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La naissance de Homo sapiens : une nouvelle perspective
La naissance de Homo sapiens : une nouvelle perspective
Résumé de la review
Dans les coulisses d'une controverse
Cela fait maintenant 33 ans que Chris Stranger et Milford Wolpoff s'opposent sur la naissance de notre espèce. C. Stringer plaide pour le modèle de la sortie d'Afrique des Hommes modernes avec remplacement des populations archaïques. Au contraire, M. Wolpoff argumente en faveur d'un mélange entre les Hommes archaïques et les Hommes sortis d'Afrique, leurs descendants auraient donné naissance à l'Homme moderne.
Les données provenant de l'analyse des séquences d'ADN suggèrent deux cas de métissage entre des Hommes archaïques et des Hommes modernes. Cela semble réfuter l'aspect de remplacement total de la sortie d'Afrique. En réaction à ces résultats, C. Stringer admet : "L'histoire a été indubitablement plus complexe".
Cependant, les données génomique ne corroborent pas complétement le modèle multi-régional pour autant. Elles ne suggèrent en effet qu'une faible quantité de métissage.
Il semblerait donc qu'un modèle intermédiaire serait plus en adéquation avec ces résultat. Celui de l'_assimilation( développé par F. Smith, voir Why we are not all multiregionalists now) devient de fait de plus en plus populaire.
Des modèles en évolution
C. Stringer et d'autres auteurs ont proposé au milieu des années 1980 que l'Homme modernes a émergé en Afrique. La même année, une étude retraçant la transmission de l'ADN mitochondrial (ADNmt, Human Evolutionary Tree) a mis en évidence une origine commune africaine de cet ADNmt.
Le groupe de recherche de S. Pääblo a séquencé pour la première fois le génome complet de l'ADNmt de plusieurs Néandertaliens. Ces données plaident en défaveur d'un métissage entre Néandertaliens et Hommes modernes. Le modèle de remplacement est donc devenu la théorie dominante, et peu de chercheurs (comprenant M. Wolpoff) soutenaient une hypothèse alternative.
Cependant, des avis divergents ont ensuite fait surface. Quelques études génétiques ont montré des preuves pour une migration d'Asie vers l'Afrique (et non pas l'inverse). Les généticiens des populations ont aussi appuyé le fait que le remplacement total était peu probable, au regard de la distributions des allèles dans les populations des Hommes vivants. Certains paléoanthropologues proposèrent alors des modèles intermédiaires . C'est le cas de F. Smith, élève de M. Wolpoff, et son modèle d'assimilation. Il propose que nos ancêtres modernes sont apparus en Afrique, se sont métissés avec les populations archaïques locales et se sont dispersés autour du monde. Ce modèle n'aura pourtant que peu de soutien par les autres auteurs, souvent confondu avec le multi-régionalisme.
Avec le temps, les deux modèles extrêmes ont convergé. Notamment, les multi-régionalistes acceptent une origine commune africaine.
Des gènes du passé
En mai 2010, les données du génome nucléaire complet de trois femmes Néandertaliennes sont publiées par l'équipe de S. Pääblo. L'analyse de ces données a mis en évidence 1% à 4% du génome nucléaires des populations Asiatiques et Européennes étant reliés aux Néandertaliens. Cela renforce l'hypothèse d'une émergence africaine et d'un métissage avec les populations de Néandertaliens après dispersion hors d'Afrique. Sept mois plus tard, l'intégralité de génome nucléaire d'une femme Désinovienne est publié par la même équipe. Les auteurs montrent l'existence d'un métissage de l'Homme moderne avec les population archaïques dès la sortie d'Afrique il y a 100 000 ans.
Cela signifie que les Hommes modernes se sont mélangés avec au moins deux peuples archaïques différents, à au moins deux sites géographiquement distincts. Pour certains, cela commence à sonner comme du multi-régionalisme. Pour d'autres, la faible part du génome provenant de ce métissage montre la faible fréquence de ces événements.
Perspectives
Les études actuelles utilisant les outils génomiques tentent de dater précisément les événements de métissage qui ont eu lieu.
Dans les coulisses d'une controverse
Cela fait maintenant 33 ans que Chris Stranger et Milford Wolpoff s'opposent sur la naissance de notre espèce. C. Stringer plaide pour le modèle de la sortie d'Afrique des Hommes modernes avec remplacement des populations archaïques. Au contraire, M. Wolpoff argumente en faveur d'un mélange entre les Hommes archaïques et les Hommes sortis d'Afrique, leurs descendants auraient donné naissance à l'Homme moderne.
