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Cette synthèse appartient à la controverse La pollution lumineuse néfaste pour les plantes ?

​​Introduction
La pollution lumineuse est de plus en plus présente, en milieu urbain mais également dans les parcs, bords de routes et autres lieux autrefois épargnés. Son impact sur une grande partie de la faune n'est plus à prouver cependant, l'impact que peut avoir l'éclairage artificiel sur les plantes est beaucoup moins documenté. En effet, elle modifie l’exposition à la lumière naturelle dans les écosystèmes terrestres et aquatiques (Longcore et Rich 2004). Or, chaque éclairage est différent. Le soleil émet une lumière blanche polychromatique tandis que les sources artificielles peuvent en être très différentes (monochromatique par exemple). L'éclairage urbain est le plus souvent basé sur des lampes à haute pression à vapeur de sodium (HPS) qui émettent dans le jaune-rouge. En revanche, les terrains de sport où les vitrines de magasins sont le plus souvent éclairés par des lampes à halogénure métallique (HM) (Bennie et al. 2016). Le temps d'éclairage peut être très variable, il peut s'étaler sur la totalité de la nuit ou bien être limité à certaines heures. Les derniers dispositifs mis en place, peuvent détecter les mouvement et ne s'allumer qu'a ce moment la. L'objectif ici était de déterminer si les différentes sources de pollutions lumineuses (diurne/nocturne; HM/LED/HPS; intensité forte/faible; couleur polychromatique/monochromatique; tons chaud/froid; continue/sporadique) ont un impact différent sur les plantes et si toutes les plantes réagissent de la même manière face à ces sources lumineuses.

Cœur de la synthèse
La couleur (Boom et al 2020; Hung, Yuan et Huang 2020), l'intensité, la source lumineuse utilisée ( Xiao, Wei et Jeong 2020), la distance à la source (Bennie et al. 2016) ainsi que la durée de l'éclairage artificiel influent grandement sur la biologie et l'écologie des espèces végétales (Falcón et al. 2020) mais aussi animales en relation avec ces plantes (Boom et al 2020; Davies, Cruse, et Gaston 2016; Grenis et Murphy 2018; Knop et al. 2017; Maggregor, et al. 2019). De plus ces effets peuvent aller bien au delà de la zone éclairée (Giavi et al. 2020). Les lampes LEDs et les lampes à HM apparaissent comme le plus favorable des lumières artificielles pour les plantes, pouvant entrainé une croissance supérieure des plantes lorsqu'elles y sont exposées (Flowers and Gibson 2018; Hey et al. 2020; Wang et al. 2020; ). Les lumières rouges et journalières entraine une meilleure croissante en stimulant l'activité racinaire et photosynthétique. Cependant, l'éclairage nocturne artificiel (ALAN), a tendance à limiter le temps de récupération a un stress (Bennie et al. 2016) mais aussi sans stress ponctuel. Le manque de "repos" limite l'efficacité de la photosynthèse (Zhang et al.2020; Meravi et Prajapati 2018). De plus, il perturbe la floraison (Bennie et al. 2017; Bennie et al. 2016; Erez et al. 2019) et la perte des feuilles chez certaines espèces (Bennie et al. 2016; H. ffrench-Constant et al. 2016). Ces changements entrainent des blessures par le froid en cas de non-perte des feuilles et réduisent le succès reproducteur pour la floraison. En contrepartie, ce décalage de floraison peut désynchroniser la maturité des fruits et l'éclosion de larves prédatrices et donc limité l'infection des fruits (Grenis et Murphy 2018) et certaines plantes voit leur nombre de graines augmenter sous certaines source de lumières artificielle (Maggregor et al. 2019)
Les éclairages ALAN perturbent également les pollinisateurs (Boom et al 2020; Knop et al. 2017; Maggregor et al. 2019) et peut autant augmenter la pollinisation nocturne (Maggregor et al. 2029) que la baisser ( Boom et al. 2020 et Knop et al. 2017) en fonction des espèces étudiées. Son impact négatif se répercute toutefois également sur les herbivores, ce qui limite la prédation pour les plantes ( Grenis et Murphy 2018) . Pourtant certaines étude montre que la lumière favorisent la prédatione et limite la reproduction (Boom et al 2020;). Boom et al. 2020 montre plutôt une prédation accrue sous lumière verte ou blanche en se focalisant sur une espèce de chenille tandis qu'à l'inverse, Péter et al. 2020 montre une abondance de chenilles supérieure sous lumière rouge mais aucun impact des lumières vertes et blanches. Leur étude est basé sur les excrément des chenilles. Ces différences montrent l'importance du protocole utilisé ainsi que des espèces prises en compte.
La qualité du sol est modifiée de par ses effets sur la faune de décomposeurs (Zhuangzhuang et al. 2020). La pollution lumineuse seule diminue le plus souvent l'efficacité des espèces du sol et diminue sa qualité. En revanche, dans certains cas comme lorsque la pollution lumineuse est couplée à une pollution chimique (métaux lourds apportés par des engrais phosphatés), l'effet est en faveur d'espèces plus résistante aux forts éclairages mais qui sont également tolérants aux métaux lourds. Ceci permet une baisse de concentration en composé toxique pour la plante dans le sol. Dans un même temps, ceci entraine une moins bonne décomposition de la litière végétale.
Toutes ces modification engendrent des changement dans les structures des communautés végétales (Bennie et al. 2017; Hey et al. 2020). Les espèces les moins tolérantes disparaissent des zones trop éclairées. Pourtant, la répartition des espèces en base de chaines trophique comme les plantes, les interactions entre les organismes sont altérée et répercute sur l'ensemble de l'écosystème. La pollution lumineuse est donc motrice des changements dans les écosystèmes. Le plus souvent, sa présence affecte négativement la biodiversité, elle représente une nouvelle pression de sélection, où seul les espèces suffisamment tolérantes persistent.

