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Titre de la review

Aborder l'éradication des espèces invasives dans le contexte de l'écosystème complet.

Résumé de la review

Les invasions biologiques interagissent avec d'autres problèmes environnementaux (e.g. changements climatiques) ce qui cause des dommages majeurs dans les écosystèmes. En réponse à cela des nombreuses mesures ont été développées pour contrôler, contenir et éradiquer les espèces invasives. Jusqu'à présent les résultats d'éradication sont assez encourageants dans l'ensemble. Les bénéfices de la suppression de l'espèce alien sont observés dans de nombreux cas. Pourtant, ces résultats sont en majorité observés pour des écosystèmes de petites îles, ce qui montre qu'il s'agit d'un domaine à approfondir. En effet, les contextes écologiques d'éradication sont de plus en plus complexes (envahisseur établi depuis longtemps, plusieurs envahisseurs, autre facteur perturbateur) et doivent être étudiés, car dans des cas complexes, les simples méthodes d'éradication ne suffiront pas forcément à récupérer l'écosystème d'origine. De plus l'éradication peut avoir des effets secondaires...
(1) Éradication : qu'est ce qui peut mal tourner ?
Les éradications réussies ont souvent un effet bénéfique sur la diversité biologique, mais il y parfois des problèmes. Parfois la méthode est trop puissante et touche autre chose. Des fois on éradique mais on ne fais pas attention à un éventuel retour de l'espèce. Des fois éradication inutile car l'espèce invasive a déjà trop changé le milieu et un retour au départ est impossible. Parfois le retrait d'une espèce laisse la place à une nouvelle qui est pire. Ou encore, cela peut réduire les ressources ou l'habitat pour les espèces natives.
(2) Effets secondaires : un cadre conceptuel.
Au sein des écosystèmes, il faut considérer l'invasion comme un fonction au même titre que les autres.

  • Cascades trophiques dans les systèmes multi-envahis : Quand l'espèce introduite interagit fortement avec les autres dans le système de la chaîne trophique, sont éradication conduit facilement à une récupération de l'écosystème d'origine
  • Interactions proie-prédateur : Dans le cas ou il y a plusieurs espèces introduites dans ce cas en même temps, si une seule est éradiquée, les conséquences peuvent être désastreuses (ex: un prédateur exotique qui contrôle une proie exotique) Exemple du chat en Nouvelle Zélande qui est un danger pour le Kakapo (perroquet endémique) mais qui est aussi prédateur de 3 espèces de rat introduites.
  • Interactions plante-herbivore : Si plante et son herbivore sont introduit, en théorie éradiquer la plante suffit. Cependant il n'existe pas d'exemple concret de ce cas, soulignant la difficulté d'éradiquer les espèces envahissantes VÉGÉTALES. C'est plus facile de retirer les herbivores, mais des fois les conséquences sont désastreuses pour le reste de l'écosystème. -Dépendance des espèces natives dans les habitats dominés par des espèces aliens : Dans certains cas les espèces exotiques ont pris une place importante dans les écosystèmes et les espèces natives s'y sont adaptées, ce qui conduit ç un desastre si l’espèce exotique est supprimée.

L'impact de l'éradication d'une espèce introduite dépend de sont type, de son degré de remplacement d'espèce(s) native(s) et de la présence d'autre espèces introduites. Avant d'éradiquer il faut donc étudier (i) les interactions trophiques entre les espèces exotiques et entre les espèces exotiques et native et (ii) les potentiels rôles fonctionnels des espèces exotiques pour prévoir des plans de restaurations supplémentaires. Les méthodes d'éradication sont de plus en plus performante. Et l'éradication reste la meilleure solution dans les cas d'impact sévère d'une espèce introduite.

Rigueur de la review

Cette review me semble rigoureuse. Les sources me semblent pertinentes et l'article cite de nombreux exemples. La plupart des exemples concernent cependant les écosystèmes insulaires.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review illustre bien l'importance de l'éradication des espèces invasives dans certains cas. Mais elle prévient aussi des danger risqués si une étude approfondie des tenants et aboutissants n'est pas réalisée. L'éradication d'une espèce c'est pas facile et n'est pas à prendre à la légère.

Publiée il y a plus de 9 ans par A. Caizergues.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Review : Viewing invasive species removal in a whole-ecosystem context
  • 1 1
  • Auteurs
    Erika S. Zavaleta, Richard J. Hobbs, Harold A. Mooney
  • Année de publication
    2001
  • Journal
    Trends in Ecology & Evolution
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Eradications of invasive species often have striking positive effects on native biota. However, recent research has shown that species removal in isolation can also result in unexpected changes to other ecosystem components. These secondary effects will become more likely as numbers of interacting invaders increase in ecosystems, and as exotics in late stages of invasion eliminate native species and replace their functional roles. Food web and functional role frameworks can be used to identify ecological conditions that forecast the potential for unwanted secondary impacts. Integration of eradication into a holistic process of assessment and restoration will help safeguard against accidental, adverse effects on native ecosystems.

  • Identifiant unique
    10.1016/s0169-5347(01)02194-2
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Les espèces introduites sont elles un danger pour les écosystèmes et doit on systématiquement lutter contre ?
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