Les données provenant de l'analyse des séquences d'ADN suggèrent deux cas de métissage entre des Hommes archaïques et des Hommes modernes. Cela semble réfuter l'aspect de remplacement total de la sortie d'Afrique. En réaction à ces résultats, C. Stringer admet : "L'histoire a été indubitablement plus complexe".
Cependant, les données génomique ne corroborent pas complétement le modèle multi-régional pour autant. Elles ne suggèrent en effet qu'une faible quantité de métissage.
Il semblerait donc qu'un modèle intermédiaire serait plus en adéquation avec ces résultat. Celui de l'_assimilation( développé par F. Smith, voir Why we are not all multiregionalists now) devient de fait de plus en plus populaire.
Des modèles en évolution
C. Stringer et d'autres auteurs ont proposé au milieu des années 1980 que l'Homme modernes a émergé en Afrique. La même année, une étude retraçant la transmission de l'ADN mitochondrial (ADNmt, Human Evolutionary Tree) a mis en évidence une origine commune africaine de cet ADNmt.
Le groupe de recherche de S. Pääblo a séquencé pour la première fois le génome complet de l'ADNmt de plusieurs Néandertaliens. Ces données plaident en défaveur d'un métissage entre Néandertaliens et Hommes modernes. Le modèle de remplacement est donc devenu la théorie dominante, et peu de chercheurs (comprenant M. Wolpoff) soutenaient une hypothèse alternative.
Cependant, des avis divergents ont ensuite fait surface. Quelques études génétiques ont montré des preuves pour une migration d'Asie vers l'Afrique (et non pas l'inverse). Les généticiens des populations ont aussi appuyé le fait que le remplacement total était peu probable, au regard de la distributions des allèles dans les populations des Hommes vivants. Certains paléoanthropologues proposèrent alors des modèles intermédiaires . C'est le cas de F. Smith, élève de M. Wolpoff, et son modèle d'assimilation. Il propose que nos ancêtres modernes sont apparus en Afrique, se sont métissés avec les populations archaïques locales et se sont dispersés autour du monde. Ce modèle n'aura pourtant que peu de soutien par les autres auteurs, souvent confondu avec le multi-régionalisme.
Avec le temps, les deux modèles extrêmes ont convergé. Notamment, les multi-régionalistes acceptent une origine commune africaine.
Des gènes du passé
En mai 2010, les données du génome nucléaire complet de trois femmes Néandertaliennes sont publiées par l'équipe de S. Pääblo. L'analyse de ces données a mis en évidence 1% à 4% du génome nucléaires des populations Asiatiques et Européennes étant reliés aux Néandertaliens. Cela renforce l'hypothèse d'une émergence africaine et d'un métissage avec les populations de Néandertaliens après dispersion hors d'Afrique. Sept mois plus tard, l'intégralité de génome nucléaire d'une femme Désinovienne est publié par la même équipe. Les auteurs montrent l'existence d'un métissage de l'Homme moderne avec les population archaïques dès la sortie d'Afrique il y a 100 000 ans.
Cela signifie que les Hommes modernes se sont mélangés avec au moins deux peuples archaïques différents, à au moins deux sites géographiquement distincts. Pour certains, cela commence à sonner comme du multi-régionalisme. Pour d'autres, la faible part du génome provenant de ce métissage montre la faible fréquence de ces événements.
Perspectives
Les études actuelles utilisant les outils génomiques tentent de dater précisément les événements de métissage qui ont eu lieu.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review permet :
Une présentation claire des différents modèles
Un historique qui permet de bien saisir l'évolution temporelle des concepts dominants
D'entrer dans les coulisses d'une controverse. Cela apporte une nouvelle dimension dans la documentation de ce débat : celle des personnalités qui sont opposées. Par les nombreuses citations que l'auteur nous livre, on comprend mieux l'intensité du débat et l'évolution des convictions.
