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Titre de la review

La valeur de conservation potentielle des espèces non indigènes

Résumé de la review

Les effets négatifs de l'introduction d'espèces non indigène sur l'environnement, ont déjà été mis en évidence à plusieurs reprises. En revanche, rares, sont les publications qui se sont penchés sur leurs potentielles effets bénéfiques. En effet, les perceptions scientifiques et sociétales ont probablement empêché d'envisager les effets bénéfiques potentiels des espèces non indigènes. Cette review, met en lumière à travers de nombreux exemples, les effets positifs potentielles de l'introduction intentionnelle ou non d'une espèce exogène sur l'écosystème. Cette démarche s'inscrivant dans le cadre d'objectif de conservation, tel que l'augmentation de la biodiversité ou la préservation d'espèces indigènes. Elle remet en question l'idée que "toutes espèces non indigènes doivent être considérer comme indésirables jusqu'à preuve du contraire". Plusieurs avantages en matière de conservation ont donc été décrits et illustrés, les espèces exogènes pouvant fournir des habitats ou une ressource nutritionnelle pour les espèces indigènes, servir de catalyseurs pour la restauration des espèces indigènes (par exemple : création de microclimat favorable au développement des espèces indigènes), mais aussi de substituts aux ingénieurs des écosystèmes éteints (par exemple : remplacer une fonction écologique par une espèce exogène proches de l’espèce indigènes éteintes) et enfin fournir des services écosystémiques (par exemple : la pollinisation). Elles peuvent également augmenter la richesse spécifique par le phénomène de spéciation (isolement reproductif, différentes de force évolutives, hybridations...).
Dans le cas de la lutte biologique, les conditions environnementales actuelles et futurs pouvant différer considérablement la nature des effets d'une espèce exogène sont incertains. En revanche, la tolérance et l'adaptabilité de ces espèces aux nouvelles conditions écologiques, ainsi que leurs capacités à élargir leurs aires de répartitions peuvent les rendre attractives dans un contexte actuel de changements des conditions biotiques et abiotiques toujours plus rapide. En effet, ceci suggère qu'elles pourront persister sous divers scénarios climatiques futurs. L'élimination d'une espèce pour une stratégie de conservation seulement basé sur la conditions qu'elle soit exogène pourrait miner les entités biologiques qui sont les plus susceptibles de réussir dans un monde en évolution rapide. Ces réflexions soulevant un questionnement plus général qui est : pourquoi un événement de dispersion induit par l'homme est-il considéré comme différent de celle des autres espèces ou d'autres sources naturelles ?
Au regards des effets potentiellement positif des espèces exogènes, cette review prévoit que les professionnels de la conservation pourraient déterminer à quoi ils voudront que la région ressemblent à l’avenir au lieu de déterminer quelles espèces existaient autrefois dans une région et comment restaurer ces espèces, tout en prenant en compte les balances coût/bénéfices. Cette review suggère donc de quantifier les effets négatifs et positifs des espèces non natives introduites et une vision dynamique sera nécessaire afin d'élaborer des approches équilibrées et objectives de la gestion des espèces indigènes.

Rigueur de la review

Cette revue remet en question le manque d'objectivité d'une partie de la majorité de la communauté scientifiques orientant leurs études plutôt vers les effets négatifs des espèces exogènes. En revanche, à la lecture de cette revue, l'effet inverse semble se produire, la balance penchant plutôt vers des effets très positifs, nous faisant presque oublier les effets négatifs. Ceci, étant probablement du au fait que face à une abondance d'exemples positif, peu d'exemples à impact négatifs y sont développés. Elle nous permet de garder en tête, que la vision humaine reste souvent anthropocentrée.
De plus, elle englobe toute introduction d'espèces exogènes qu'elle soit intentionnelle ou non, et n'est pas focalisé sur les introduction à l'occasion de lutte biologique.
D'autres part, un problème récurrent est que les impacts sont souvent évalués à une échelle de temps humaine et non à l'échelle de temps évolutifs, ce qui remet en question la stabilité des effets positifs démontrés.

Ce que cette review apporte au débat

Les nouvelles réflexions développées dans cette review sont importantes à prendre en compte dans l'étude de cette controverse afin de garder un avis subjectif. Elle critique la définition même d'une espèce envahissante, qui considérée le plus souvent comme foncièrement mauvaise peut montrer à différentes occasions des effets bénéfiques sur l'environnement et notamment augmenter la biodiversité locale. Ceci dévoile le potentiel de conservation des espèces non indigènes. Dans ce cas, son contrôle devient non nécessaire et même néfaste. De plus, les effets néfastes que nous observons à notre échelle pourront potentiellement être négligeables face à l'avantage que possède ces espèces. En effet, elles pourront faire face à l’ampleur et la rapidité des fluctuations environnementales actuelles. Elle introduit un notion plus générale qui est : pourquoi un événement de dispersion induit par l'homme est-il considéré comme différent de celle des autres espèces ou d'autres sources naturelles ?

Remarques sur la review

D'un point de vue personnel, le contenue de la conclusion engendre une remise en question du fonctionnement de penser de l'humain. Quand il est écrit : "Nous prévoyons que les professionnels de la conservation se tourneront de plus en plus vers l'avenir plutôt que vers le passé. Au lieu de déterminer quelles espèces existaient autrefois dans une région et comment restaurer ces espèces, elles pourraient déterminer à quoi elles voudront que la région ressemble à l'avenir." Ceci sous-entend que l'humain pourrait modifier et contrôler l'environnement à sa guise, et suivant ce que lui considère comme "bon" ou "mauvais". Or, nous savons que ces notions diffèrent même entre individu, du coup quelle seront les critères de jugements et leurs conséquences ?

Publiée il y a plus de 8 ans par O. Tritto.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Review : The Potential Conservation Value of Non-Native Species
  • 1
  • Auteurs
    Schlaepfer, Martin A. Sax, Dov F. Olden, Julian D.
  • Année de publication
    2010
  • Journal
    Conservation Biology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Non-native species can cause the loss of biological diversity (i.e., genetic, species, and ecosystem
    diversity) and threaten the well-being of humans when they become invasive. In some cases, however, they can
    also provide conservation benefits. We examined the ways in which non-native species currently contribute
    to conservation objectives. These include, for example, providing habitat or food resources to rare species,
    serving as functional substitutes for extinct taxa, and providing desirable ecosystem functions. We speculate
    that non-native species might contribute to achieving conservation goals in the future because they may be
    more likely than native species to persist and provide ecosystem services in areas where climate and land
    use are changing rapidly and because they may evolve into new and endemic taxa. The management of
    non-native species and their potential integration into conservation plans depends on how conservation goals
    are set in the future. A fraction of non-native species will continue to cause biological and economic damage,
    and substantial uncertainty surrounds the potential future effects of all non-native species. Nevertheless, we
    predict the proportion of non-native species that are viewed as benign or even desirable will slowly increase
    over time as their potential contributions to society and to achieving conservation objectives become well
    recognized and realized.

  • Identifiant unique
    10.1111/j.1523-1739.2010.01646.x
  • Accès libre
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  • Apparait dans la controverse
    Dans le cadre de la lutte biologique contre les espèces invasives, comment doit-on considérer l’introduction d’espèces exogènes ?
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