Agroecology is in fashion, and now constitutes a territory in dispute between social movements and institutionality. This new conjuncture offers a constellation of opportunities that social movements can avail themselves of to promote changes in the food system. Yet there is an enormous risk that agroecology will be co-opted,
institutionalized, colonized and stripped of its political content. In this paper, we analyze this quandary in terms of political ecology: will agroecology end up as merely offering a few more tools for the toolbox of industrial agriculture, to fine tune an agribusiness system that is being restructured in the midst of a civilizational crisis or, alternatively, will it be strengthened as a politically mobilizing option for building alternatives to development? We interpret the contemporary dispute over agroecology through the lenses of contested material and immaterial territories, political ecology, and the first and second contradictions of capital.
Titre de la review
L'agroécologie comme un territoire en débat : entre institutions et mouvements sociaux
L'agroécologie comme un territoire en débat : entre institutions et mouvements sociaux
Résumé de la review
Cet article pose le constat des débats liés à l’agroécologie tant sur les territoires matériels (le pendant agraire de l’agroécologie), qu’immatériel (le pendant conceptuel de l’agroécologie). L’agroécologie, qui a d’abord été ignorée, a ensuite été reconnue comme une solution alternative à la crise liée à la Révolution verte. Jusque récemment, les institutions qui ont dirigé la politique agricole à travers le monde n'avaient pas reconnu l'agroécologie, que ce soit comme pratique, mouvement social ou domaine de recherche scientifique. Pourtant, en 2014, certaines de ces mêmes institutions ont commencé à aborder l'agroécologie avec intérêt à la suite du Symposium international sur Agroécologie pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Cependant, plutôt que saisissant le potentiel transformationnel de l'agroécologie, ils la voient surtout comme offrant des techniques pour rendre l'agriculture industrielle plus durable, créant une menace réelle de cooptation. Les institutions et entreprises qui souhaitent coopter l’agroécologie ne la réduisent qu’au côté matériel (pratiques agricoles) sans tenir compte du concept agroécologique en terme social, politique, économique. Actuellement l’agroécologie oppose deux camps : les conformistes et les transformistes. Les conformistes, qui sont les institutions principalement, voient l’agroécologie comme offrant des outils à l’agriculture industrielle, conforment aux attentes de la Révolution verte, tandis que la société civile, correspondant aux transformistes, voit l’agroécologie comme une alternative à l’agriculture industrielle, par transformation du système actuel. Alors qu'avant le Symposium, toutes critiques concernant le modèle agricole industrielle étaient éliminées des débats. Après le Symposium, le directeur de la FAO et d'autres gouvernements ont déclaré l'agroécologie comme une solution valable, mais qui devait d'après eux être combinée avec d'autres approches comme les OGMs, ou l'intensification durable. Donc l'agroécologie court un risque de cooptation, car elle peut être en permanence utilisée pour verdir un discours industriel. Deux manières radicalement différentes de concevoir l'agroécologie s’opposent : l'une qui est technique, scientifique et institutionnel, et l’autre, un «peuple agroécologique », qui est profondément politique et défend la justice distributive et promeut un remaniement profond du système alimentaire.
Le capitalisme a deux contradictions qui alimentent la volonté de cooptation de l’agroécologie. La première est la propension du capitalisme à devoir toujours investir plus pour générer du profit, comme Marx le souligne dans son explication de la baisse tendancielle du profit. Le capital cherche à s'approprier de nouvelles niches de marché, comme l’agroécologie, par le droit de propriété, les lois néolibérales, pour en faire toute une diversité de nouveaux produits pour la consommation. Actuellement, 70% de la production mondiale alimentaire est entre les mains de petits producteurs. Ce qui représente une nouvelle niche de marché, car c’est un concept que l’on pourrait qualifier « d’à la mode », tout en permettant de contrôler le mouvement social agroécologique. La deuxième raison, ou contradiction soulevée par Marx, qui pourrait pousser le capitaliste à coopter l'agroécologie est le fait que la technologie recherchée par ce dernier se soustrait à la production naturelle et met ainsi en danger le profit. L'agro-industrie recherche une amélioration constante de la production et des rendements faisant paradoxalement stagner ces rendements voir les mettant en déclin dans les zones où la Révolution verte a été mise en place en premier. Donc l’agroécologie fournirait de nouveaux outils d’augmentation des rendements.
L'agroécologie est actuellement un territoire en débat, car considérée par certains comme un ensemble de pratiques agricoles et par d'autres comme un mouvement social, identitaire, englobant tout un système de production.
