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Titre de l'article

Une échelle de temps revisitée pour l'évolution humaine basée sur les génomes mitochondriaux anciens

Introduction à l'article
  • Pour retracer la séparation de deux entités biologiques, l'étude de la vitesse d'accumulation des différences dans les séquences d'ADN est une démarche très informative. Pour estimer le taux de substitution, le registre fossile est souvent utilisé. Pourtant, le caractère discontinu de ce dernier ne permet pas la datation de toute les séparations de lignées. Estimer le taux de substitution d'un groupe biologique, et de la lignée humaine en particulier, est donc un enjeu majeur pour comprendre son évolution et reste sujet à débat.

  • De nouvelles méthodes permettent de calculer le taux de substitution directement, en se passant du registre fossile. De manière intéressante, les taux de substitution estimés sont moitié moins importants que ceux proposés avec la calibration fossile. Cette diminution du taux de substitution estimé a des conséquences majeurs sur l'inférence des événements clés de l'évolution humaine et dans notre compréhension de l'origine géographique de l'Homme moderne

Expériences de l'article
  • Utilisation des génomes mitochondriaux complets de 10 hommes archaïques datés solidement. Ils permettent la reconstitution d'une phylogénie incorporant aussi 63 ADN mitochondriaux d'Hommes modernes.

  • Estimation du taux de substitution en utilisant les taxons datés par radiocarbone (par régression linéaire).

  • Utilisation de ce taux de substitution pour inférer l'âge du plus récent ancêtre commun des Hommes modernes, ainsi que celui des lignées non-africaine et subsaharienne.

Résultats de l'article
  • Le taux de substitution estimé est de l'ordre de 1.6 fois plus élevé que celui obtenu par calibration fossile

  • Cela permet d'inférer une divergence de la lignée des Hommes modernes (par le proxy de la coalescence des ADN mitochondriaux) à 120-197 mille ans. De même, la séparation de la lignée non-africaine est estimée à 62-95 mille ans.

Rigueur de l'article

Une zone d'ombre à soulever est l'incongruence des résultats obtenus par l'estimation du taux de substitution par l'utilisation de l'ADN nucléaire (et non pas mitochondrial). Le auteurs proposent donc d'utiliser leur méthode (inférence en utilisant de l'ADN ancien)

Ce que cet article apporte au débat

Cet article livre un scénario clair et bien argumenté sur l'origine géographique de l'Homme moderne. En effet, l'obtention de cet arbre phylogénétique daté, permet de reconstruire l'événement de dispersion des Hommes modernes hors d'Afrique. Cet événement aurait eu lieu entre 62 et 95 mille ans et aurait donné lieu à la divergence des lignées subsahariennes et non-africaines. Ces résultats vont à l'encontre de l'hypothèse multi-régionale de l'Homme moderne.

Figure
Légende :

*Arbre phylogénétique de 54 Hommes modernes actuels, 10 Hommes modernes anciens, et sept Hommes archaïques *

Ce qui nous intéresse ici est

  1. Les dates de divergence des Hommes modernes
  2. Les dates de divergences Hommes modernes non-africains / Homme moderne subsaharien
  3. Origine géographique des Hommes modernes actuels qui permet de replacer l'origine africaine du clade de l'Homme moderne
Publiée il y a plus de 8 ans par S. Julien.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : A Revised Timescale for Human Evolution Based on Ancient Mitochondrial Genomes
  • 1
  • Auteurs
    Qiaomei Fu, Alissa Mittnik, Philip L.F. Johnson, Kirsten Bos, Martina Lari, Ruth Bollongino, Chengkai Sun, Liane Giemsch, Ralf Schmitz, Joachim Burger, Anna Maria Ronchitelli, Fabio Martini, Renata G. Cremonesi, Jiří Svoboda, Peter Bauer, David Caramelli, Sergi Castellano, David Reich, Svante Pääbo, Johannes Krause
  • Année de publication
    2013
  • Journal
    Current Biology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Here, we use mitochondrial genome sequences fro
    ten securely dated ancient modern humans spanning 40,0
    years as calibration points for the mitochondrial clock, th
    yielding a direct estimate of the mitochondrial substituti
    rate. Our clock yields mitochondrial divergence times th
    are in agreement with earlier estimates based on calibrati
    points derived from either fossils or archaeological materi
    In particular, our results imply a separation of non-Africa
    from the most closely related sub-Saharan African mitocho
    drial DNAs (haplogroup L3) that occurred less than 62–95 ky
    Conclusions: Though single loci like mitochondrial DN
    (mtDNA) can only provide biased estimates of populati
    divergence times, they can provide valid upper bounds. O
    results exclude most of the older dates for African and no
    African population divergences recently suggested by
    novo mutation rate estimates in the nuclear genome.

  • Identifiant unique
    10.1016/j.cub.2013.02.044
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    L’homme moderne a-t-il une origine multi-régionale ?
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