Les aires protégées permettent-elles la conservation de la biodiversité ?
Bien avant la désignation “d’aires protégées” (AP), la protection de certains “lieux spéciaux” existait déjà. Aujourd’hui ces zones prédéfinies servent avant tout à la gestion d’une biodiversité fragilisée. Elles sont qualifiées “d’aires géographiquement définies, désignées ou réglementées et gérées pour atteindre des objectifs de conservation spécifiques” par l'article n°2 de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Cette convention est un traité international établi en 1992, lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro. Les pays ont ainsi établi des plans d’actions en faveur de la biodiversité dans le but de la conserver, et interviennent dans le développement de stratégies nationales.
En effet, les pressions humaines exercées ces dernières années sur les espèces sauvages et leurs habitats sont en augmentation. En 2016, 75% de la surface terrestre était victime de pressions humaines quantifiables (Venter et al., 2016). Elles provoquent la perte et la fragmentation des habitats naturels des espèces. Cela peut être causé par la surexploitation, l’agriculture, les feux de végétation, mais aussi le réchauffement climatique et la pollution (Hargitt, 1994 ; McNeely, 1996 ; Sala et al., 2001, Soussana et al., 2013). De plus en plus d’espèces nécessitent donc une gestion spécialisée de leur habitat (Hargitt, 1994 ; McNeely, 1996). Des objectifs d’augmentation de la surface globale des AP sont donc mis en place et renouvelés depuis 1992 par des ONGs internationales ou des organismes gouvernementaux.
Les AP semblent représenter aujourd'hui un “outil clef” pour la lutte contre la perte de biodiversité. Mais sont-elles réellement efficaces pour la conservation de celle-ci ?
Avant de nous pencher plus spécifiquement sur l'efficacité des AP, nous les supposions très utiles pour la conservation de la biodiversité, ou du moins plus efficaces qu’une gestion inexistante. Mais les conditions pour qu’une AP soit bénéfique pour la conservation des espèces font l’objet de nombreuses controverses, notamment aux sujets des stratégies de gestion et des législations. Nous avons alors entamé nos recherches à l’aide de mots clefs tels que “conservation”, “aire protégée” et “biodiversité”. Les écosystèmes terrestres comme marins étaient concernés, ainsi que le suivi de la richesse spécifique d’espèces animales comme végétales. Une pré-lecture des articles a permis de sélectionner ceux qui traitaient le mieux de notre problématique et qui permettaient de proposer des solutions à l’avenir.