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Titre de l'article

Prolongation de la durée de vie post-ménopause chez l'épaulard

Introduction à l'article

Les Orques ont la plus longue durée de vie post-reproductive de tous les animaux non humains : les femelles cessent de se reproduire entre 30 et 40 ans mais peuvent vivre jusqu'à 90 ans. La prolongation de cette durée de vie post ménopause (durée de vie d'un individu après dernière reproduction) serait expliquée par deux mécanismes : (i) un épiphénomène de longévité accrue, où les avantages évolutifs ne se manifestent que pendant la phase de reproduction, sans bénéfice pour la fitness après dernier événement de reproduction. (ii) une adaptation évolutive où l'espérance de vie post-reproductive augmente la survie des gènes d'un individu. Des études montrent que les femelles humaines ménopausées augmentent le taux de reproduction et la survie de leur progéniture (Théorie de la grand mère). Cependant, rien ne prouve qu'un phénomène similaire se produit chez les animaux non humains. Ici, les auteurs étudient le rôle des Orques ménopausées dans la survie et la fitness de leur progéniture.

Expériences de l'article

Des enregistrements démographiques multi générationnels basés sur des recensements photographiques de 1974 à 2010, ont été réalisés sur des épaulards résidents (Orcinus orca) au large des côtes de Washington (États-Unis), des côtes de Colombie-Britannique et du Canada. Un Modèle des risques proportionnels de Cox a été utilisé pour examiner les conséquences de la mort d'une mère sur la survie de sa progéniture. Cette étude est composée de 589 données individuelles d'animaux identifiables, avec un total de 210 femelles, 189 mâles, 190 orques de sexe inconnu, 37 mères reproductrices, 40 mères post-reproductrices, et 297 morts au cours de la période d'étude. Les mères ont été identifiées par association avec leurs jeunes. Étant donné qu'il n'y a pas de dispersion à partir de l'une ou l'autre population, la mortalité est enregistrée si la descendance d'un individu est observée dans la population dans un délai d'un an mais que l'individu en question n’apparaît pas.

Résultats de l'article

Chez la progéniture mâle de moins de 30 ans, le risque de mortalité est multiplié par 2 au cours de l'année qui suit la mort de la mère, et par 8,3 pour les mâles de plus de 30 ans. La progéniture femelle de moins de 30 ans ne présente pas d'augmentation du risque de mortalité, celle de plus de 30 ans présente une augmentation du risque dans l'année suivant le décès. Pour les descendants de moins de 30 ans les risques de mortalité sont 13,9 fois plus élevés chez les fils et 5,4 fois plus chez les filles l'année suivant le décès. Aucune différence n'est faite entre femelles reproductrices et post-reproductrices. Les résultats montrent un avantage adaptatif à une durée de vie post-reproductrice prolongée chez les orques, les femelles post-reproductrices et reproductrices augmenteraient la survie de leur progéniture, en particulier des mâles âgés. Le succès de reproduction augmente avec l'âge chez les mâles, l'augmentation de la survie de la progéniture mâle maximiserait donc la fitness.

Rigueur de l'article

Article relativement court, pouvant manquer de précisions. De plus, il faut prendre en compte le fait que l'accouplement se produit à l'extérieur de la lignée maternelle, et que par conséquent, les descendants du fils sont élevés par un autre groupe, ce qui peut remettre en question le réel avantage/intérêt évolutif de cette théorie biologique.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article apporte un soutien à la théorie de la grand-mère en tentant de mettre en évidence l'importance de la durée de vie post reproduction chez les orques, en lien avec les soins parentaux prodigués à la progéniture (survie et fitness) et particulièrement aux mâles âgés. La mise en évidence de la diminution du succès reproducteur et de la survie des individus après la mort des mères post reproductrices vient renforcer cette théorie.

Publiée il y a plus de 6 ans par J. Morla.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article :  Adaptive Prolonged Postreproductive Life Span in Killer Whales  https://doi.org/10.1126/science.1224198.