010)

Publiée il y a plus de 6 ans par C. Lecerf.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : The Paradox of the Long-Term Positive Effects of a North American Crayfish on a European Community of Predators
  • 1
  • Auteurs
    ZULIMA TABLADO, JOSE L. TELLA, JOSE A. SANCHEZ-ZAPATA, FERNANDO HIRALDO
  • Année de publication
    2009
  • Journal
    Conservation Biology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Abstract: Invasions of non-native species are one of themajor causes of losses of native species. In some cases,
    however, non-natives may also have positive effects on native species. We investigated the potential facilitative
    effects of the North American red swamp crayfish (Procambarus clarkii) on the community of predators in
    southwestern Spain. To do so, we examined the diets of predators in the area and their population trends
    since introduction of the crayfish. Most predator species consumed red swamp crayfish, which sometimes
    occurred in over 50% of their diet samples. Moreover, the abundance of species preying on crayfish increased
    significantly in the area as opposed to the abundance of herbivores and to predator populations in other areas
    of Europe, where those predators are even considered threatened. Thus, we report the first case in which one
    non-native species is both beneficial because it provides prey for threatened species and detrimental because it
    can drive species at lower trophic levels to extinction. Increases in predator numbers that are associated with
    non-native species of prey, especially when some of these predators are also invasive non-natives,may increase
    levels of predation on other species and produce cascading effects that threaten native biota at longer temporal
    and larger spatial scales. Future management plans should include the complexity of interactions between
    invasive non-natives and the entire native community, the feasibility of successful removal of non-native
    species, and the potential social and economic interests in the area.

  • Identifiant unique
    10.1111/j.1523-1739.2010.01483.x
  • Accès libre
    Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Faut-il éradiquer les espèces invasives des milieux dans lesquels elles ont été introduites ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

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