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Titre de la review

L'agroécologie, la souveraineté alimentaire et la nouvelle révolution verte

Résumé de la review

Dans la première partie, les origines de la crise alimentaire de 2008 sont expliqués; ses causes ne sont pas la révolution verte et les marchés mondiaux libéralisés, mais leur application inefficace. Celle-ci a impacté les populations les plus pauvres et les petits fermiers. Cette crise est la cause pour laquelle les institutions ont appelé a une nouvelle révolution verte. Les rapports réalisés suite à cela émettent des hypothèses problématiques sur l'évolution de la consommation et de l'agriculture dans les pays émergents. Cependant, ils appuient sur l’importance du commerce mondial pour la sécurité alimentaire.
Dans la deuxième partie, l’agroécologie est présentée comme un moyen de limiter l’expansion de l’agriculture capitaliste. Les paysans grâce à leurs connaissances et stratégies sont des obstacles et une concurrence à cette agriculture. Cette agriculture traditionnelle est la base culturelle et écologique pour le développement de l’agroécologie et par sa gestion elle s’oppose à cette nouvelle révolution. L’agroécologie est présentée comme une activité avec d’importantes connaissances, tendant vers une exploitation par de petites exploitations diversifiées et se basant sur les capacités d’innovations et de gestion des communautés grâce à la recherche et à la communication entre agriculteurs. Elle est la solution choisie par les agriculteurs pour faire face aux dégâts de la première révolution verte.
La troisième partie sert à expliquer comment l’agroécologie peut être accaparée par des gouvernements, universités et organisations philanthropiques afin de ne pas remettre en cause les principes de la première révolution verte. Elle devrait être utilisée, d’après certains agriculteurs, avec d’autres pratiques pour continuer les rendements actuels et assurer une durabilité alimentaire. Cela amène un dualisme entre agroécologie et agriculture actuelle.
La quatrième partie, les auteurs mettent en avant la nécessité d’inclure les petits agriculteurs dans les efforts de développement de l’agriculture. En effet, ils sont présentés comme des « gardiens » des pratiques agricoles durables nécessaires à la souveraineté alimentaire. Cette nouvelle approche agroécologique doit être accompagnée de changements majeurs dans les politiques, les institutions dans les priorités des recherches pour permettre le développement de l’agriculture s’appuyant sur les paysans.
Les auteurs exposent la nécessité pour les agriculteurs de se regrouper en mouvement agroécologique afin d’avoir plus d’influence face aux institutions. Cependant, ces mouvements ont besoin de s’associer avec des techniciens et des ONG, par exemple, pour compléter leurs activités.
Lors de la discussion de leur propos, l’agroécologie a largement résidé dans une tendance progressiste (approches appliquées alternatives à l’agroalimentaire actuel) en raison de son histoire universitaire et des ONG. L’agroécologie radicale est rejetée par l'industrie agro-alimentaire au profit d'une agroécologie dépolitisée et basée sur des projets. Cependant, des obstacles existent. L’expansion néolibérale de l’agriculture industrielle radicalise l’agriculture (et l’agroécologie) sur le terrain.
En conclusion, les auteurs exposent que le dualisme fonctionnel de l’agriculture capitaliste utilise la nouvelle révolution verte pour l’expansion de l’agriculture industrielle et détruira les moyens de subsistance de petits exploitants. L’agroécologie a un rôle central à jouer dans l’avenir de nos systèmes alimentaires et dans les solutions aux changements globaux. L’agroécologie pourrait être accaparée par des tendances réformistes de la Révolution verte, renforçant les institutions de l'industrie agro-alimentaire. Les réformes du fond des institutions de l'industrie agro-alimentaire seront difficiles et peu réalistes à court terme. Cependant, des alliances entre agroécologues et des mouvements pourraient permettre de créer une volonté politique considérable pour la réforme de nos systèmes alimentaires.

Rigueur de la review

Cette revue expose les faits et les analyses sans prendre de partie. Elle décortique aussi les lacunes de l’agroécologie et de l’agriculture capitaliste. Elle n’idéalise pas cette approche, elle l’explique et montre ses bienfaits comme ses lacunes.
Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêts.

Ce que cette review apporte au débat

Cette revue amène l’aspect politique dans ce débat. En effet, il donne des origines politiques et économiques du développement de l’agroécologie. Cependant, contrairement à d’autres revues, elle ne rejette pas le commerce mondial, mais indique qu’il est une des solutions potentielles au débat. Elle présente l’agroécologie, et la base sur laquelle elle s’est développée. Il y est exposé en quoi, elle peut être une barrière face à l’agriculture capitaliste.
Elle met également en garde contre les appropriations par les universités et les entreprises, ainsi qu’aux dérives qu’il pourrait avoir.
Il explique aussi l’importance des mouvements et des paysans pour l’agroécologie.
Elle ne fait pas qu’idéaliser cette approche, elle présente aussi les lacunes qu’elle a.

Publiée il y a plus de 5 ans par M. Blache et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Review : Agroecology, Food Sovereignty, and the New Green Revolution
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  • Auteurs
    Eric Holt-Giménez & Miguel A. Altieri
  • Année de publication
    2013
  • Journal
    Agroecology and Sustainable Food Systems
  • Abstract (dans sa langue originale)

    In the face of recurrent global food crises, institutions of the corporate food regime propose a new Green Revolution coupled with a continuation of neoliberal economic policies. Because these are causes of the crises to begin with, this approach can worsen rather than end hunger. Building a countermovement depends in part on forging strong strategic alliances between agroecology and food sovereignty. Agroecologists face important choices between reformist and radical versions of agroecology. The former version attempts to co-opt agroecology into the Green Revolution; the latter centers agroecology within a politically transformative peasant movement for food sovereignty.

  • Identifiant unique
    10.1080/10440046.2012.716388
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  • Apparait dans la controverse
    L'agroécologie pour nourrir le monde : réalité ou utopie ?
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