Comment mesurer la Wilderness d'un milieu?
La nature… Une source de vie, de connaissances, d’inspiration, d’histoire, d’émotion, de controverses. Henry David Thoreau, philosophe et naturaliste américain, a été touché par cette nature et fera partie de ceux qui appelleront à un respect de celle ci, s’incluant dans les mouvements d’idées et d’actions défendant et valorisant les espaces de nature sauvage aux Etats Unis au début du XIX siècle. Il parlera de nature pas ou peu marquée par l’activité humaine, ce qui équivaut à l’idée commune selon laquelle la nature correspond en réalité à un gradient de l’impact de l’homme sur l'environnement. Il existe des zones extrêmes de nature sauvage qui ont un intérêt pour le bien-être humain, pour la recherche, l’éducation, l’esthétisme et l’histoire. Ainsi, en 1964, est apparu dans le domaine juridique la notion de “Wilderness”, qui permet de définir ces zones de nature extrême d’un point de vue biologique: zones non affectées par l’homme, où les processus naturels sont dominants. L'utilisation de la notion de nature dans la définition de ce qui devrait être la nature extrême invite à l’interprétation et est source de désaccord. En 1980, l’UICN définit Wilderness comme « un grand espace terrestre et/ou marin non modifié ou peu modifié, gardant son caractère et ses déterminismes naturels, qui est protégé et géré de sorte à préserver ses conditions naturelles ». La définition restant floue, nous sommes libres d'interpréter ce qui fait ou non partie de la wilderness. Dans le contexte actuel de réchauffement climatique, les initiatives pour tenter de fixer des critères dans la délimitation de zones de wilderness, ainsi que dans leurs règles d’accès et de gestion se multiplient. La reconnaissance de la crise de la biodiversité et l’émergence de la conservation ont mis en avant le besoin d’identifier et de cartographier les espaces de nature sauvage.
Des subventions ont été versées, en Europe notamment, dans le but de conserver cette nature. Les mesures de la wilderness ont été adaptée aux autres continents, et les scientifiques s'efforcent de trouver un moyen fiable de classer des zones sur un gradient de wilderness. A l’heure actuelle, la lecture scientifique nous rapporte des limites différentes de cette notion dépendantes notamment du type de biome, de la zone géographique et de la tempralité. Nous allons chercher à comprendre comment une seule notion peut mener à différentes limites, et pourquoi les traits environnementaux pris en compte ne sont pas les mêmes.