Conclusion et ouverture
En conclusion, la pollution lumineuse a de nombreux impacts à tous les niveaux sur les plantes. Ceux-ci sont le plus souvent délétères mais peuvent également protéger la plante contre d'autres stress (ensoleillement limité, qualité du sol, prédation...). Toutefois la majeure partie des études se concentre sur son impact seul mais il est important de prendre en compte les changements globaux qui induisent de nouveaux stress. Les changements de température peuvent, par exemple, devenir un signal moins fiable pour le début du printemps et l'importance de la lumière dans le cycle de vie d'une plante pourrait augmenter. Les effets de la pollution lumineuse seraient alors décuplés au vu des changements climatiques et nécessitent plus d'études sur leur impact combiné. De la même manière, l'impact de la pollution lumineuse couplé à d'autres types de pollution comme la pollution chimique des sols (Zhuangzhuang et al. 2020) ou encore de l'air et le bruit sont peu documentés. De plus, les études sont rarement sur le long terme et en milieu naturel car plus difficile à mettre en place qu'en intérieur. Les écosystèmes aquatiques et semi-aquatiques sont malheureusement peu représentés également, pourtant, dans ces milieux aussi, la lumière est une part essentielle de la vie des plantes et l'éclairage en bord de ruisseau, dans des grottes humides ou encore près de lac y est en augmentation. Une autre partie de la pollution lumineuse qui manque d'étude est l'impact des éclairages bref mais intenses (Bennie et al. 2016), comme ceux des phares des voitures, sur les végétaux notamment en bord de route très fréquentées. De telles études sont essentielles pour espérer comprendre l'intégralité de ces effets et de plus en plus d'études sont faites dans ce sens.
Les effets de la pollution lumineuse sur les plantes ne sont donc pas encore compris dans son entièreté et sont probablement sous-estimés, en particulier lorsqu'elle est associée à d'autres changements environnementaux contemporains. L'approfondissement de ces recherches est crucial pour une bonne protection mais aussi gestion des espèces végétales dans les zones anthropisées.

Publiée il y a plus de 5 ans par C. Sanchez.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.