Cet article pose le constat des débats liés à l’agroécologie tant sur les territoires matériels (le pendant agraire de l’agroécologie), qu’immatériel (le pendant conceptuel de l’agroécologie). L’agroécologie, qui a d’abord été ignorée, a ensuite été reconnue comme une solution alternative à la crise liée à la Révolution verte. Jusque récemment, les institutions qui ont dirigé la politique agricole à travers le monde n'avaient pas reconnu l'agroécologie, que ce soit comme pratique, mouvement social ou domaine de recherche scientifique. Pourtant, en 2014, certaines de ces mêmes institutions ont commencé à aborder l'agroécologie avec intérêt à la suite du Symposium international sur Agroécologie pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Cependant, plutôt que saisissant le potentiel transformationnel de l'agroécologie, ils la voient surtout comme offrant des techniques pour rendre l'agriculture industrielle plus durable, créant une menace réelle de cooptation. Les institutions et entreprises qui souhaitent coopter l’agroécologie ne la réduisent qu’au côté matériel (pratiques agricoles) sans tenir compte du concept agroécologique en terme social, politique, économique. Actuellement l’agroécologie oppose deux camps : les conformistes et les transformistes. Les conformistes, qui sont les institutions principalement, voient l’agroécologie comme offrant des outils à l’agriculture industrielle, conforment aux attentes de la Révolution verte, tandis que la société civile, correspondant aux transformistes, voit l’agroécologie comme une alternative à l’agriculture industrielle, par transformation du système actuel. Alors qu'avant le Symposium, toutes critiques concernant le modèle agricole industrielle étaient éliminées des débats. Après le Symposium, le directeur de la FAO et d'autres gouvernements ont déclaré l'agroécologie comme une solution valable, mais qui devait d'après eux être combinée avec d'autres approches comme les OGMs, ou l'intensification durable. Donc l'agroécologie court un risque de cooptation, car elle peut être en permanence utilisée pour verdir un discours industriel. Deux manières radicalement différentes de concevoir l'agroécologie s’opposent : l'une qui est technique, scientifique et institutionnel, et l’autre, un «peuple agroécologique », qui est profondément politique et défend la justice distributive et promeut un remaniement profond du système alimentaire.
Le capitalisme a deux contradictions qui alimentent la volonté de cooptation de l’agroécologie. La première est la propension du capitalisme à devoir toujours investir plus pour générer du profit, comme Marx le souligne dans son explication de la baisse tendancielle du profit. Le capital cherche à s'approprier de nouvelles niches de marché, comme l’agroécologie, par le droit de propriété, les lois néolibérales, pour en faire toute une diversité de nouveaux produits pour la consommation. Actuellement, 70% de la production mondiale alimentaire est entre les mains de petits producteurs. Ce qui représente une nouvelle niche de marché, car c’est un concept que l’on pourrait qualifier « d’à la mode », tout en permettant de contrôler le mouvement social agroécologique. La deuxième raison, ou contradiction soulevée par Marx, qui pourrait pousser le capitaliste à coopter l'agroécologie est le fait que la technologie recherchée par ce dernier se soustrait à la production naturelle et met ainsi en danger le profit. L'agro-industrie recherche une amélioration constante de la production et des rendements faisant paradoxalement stagner ces rendements voir les mettant en déclin dans les zones où la Révolution verte a été mise en place en premier. Donc l’agroécologie fournirait de nouveaux outils d’augmentation des rendements.
L'agroécologie est actuellement un territoire en débat, car considérée par certains comme un ensemble de pratiques agricoles et par d'autres comme un mouvement social, identitaire, englobant tout un système de production.
Rigueur de la review
Cette revue peut être considérée comme rigoureuse en termes de références, car nourrie de nombreuses publications et rapports d'organisations internationales. Ces auteurs sont également très cités dans de nombreux autres articles comme référence, et aucun conflit d'intérêt n'a été déclaré concernant cette revue.
Cette revue peut être considérée comme rigoureuse en termes de références, car nourrie de nombreuses publications et rapports d'organisations internationales. Ces auteurs sont également très cités dans de nombreux autres articles comme référence, et aucun conflit d'intérêt n'a été déclaré concernant cette revue.
Ce que cette review apporte au débat
Cette revue replace l'agroécologie dans un contexte politique, social et économique, qui permet de cerner le cadre actuelle de la controverse. Elle permet notamment de comprendre que l'on ne peut pas considérer l'agroécologie seulement comme un ensemble de pratiques agricoles, mais également comme un mouvement social. Pour étudier cette controverse, il faut donc avoir une démarche compréhensive et la replacer dans le contexte et le système actuel du capitalisme.
Cette revue replace l'agroécologie dans un contexte politique, social et économique, qui permet de cerner le cadre actuelle de la controverse. Elle permet notamment de comprendre que l'on ne peut pas considérer l'agroécologie seulement comme un ensemble de pratiques agricoles, mais également comme un mouvement social. Pour étudier cette controverse, il faut donc avoir une démarche compréhensive et la replacer dans le contexte et le système actuel du capitalisme.
Remarques sur la review
Cette revue aborde réellement le côté politique et économique de l'agroécologie, et met en avant les problèmes la concernant. Ils sont principalement liés à un fonctionnement économique global basé sur le profit immédiat et le rendement. Donc cette revue pourrait être contestée ou à prendre avec précaution dans un discours car politiquement et économiquement sensible.
Cette revue aborde réellement le côté politique et économique de l'agroécologie, et met en avant les problèmes la concernant. Ils sont principalement liés à un fonctionnement économique global basé sur le profit immédiat et le rendement. Donc cette revue pourrait être contestée ou à prendre avec précaution dans un discours car politiquement et économiquement sensible.
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