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Titre de l'article

Une approche théorique pour prédire le succès des manipulations génétiques sur les moustiques utilisés dans le contrôle de la malaria

Introduction à l'article

Alors que la malaria fait plus de deux millions et demi de victimes par an, que les conditions économiques aggravent le problème, que le virus mute et que les moustiques résistent aux insecticides, l’idée d’utiliser des moustiques génétiquement modifiés contre la transmission de la malaria est apparu comme un outil à évaluer. Ici, l’idée est de modifier la capacité d’encapsidation du virus de la malaria Plasmodium falciparum par le moustique afin de l’empêcher de transmettre la maladie. Ceci étant permis par l’identification des gènes responsables de l’encapsidation et de techniques possibles pour introduire ces gènes dans le génome des moustiques. Alors qu’il convient de réfléchir à l’efficacité d’une telle méthode, cette étude développe une approche théorique visant à comprendre sous quelles conditions la capacité induite des moustiques à ne pas transmettre la malaria peut-elle être répandue et à estimer l’impact de lâchers de tels moustiques si certains ne sont pas réfractaires?

Expériences de l'article

Un modèle théorique est établit afin de décrire la capacité de dispersion des gènes de réfraction à la transmission de la malaria dans une population de moustiques. Ce modèle est basé sur 3 paramètres que sont la génétique des populations (en lien la présence ou non d'un transposon lié à l'allèle introduit), la fitness des individus réfractaires et le coût d’être réfractaire. De plus, afin d’évaluer l’efficacité de lâchers de moustiques génétiquement modifiés sur la prévalence de la malaria dans les populations humaines, cette étude teste un second modèle basé à la fois sur une approche à la fois de génétique des populations et d’épidémiologie.

Résultats de l'article

En absence d’élément de forçage génétique (absence de transposon lié à l’allèle), la dispersion de l’allèle dans la population est déterminée par les coûts et bénéfices de cette incapacité du moustique à transmettre la malaria, si bien que la rétroaction épidémiologique ne permet pas la fixation de l’allèle dans la population. En présence de transposon, le forçage génétique va généralement pouvoir disperser l’allèle introduit dans la population même si cela semble fortement dépendant du coût lié au fait d’être réfractaire. Enfin l’approche épidémiologique montre que la prévalence de la malaria sur les populations aura une chance de diminuer si et seulement si l’efficacité de rendre les moustiques incapables de transmettre la maladie est proche de 100%.

Rigueur de l'article

Comme indiqué par les auteurs, de nombreux modèles similaires à celui établit dans l’article ont montré des résultats satisfaisants dans la description de patterns épidémiologiques, donc le modèle semble rigoureux et assez proche de ce que l’on peut observer. Malgré tout cela reste un modèle théorique donc une approximation où l’équation sous-jacente essaye de prendre en compte de la façon la plus exhaustive les processus génétique et épidémiologiques. Les études sur le sujet étant à leur début, la difficulté est double car il n’existe pas de données quantitatives des paramètres pris en compte et il est difficile d’estimer des éléments comme le coût d’être réfractaire à la transmission de la malaria. A noter tout de même que Christophe Boëte est l'auteur d'un livre sur les moustiques génétiquement modifiés où il y fait en grande partie un plaidoyer en faveur du principe de précaution et d’une orientation démocratique de la science.

Ce que cet article apporte au débat

Bien que cet article date de 2002 et que des progrès ont été fait au niveau génie génétique (Crispr cas 9) dans la dispersion des gènes au sein des populations, il est intéressant de voir à partir de quoi ce modèle a été construit, de voir que derrière une technique proposant de lâchers des moustiques incapables de transmettre la malaria il y a de nombreuses choses à prendre en compte au niveau des processus génétiques et épidémiologiques. De plus, cet article montre que malgré une technique de lutte contre la maladie en apparence révolutionnaire, si l'incapacité des moustiques à transmettre la malaria est inférieure à 100% (si il y avait une influence de l'environnement) alors l'impact sur l'épidémie de malaria serait très faible. Donc qu'il suffit que le modèle soit un peu imparfait pour qu'il n'y ait peu ou pas de résultats.

Publiée il y a plus de 9 ans par P. Dufour.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : A theoretical approach to predicting the success of genetic manipulation of malaria mosquitoes in malaria control
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  • Auteurs
    Christophe Boëte Jacob C Koella
  • Année de publication
    2002
  • Journal
    Malaria Journal
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Mosquitoes that have been genetically modified to better encapsulate the malaria parasite Plasmodium falciparum are being considered as a possible tool in the control of malaria. Hopes for this have been raised with the identification of genes involved in the encapsulation response and with advances in the tools required to transform mosquitoes. However, we have only very little understanding of the conditions that would allow such genes to spread in natural populations.
    We present here a theoretical model that combines population genetical and epidemiological processes, thereby allowing one to predict not only these conditions (intensity of transmission, evolutionary cost of resistance, tools used to drive the genes) but also the impact of the spread of refractoriness on the prevalence of the disease.
    The main conclusions are 1) that efficient transposons will generally be able to drive genes that confer refractoriness through populations even if there is a substantial (evolutionary) cost of refractoriness, but 2) that this will decrease malaria prevalence in the human population substantially only if refractoriness is close to 100% effective.
    If refractoriness is less than 100% effective (because of, for example, environmentally induced variation in the effectiveness of the mosquito's immune response), control programmes based on genetic manipulation of mosquitoes will have very little impact on the epidemiology of malaria, at least in areas with intense transmission.

  • Identifiant unique
    10.1186/1475-2875-1-3
  • Accès libre
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  • Apparait dans la controverse
    Utiliser des moustiques génétiquement modifiés contre la transmission de certaines maladies : une solution miracle?
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