ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review

Le potentiel bénéfice du maintien des espèces introduites

Résumé de la review

Plusieurs études se penchent sur les conséquences négatives ou les coûts économiques engendrés par les espèces introduites qu’elles soient animales ou végétales mais aussi comment les contrôler, éviter leur expansion et les retirer systématiquement des milieux qu’elles colonisent. Même si elles sont moindres face aux retombées néfastes, il existe des avantages offerts par la présence d’espèces non natives d’un milieu donné.
Sur le plan écologique, une espèce introduite, au delà du fait qu’elle peut devenir invasive jusqu’à provoquer l’extinction d’une autre espèce native, peut au contraire participer à l’hétérogénéité structurale d’un milieu ; paramètre étant positivement corrélé à la richesse spécifique du milieu. Elle peut aussi augmenter à la richesse globale en espèces via la spéciation. En effet, une population qui colonise un nouveau milieu, en absence de flux de gènes, sous l’effet de la dérive et en considération de l’effet fondateur résulte en une divergence génétique entre cette population colonisatrice et sa population d’origine.
Du fait de leur capacité à coloniser et à persister, les espèces introduites sont les plus à même de faire preuve de résilience que les espèces natives. Elles ont donc un impact positif dans la restauration d’un milieu après une perturbation brusque, s’avèrent aussi être une potentielle source de nutriments pour des espèces natives ou participent au maintien de la fitness de ces dernières.
Grossomodo, il demeure un manque de connaissances sur les espèces introduites concernant leur invasion ou non du milieu dans le futur. Quoi qu’il en soit, il y aura toujours une forte sélection sur les espèces qui auront besoin des espèces introduites et de ce fait l’abondance de ces dernières risque de diminuer au cours du temps. Enfin l’attribution du nom d’espèce non native doit être revue et basée sur l’ancienneté de cette espèce dans le milieu.

Rigueur de la review

Exemples très illustratifs, faciles à intégrer et pertinents. Mis en parrallèle des faits pour mieux mettre en exergue l'idée défendue.
Enfin les auteurs nuancent bien en conclusion qu'ils ne soutiennent pas que les espèces non-natives ont toujours un bénéfice à être conservées mais que nous devrions revoir la classification des espèces introduites selon des critères comme leur impact sur le long terme et leur ancienneté dans le milieu.

Ce que cette review apporte au débat

Nous avons dans cet article des arguments et des exemples qui nous brossent l'impact positif que peuvent avoir les espèces non natives dans un milieu et sur ses occupants.
Les espèces Tamarix des arbustes qui ont été accusées de réduire le niveau des eaux dans les zones où elles étaient présentes au sud-ouest de l’Amérique mais aussi de réduire la qualité et la disponibilité de niche pour une espèce menacée de moucherolles (Empidonax traillii), se trouvent être un lieu de nidification pour 75% de ces oiseaux.
De là nous voyons qu'à côté des dommages apparents causés sur une ou des espèces natives, la présence d’espèces introduites peut conférer un avantage (notament dans la fitness) aux espèces natives. Plus d'études doivent être menées sur l'impact de ces espèces non natives avant d'investir des millions de dollars dans leur retrait du milieu néo-colonisé comme il a été le cas avec Tamarix en Amérique.

Publiée il y a plus de 9 ans par lickad.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Review : The potential conservation value of non-native species