Réensauvagement : faut-il restaurer les écosystèmes préhistoriques ?
A l'heure de l'Anthropocène et de la sixième extinction de masse, l'impact de l'Homme et de ses activités sur la biodiversité est devenu un sujet de préoccupation majeur. Cette prise de conscience est à l'origine des nombreuses initiatives de conservation et de restauration de l'environnement qui ont vu le jour depuis les années 1970. L'un de ces mouvements, le réensauvagement (ou rewilding), propose de réintroduire dans leur environnement d'origine des espèces qui occupaient un rôle-clé dans les chaines trophiques et dont la disparition a rendu l'écosystème déséquilibré et fragile.
La dégradation des écosystèmes du fait des activités humaines aurait commencé bien avant l'industrialisation, avec la disparition de la mégafaune (les grands troupeaux d'herbivores et prédateurs associés) des écosystèmes d'Europe, d'Amérique du Nord et de Sibérie à la fin du Pléistocène. Ces espèces auraient joué un rôle fondamental dans les chaines trophiques, et leur disparition aurait entraîné des altérations profondes des écosystèmes où elles se maintenaient.
Faudrait-il alors réintroduire dans ces écosystèmes des espèces disparues depuis longtemps, ou leurs équivalents actuels, afin de remplir des niches écologiques laissées vacantes et rétablir des écosystèmes sains? C'est ce que défendent les auteurs du réensauvagement du Pléistocène, qui proposent de réintroduire bisons, aurochs, chevaux et éléphants dans les grandes plaines de l'Hémisphère Nord.
Les détracteurs de cette initiative la voient comme, au mieux une distraction de réels problèmes de conservation, au pire comme une expérience de savant fou qui vise à replacer dans un écosystème des animaux qui n'ont plus rien à y faire (l’écosystème ayant évolué sans eux), avec des conséquences potentiellement désastreuses.
Les buts de cette controverse sont donc de :
1 - Lister les arguments en faveur ou contre le réensauvagement pléistocène, ses conséquences positives ou négatives sur les écosystèmes concernés.
2 - Évaluer la pertinence des raisons qui motivent cette initiative: estimer l'impact qu'a eu la disparition de la mégafaune pléistocène sur les écosystèmes actuels.
3 - Évaluer la pertinence des craintes associées à cette initiative, et donc les conséquences possibles sur un écosystème de la réintroduction d'animaux ayant disparu depuis longtemps.
N.B.: Nous ne nous intéresserons pas ici aux impacts humains de ces réintroductions (aspects politiques ou économiques), seulement aux aspects écologiques.
Pourquoi proposer cette alternative ?
Ce cadre reprend la même structure que le précédent, mais en développant plus les concepts abordés et les questions posées.
Notamment, la notion de disparition de la mégafaune pléistocène manquait, alors que c'est le concept central dans l'initiative du Pleistocene Rewilding.
En revanche, j'ai un peu peur que ce nouveau cadre soit trop long, il y a peut-être une version un peu plus synthétique à faire ?