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Titre de la méta-analyse

Analyse du Cycle de Vie de la production d’électricité d’origine éolienne en France

Introduction à la méta-analyse

Les objectifs gouvernementaux français et internationaux étant de plus en plus ambitieux en ce qui concerne la production d'énergie éolienne, cette méta-analyse a pour objectif de détailler le mieux possible le cycle de vie de cette énergie. Pour cela elle fait le bilan de toutes les ressources nécessaires à la production, à l'installation, à la maintenance et au traitement des éoliennes en fin de vie. Elle fait également l'analyse de tous les impacts sur l'environnement qu'ont les différentes étapes de ce cycle de vie.

Expériences de la méta-analyse

Des modélisations des impacts sur l'environnement des différentes étapes du cycle de vie de l'énergie éolienne ont été réalisées. Les paramètres de ces modèles sont donc nombreux : la composition détaillée en matériaux des éoliennes, la distance parcourue entre les lieux de fabrication et les lieux de construction, ce que nécessite la maintenance des éoliennes, le devenir des matériaux lors de la fin de vie, la taille des parcs éoliens...
Plusieurs indicateurs de pollution sont ensuite calculés : acidification des sols, gaz à effets de serre émis, demande en énergie, eutrophisation des eaux, déchets, toxicité humaine, utilisation d'eau...
Des analyses de sensibilité tentent ensuite d'estimer quels peuvent être les paramètres influençant le plus ces indicateurs de pollution.

Résultats de la méta-analyse

L'éolien est une énergie très peu polluante lorsqu'on la compare avec le mix énergétique français et avec le mix européen.
Les étapes les plus polluantes sont celles de la fabrication et de la construction, cette dernière impactant surtout les sols. De plus ces étapes sont plus polluantes pour les éoliennes en mer que pour les éoliennes terrestres.
Les matériaux induisant le plus de pollution sont ceux qui sont présents en grande quantité tel que l'acier que l'on retrouve dans le mât, dans la nacelle et dans les fondations. La majorité des constituants sont recyclés lorsque l'éolienne atteint la fin de sa vie. Seules les terres rares utilisées pour les aimants sont intégralement enfouies dans le sol.
Les analyses de sensibilité montrent que les indicateurs de pollution peuvent être diminués en fonction du type d'acier (bien que les auteurs disent que les aciers moins polluants sont ceux qui sont les moins adéquats), du type de fondations, de la durée de vie des éoliennes augmente.

Rigueur de la méta-analyse

L'impact de l'utilisation de terres rares pour les aimants des éoliennes semble sous-estimé car les industriels communiquent peu sur les quantités précises qu'ils utilisent (page 24).
On peut déplorer également que lorsqu'une valeur pour un indice de pollution est obtenue, il n'y a pas de comparaison avec les autres technologies de production d'énergie, à l'exception des émissions de gaz à effet de serre. Il n'y a pas non plus de comparaison avec les seuils légaux si il y en a.

Ce que cette méta-analyse apporte au débat

L'énergie éolienne émet très peu de gaz à effet de serre par rapport à d'autres sources de production d'énergie, y compris en considérant l'ensemble du cycle de vie allant de la production à la fin de vie.
Les valeurs des différents indices de pollution sont également qualifiées de faibles par les auteurs (bien qu'il n'y ait pas de comparaisons). Certaines étapes sont cependant polluantes, notamment la fabrication, mais leur impact sur l'environnement pourrait être minimisé en augmentant la durée de vie des éoliennes par exemple.
Cette étude est importante car elle permet de mettre en lumière certains problèmes environnementaux de la production d'énergie éolienne et donc sur les aspects pouvant être améliorés.

Remarques sur la méta-analyse

Cette étude ne fait pas d'analyse sur l'impact des éoliennes sur la faune et la flore.

Publiée il y a plus de 5 ans par Jérémy QD et T. Gluck.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Méta-analyse : Analyse du Cycle de Vie de la production d’électricité d’origine éolienne en France
  • 1
  • Auteurs
    ADEME et CyclEco
  • Année de publication
    2015
  • Journal
    Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME)
  • Abstract (dans sa langue originale)

    L’objectif de l’étude est de fournir des données précises et à jour sur les impacts environnementaux de la production d’électricité d’origine éolienne du parc français, à la fois pour les installations terrestres et en mer. Dans le cas de l’éolien à terre, les calculs des impacts environnementaux se fondent sur le parc effectivement installé ; pour l’éolien en mer, sont prises en compte les premières installations prévues à horizon 2020. Cette étude permet d’identifier les paramètres importants en termes d’impacts des parcs éoliens sur l’ensemble de leur durée de vie, en utilisant la méthode de l’Analyse de Cycle de Vie (ACV). L’étude exprime les impacts environnementaux sous la forme des indicateurs ACV les plus fréquemment utilisés (indicateurs midpoint), et évalue d’autre part la pression exercée sur les ressources primaires.
    Les résultats issus de cette étude démontrent une cohérence des impacts sur les indicateurs de la filière éolienne terrestre française par rapport aux autres études scientifiques menées sur le sujet. Les résultats annoncent un temps de retour énergétique de 12 mois, un facteur de récolte de 19 et un taux d’émission de CO2 de 12,7 g par kWh. Les résultats de l’éolien maritime comportent une incertitude plus importante, étant donné qu’aucun parc n’a encore été installé ; le temps de retour énergétique a été évalué à environ 14 mois, le facteur de récolte à 17 et un taux d’émission de CO2 de l’ordre de 15 g par kWh. Ces émissions restent faibles par rapport à la majorité des autres filières de production d’électricité. L’étape de cycle de vie responsable en majorité de l’impact pour les deux filières éoliennes est la fabrication des composants, utilisant principalement de l’énergie fossile. L’éolien en mer se distingue de l’éolien terrestre par l’impact supplémentaire lié au choix d’une unique technologie de conversion électrique qui nécessite des aimants permanents spécifiques non recyclés à ce jour ; la criticité des ressources pour la fabrication de ces aimants (utilisation de terres rares) est un point d’attention pour le développement de l’éolien en mer. D’autre part, la construction des sites éoliens en mer et la consommation de carburant qu’elle entraîne est le deuxième impact qui diffère de l’éolien terrestre ; les phases de construction et de démantèlement doivent pouvoir être plus finement analysées en termes d’inventaires de cycle de vie afin de pouvoir consolider l’évaluation environnementale des parcs en mer. Etant donné ces premiers résultats d’impacts environnementaux, la diversification et la qualité de production de l’éolien en mer ainsi que la marge de progression technologique, l’éolien en mer conforte sa place dans la transition énergétique.

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