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Titre de l'article

Le passage récent de Polygynie à Monogamie chez les Humains est suggéré par l'analyse de diversité du chromosome Y autour du globe.

Introduction à l'article

La diversité de l’ADN dans les populations modernes permet d’avoir une idée du passé de ces populations. En effet les processus tel que la migration, la dispersion ou le mélange de population laissent des marques reconnaissables au niveau de l’ADN. Aussi des variations rapides de la population peuvent être reconnues grâce à la différence de distributions de séquences sur certains segments d’ADN non recombinant.
Plusieurs études basées sur le chromosome Y ont déterminé que la diversité de ce chromosome semblait indiquer une croissance exponentielle de la population, plutôt qu’une population constante avec une croissance rapide récente. Au contraire de cela, une étude menée précédemment par les auteurs n’a pas indiqué de croissance exponentielle de la population, mais une population constante. Ils ont conclu que la population d’homme Européens est restée a augmentée que récemment. Ils ont donc cherché à expliquer ces différences et associer ces observations un mode de reproduction.

Expériences de l'article

Dans cette étude les chercheurs ont tenté de déterminer si en considérant plus de site SNP la tendance observée serait différente (pour une population européenne), si l’évolution de population d’homme était la même sur le reste du globe et enfin si le taux de faible mutation des SNP contrairement aux STR (microsatellites) aurait pu rendre « invisible » l’existence d’une croissance exponentielle des populations d’hommes.
Pour répondre à ces questions, ils ont utilisé deux jeux de données de chromosomes Y issus d’études menées en Europe mais aussi sur le reste du globe. Pour répondre à la troisième problématique, les auteurs ont utilisé des simulations en rentrant des taux de mutations et des probabilités d’erreurs différentes puis ils ont comparé les résultats obtenus avec les études empiriques.
A partir des résultats, ils se sont intéressés à l’origine de ces patterns de croissance de population en les liants avec le mode de reproduction.

Résultats de l'article

Les résultats obtenus en prenant plus de SNP ne divergent pas de l'étude précédente, les patterns observés chez les hommes d'Europe sont semblables à ceux des autres populations. Ils confirment la théorie selon laquelle la population d'homme est restée stable et a augmenté rapidement récemment (18 000 ans), aussi la méthode basée sur les STR ayant trouvé une croissance exponentielle s'avère fausse, car regroupant 46 populations (si une seule pop crois exponentiellement alors tous les résultats vont croître de cette manière). Cette croissance récente n'est pas en adéquation avec celle des femmes, plus ancienne.
Les auteurs proposent le modèle suivant : -la population de femme a augmenté dans un premier temps lors de l'expansion humaine sur tous les continents , la population d'homme a augmenté beaucoup plus récemment.
-Durant une longue période la polygynie était de mise puis récemment passage à la monogamie (période difficile à définir, entre il y a 10 000 et 5 000 ans).

Rigueur de l'article

Article publié dans la revue Journal of Molecular Evolution, cet article regroupe plusieurs chercheurs de nombreuses universités Européennes.
Il prend aussi en compte des données obtenues à travers le monde. Cet article utilise de nombreuses références rigoureuses afin de tirer des conclusions.
Les statistiques et les simulations utilisées reprennent des protocoles utilisés dans de nombreuses études, garantissant une certaine rigueur d'analyse.
Cet article a été cité de nombreuse fois dans des articles plus récents, cela confirme le sérieux et la rigueur de cette étude.

Ce que cet article apporte au débat

D'après cet article l'Homo Sapiens aurait été durant la majorité de son histoire polygyne, il s'agit d'une notion de polygamie "à sens unique" où un homme se reproduit avec de nombreuses femmes mais ou une femme se reproduit avec un seul homme. Mais durant son histoire plus récente. l'Homo sapiens a observé un switch vers la monogamie. La période exacte de ce switch est difficile a déterminer, n'étant pas simultané et homogène sur l'ensemble du globe. Cependant ce passage de polygynie à monogamie est estimée à il y a entre 15 000 et 5 000 ans. Cela serais associé avec l'apparition de la sédentarisation et des cultures agricoles. La compétition pour les ressources étant plus faible plus d'Hommes ont accès à la reproduction et on voit apparaître des noyaux familiaux monogames. Cependant suivant les zones géographiques la monogamie s'est installé à plus ou moins grand degré.

Remarques sur l'article

Cet article permet d'avoir un historique des modes de reproduction chez Homo sapiens, cela confirme l'existence de différents régimes de reproduction à travers le temps et que le mode actuel reste flou. Cependant, les raisons de changements de mode de reproduction sont encore peu explicités par cette étude.

Publiée il y a plus de 8 ans par Q. Rodriguez et Liz Noguera.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : A Recent Shift from Polygyny to Monogamy in Humans Is Suggested by the Analysis of Worldwide Y-Chromosome Diversity
  • Auteurs
    Isabelle Dupanloup, Luisa Pereira, Giorgio Bertorelle, Francesc Calafell, Maria Joao Prata, Antonio Amorim, Guido Barbujani
  • Année de publication
    2003
  • Journal
    Journal of Molecular Evolution
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Molecular genetic data contain information on the history of populations. Evidence of prehistoric demographic expansions has been detected in the mitochondrial diversity of most human populations and in a Y-chromosome STR analysis, but not in
    a previous study of 11 Y-chromosome SNPs in Europeans.
    In this paper, we show that mismatch distributions and tests of mutation/drift equilibrium based on up to 166 Y-chromosome SNPs, in 46 samples from all continents, also fail to support an increase of the male effective population size. Computer
    simulations show that the low nuclear versus mitochondrial mutation rates cannot explain these results. However, ascertainment bias, i.e., when only highly variable SNPsites are typed, may be concealing any Y SNPs evidence for a recent, but not an ancient,
    increase in male effective population sizes. The results of our SNPan alyses can be reconciled with the expansion of male effective population sizes inferred from STR loci, and with mitochondrial evidence, by admitting that humans were essentially polygynous during much of their history. As a consequence, until recently only a few men may have contributed a large fraction of the Y-chromosome pool at every generation.
    The number of breeding males may have increased, and the variance of their reproductive success may have decreased, through a recent shift from polygyny to monogamy, which is supported by ethnological data and possibly accompanied the shift from
    mobile to sedentary communities.

  • Identifiant unique
    10.1007/s00239-003-2458-x
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Homo sapiens est-il polygame ou monogame ?
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