Cette review permet :
Une présentation claire des différents modèles
Un historique qui permet de bien saisir l'évolution temporelle des concepts dominants
D'entrer dans les coulisses d'une controverse. Cela apporte une nouvelle dimension dans la documentation de ce débat : celle des personnalités qui sont opposées. Par les nombreuses citations que l'auteur nous livre, on comprend mieux l'intensité du débat et l'évolution des convictions.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
S. Julien.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Titre de la review
La naissance de Homo sapiens : une nouvelle perspective
La naissance de Homo sapiens : une nouvelle perspective
Résumé de la review
Dans les coulisses d'une controverse
Cela fait maintenant 33 ans que Chris Stranger et Milford Wolpoff s'opposent sur la naissance de notre espèce. C. Stringer plaide pour le modèle de la sortie d'Afrique des Hommes modernes avec remplacement des populations archaïques. Au contraire, M. Wolpoff argumente en faveur d'un mélange entre les Hommes archaïques et les Hommes sortis d'Afrique, leurs descendants auraient donné naissance à l'Homme moderne.
Les données provenant de l'analyse des séquences d'ADN suggèrent deux cas de métissage entre des Hommes archaïques et des Hommes modernes. Cela semble réfuter l'aspect de remplacement total de la sortie d'Afrique. En réaction à ces résultats, C. Stringer admet : "L'histoire a été indubitablement plus complexe".
Cependant, les données génomique ne corroborent pas complétement le modèle multi-régional pour autant. Elles ne suggèrent en effet qu'une faible quantité de métissage.
Il semblerait donc qu'un modèle intermédiaire serait plus en adéquation avec ces résultat. Celui de l'_assimilation( développé par F. Smith, voir Why we are not all multiregionalists now) devient de fait de plus en plus populaire.
Des modèles en évolution
C. Stringer et d'autres auteurs ont proposé au milieu des années 1980 que l'Homme modernes a émergé en Afrique. La même année, une étude retraçant la transmission de l'ADN mitochondrial (ADNmt, Human Evolutionary Tree) a mis en évidence une origine commune africaine de cet ADNmt.
Le groupe de recherche de S. Pääblo a séquencé pour la première fois le génome complet de l'ADNmt de plusieurs Néandertaliens. Ces données plaident en défaveur d'un métissage entre Néandertaliens et Hommes modernes. Le modèle de remplacement est donc devenu la théorie dominante, et peu de chercheurs (comprenant M. Wolpoff) soutenaient une hypothèse alternative.
Cependant, des avis divergents ont ensuite fait surface. Quelques études génétiques ont montré des preuves pour une migration d'Asie vers l'Afrique (et non pas l'inverse). Les généticiens des populations ont aussi appuyé le fait que le remplacement total était peu probable, au regard de la distributions des allèles dans les populations des Hommes vivants. Certains paléoanthropologues proposèrent alors des modèles intermédiaires . C'est le cas de F. Smith, élève de M. Wolpoff, et son modèle d'assimilation. Il propose que nos ancêtres modernes sont apparus en Afrique, se sont métissés avec les populations archaïques locales et se sont dispersés autour du monde. Ce modèle n'aura pourtant que peu de soutien par les autres auteurs, souvent confondu avec le multi-régionalisme.
Avec le temps, les deux modèles extrêmes ont convergé. Notamment, les multi-régionalistes acceptent une origine commune africaine.
Des gènes du passé
En mai 2010, les données du génome nucléaire complet de trois femmes Néandertaliennes sont publiées par l'équipe de S. Pääblo. L'analyse de ces données a mis en évidence 1% à 4% du génome nucléaires des populations Asiatiques et Européennes étant reliés aux Néandertaliens. Cela renforce l'hypothèse d'une émergence africaine et d'un métissage avec les populations de Néandertaliens après dispersion hors d'Afrique. Sept mois plus tard, l'intégralité de génome nucléaire d'une femme Désinovienne est publié par la même équipe. Les auteurs montrent l'existence d'un métissage de l'Homme moderne avec les population archaïques dès la sortie d'Afrique il y a 100 000 ans.
Cela signifie que les Hommes modernes se sont mélangés avec au moins deux peuples archaïques différents, à au moins deux sites géographiquement distincts. Pour certains, cela commence à sonner comme du multi-régionalisme. Pour d'autres, la faible part du génome provenant de ce métissage montre la faible fréquence de ces événements.
Perspectives
Les études actuelles utilisant les outils génomiques tentent de dater précisément les événements de métissage qui ont eu lieu.
Dans les coulisses d'une controverse
Cela fait maintenant 33 ans que Chris Stranger et Milford Wolpoff s'opposent sur la naissance de notre espèce. C. Stringer plaide pour le modèle de la sortie d'Afrique des Hommes modernes avec remplacement des populations archaïques. Au contraire, M. Wolpoff argumente en faveur d'un mélange entre les Hommes archaïques et les Hommes sortis d'Afrique, leurs descendants auraient donné naissance à l'Homme moderne.
