La stabilité écosystémique est-elle synonyme de biodiversité élevée ?
L’hypothèse clamée avec assurance d'une biodiversité augmentant la stabilité écosystémique est au cœur de l’attention politico-scientifique. Les études récentes nuancent cette relation univoque en une cascade de facteurs dont l’influence complexe sur la stabilité des écosystèmes varie selon les échelles spatio-temporelles, le type d’organisme et les gradients abiotiques.
Les enjeux de gestion et de conservation qui en découlent sont étroitement reliés à la nécessité d’un apport en services écosystémiques essentiels stable et durable. Dans un contexte de changements globaux majeurs, il est nécessaire de caractériser les stabilisateurs principaux des écosystèmes, et leurs interdépendances.
Stabilité temporelle (invariabilité) du fonctionnement de l'écosystème : mesure intégrative des réponses des populations/communautés les unes aux autres et aux variations environnementales.
Écosystème stable : faible variabilité malgré des conditions environnementales changeantes.
Synchronie : coïncidence temporelle des changements d’abondance ou d’autres caractéristiques variables dans le temps de populations géographiquement disjointes.
Homogénéisation biotique/abiotique : similarité spatiale de la composition des communautés/des fluctuations environnementales.
Biodiversité : variabilité observable à tous les niveaux d’organisation du vivant (du gène à l’écosystème) et recouvrant une multidimensionnalité considérable.
Cette controverse s’articulera autour de la relation biodiversité-stabilité écosystémique (relation BSE) ou « effet portfolio » pour les communautés végétales.
Cadre concret
Le niveau trophique ciblé par la synthèse et le plus étudié est celui des végétaux, producteurs primaires des écosystèmes dont l’évolution de la diversité des autres niveaux trophiques est dépendante. Des études réalisées sur les 6 continents, et de résolution variable sont concernées.
Cadre conceptuel
Les théories émises à propos de la nature exacte de la relation BSE s’articulent autour d’une variation de l’échelle spatiale, temporelle et biologique. Cette variation redéfinit les relations directes/indirectes entre les composantes de la stabilité et les stabilisateurs identifiés : synchronie/asynchronie, facteurs biotiques (diversité taxonomique/fonctionnelle/phylogénétique) et facteurs abiotiques (caractéristiques climatiques, édaphiques).
Une analyse de la divergence de méthodologie entre modélisation théorique, conditions semi-contrôlées et conditions naturelles animera cette controverse.