Les données provenant de l'analyse des séquences d'ADN suggèrent deux cas de métissage entre des Hommes archaïques et des Hommes modernes. Cela semble réfuter l'aspect de remplacement total de la sortie d'Afrique. En réaction à ces résultats, C. Stringer admet : "L'histoire a été indubitablement plus complexe".
Cependant, les données génomique ne corroborent pas complétement le modèle multi-régional pour autant. Elles ne suggèrent en effet qu'une faible quantité de métissage.
Il semblerait donc qu'un modèle intermédiaire serait plus en adéquation avec ces résultat. Celui de l'_assimilation( développé par F. Smith, voir Why we are not all multiregionalists now) devient de fait de plus en plus populaire.
Des modèles en évolution
C. Stringer et d'autres auteurs ont proposé au milieu des années 1980 que l'Homme modernes a émergé en Afrique. La même année, une étude retraçant la transmission de l'ADN mitochondrial (ADNmt, Human Evolutionary Tree) a mis en évidence une origine commune africaine de cet ADNmt.
Le groupe de recherche de S. Pääblo a séquencé pour la première fois le génome complet de l'ADNmt de plusieurs Néandertaliens. Ces données plaident en défaveur d'un métissage entre Néandertaliens et Hommes modernes. Le modèle de remplacement est donc devenu la théorie dominante, et peu de chercheurs (comprenant M. Wolpoff) soutenaient une hypothèse alternative.
Cependant, des avis divergents ont ensuite fait surface. Quelques études génétiques ont montré des preuves pour une migration d'Asie vers l'Afrique (et non pas l'inverse). Les généticiens des populations ont aussi appuyé le fait que le remplacement total était peu probable, au regard de la distributions des allèles dans les populations des Hommes vivants. Certains paléoanthropologues proposèrent alors des modèles intermédiaires . C'est le cas de F. Smith, élève de M. Wolpoff, et son modèle d'assimilation. Il propose que nos ancêtres modernes sont apparus en Afrique, se sont métissés avec les populations archaïques locales et se sont dispersés autour du monde. Ce modèle n'aura pourtant que peu de soutien par les autres auteurs, souvent confondu avec le multi-régionalisme.
Avec le temps, les deux modèles extrêmes ont convergé. Notamment, les multi-régionalistes acceptent une origine commune africaine.
Des gènes du passé
En mai 2010, les données du génome nucléaire complet de trois femmes Néandertaliennes sont publiées par l'équipe de S. Pääblo. L'analyse de ces données a mis en évidence 1% à 4% du génome nucléaires des populations Asiatiques et Européennes étant reliés aux Néandertaliens. Cela renforce l'hypothèse d'une émergence africaine et d'un métissage avec les populations de Néandertaliens après dispersion hors d'Afrique. Sept mois plus tard, l'intégralité de génome nucléaire d'une femme Désinovienne est publié par la même équipe. Les auteurs montrent l'existence d'un métissage de l'Homme moderne avec les population archaïques dès la sortie d'Afrique il y a 100 000 ans.
Cela signifie que les Hommes modernes se sont mélangés avec au moins deux peuples archaïques différents, à au moins deux sites géographiquement distincts. Pour certains, cela commence à sonner comme du multi-régionalisme. Pour d'autres, la faible part du génome provenant de ce métissage montre la faible fréquence de ces événements.
Perspectives
Les études actuelles utilisant les outils génomiques tentent de dater précisément les événements de métissage qui ont eu lieu.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review permet :
Une présentation claire des différents modèles
Un historique qui permet de bien saisir l'évolution temporelle des concepts dominants
D'entrer dans les coulisses d'une controverse. Cela apporte une nouvelle dimension dans la documentation de ce débat : celle des personnalités qui sont opposées. Par les nombreuses citations que l'auteur nous livre, on comprend mieux l'intensité du débat et l'évolution des convictions.
Cette review permet :
Une présentation claire des différents modèles
Un historique qui permet de bien saisir l'évolution temporelle des concepts dominants
D'entrer dans les coulisses d'une controverse. Cela apporte une nouvelle dimension dans la documentation de ce débat : celle des personnalités qui sont opposées. Par les nombreuses citations que l'auteur nous livre, on comprend mieux l'intensité du débat et l'évolution des convictions.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.