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Antiquité de la vie post-reproductive : y a-t-il des impacts modernes sur la durée de vie post-reproductive des chasseurs-cueilleurs ?
Antiquité de la vie post-reproductive : y a-t-il des impacts modernes sur la durée de vie post-reproductive des chasseurs-cueilleurs ?
Introduction à l'article
Si la vie post-reproductive féminine est une caractéristique frappante de l'histoire de la vie humaine, les archéologues estiment que par le passé, peu d'individus auraient vécu longtemps après la ménopause. S’agit-il d’un produit de la civilisation moderne, nouveauté des 200 dernières années, ou du produit de subsistance agricole ou industrielle ?
Cet article se penche sur la critique la plus fondamentale, celle selon laquelle la vie post-reproductive a caractérisé l'histoire de la vie humaine pendant trop peu de temps pour exiger une explication évolutive. L’objectif ici est de savoir si, chez l’humain, la longévité faisant suite à l’âge climatérique (terme relatif à la ménopause) est une conséquence phénotypique des conditions de vie moderne.
Si la vie post-reproductive féminine est une caractéristique frappante de l'histoire de la vie humaine, les archéologues estiment que par le passé, peu d'individus auraient vécu longtemps après la ménopause. S’agit-il d’un produit de la civilisation moderne, nouveauté des 200 dernières années, ou du produit de subsistance agricole ou industrielle ?
Cet article se penche sur la critique la plus fondamentale, celle selon laquelle la vie post-reproductive a caractérisé l'histoire de la vie humaine pendant trop peu de temps pour exiger une explication évolutive. L’objectif ici est de savoir si, chez l’humain, la longévité faisant suite à l’âge climatérique (terme relatif à la ménopause) est une conséquence phénotypique des conditions de vie moderne.
Expériences de l'article
Les caractéristiques d’Homo sapiens ont été fondées sur trois grandes lignes de preuves : (1) les caractéristiques des populations modernes, (2) la corrélation établie entre longévité et taille corporelle et (3) la quantification de l’état de conservation des dépouilles anciennes.
Cet article se penche sur plusieurs populations de chasseurs-cueilleurs, bien connus des anthropologues, en utilisant notamment des données issue d’études antérieures (acquises par des chercheurs contemporains ou des chercheurs plus anciens, vers la période de premier contact de ces peuples avec les occidentaux) :
les Hazdas (population d’environ 1000 personnes, Tanzanie)
les Aché (Paraguay)
les !Kung (peuple d’environ 100 000 personnes, Afrique australe).
Les caractéristiques d’Homo sapiens ont été fondées sur trois grandes lignes de preuves : (1) les caractéristiques des populations modernes, (2) la corrélation établie entre longévité et taille corporelle et (3) la quantification de l’état de conservation des dépouilles anciennes.
Cet article se penche sur plusieurs populations de chasseurs-cueilleurs, bien connus des anthropologues, en utilisant notamment des données issue d’études antérieures (acquises par des chercheurs contemporains ou des chercheurs plus anciens, vers la période de premier contact de ces peuples avec les occidentaux) :
les Hazdas (population d’environ 1000 personnes, Tanzanie)
les Aché (Paraguay)
les !Kung (peuple d’environ 100 000 personnes, Afrique australe).
Résultats de l'article
Les données relevées suggèrent que l’impact de la modernité ne suffit pas pour expliquer l’existence d’une espérance de vie post période procréative. L’ensemble des sources utilisées et des données récoltées par les auteurs eux-mêmes viennent appuyer la conclusion selon laquelle la durée de vie moyenne atteinte par des adultes Homo sapiens ancestraux et contemporains comprend une longue période post-reproductrice. Cette période, qui fait suite à la ménopause, ne semble donc pas être, chez l’humain, le produit de la civilisation et des circonstances modernes, ni des économies agricoles ou industrielles.
Les données relevées suggèrent que l’impact de la modernité ne suffit pas pour expliquer l’existence d’une espérance de vie post période procréative. L’ensemble des sources utilisées et des données récoltées par les auteurs eux-mêmes viennent appuyer la conclusion selon laquelle la durée de vie moyenne atteinte par des adultes Homo sapiens ancestraux et contemporains comprend une longue période post-reproductrice. Cette période, qui fait suite à la ménopause, ne semble donc pas être, chez l’humain, le produit de la civilisation et des circonstances modernes, ni des économies agricoles ou industrielles.
Rigueur de l'article
Si certaines données sont issues du passé, d’autres se basent sur l’étude de populations actuelles qui, bien que non considérées comme contemporaines au vu de leur mode de vie ancestral, se trouvent évoluer au sein d’un monde moderne avec lequel certains peuples "ancestraux" ont pu nouer des contacts.
Par ailleurs, les auteurs ont tenté d’estimer l’étendue et les effets des erreurs dans de nombreuses estimations (âge individuel, accès à la médecine et l’hygiène moderne, loi et ordre, possibilité que les sujets âgés quittent leurs parents mobiles pour vivre plus longtemps, raréfaction des prédateurs, influences idéologiques concernant les plus faibles, nutrition infantile et mortalité des adultes). Ils ont également discuté de la difficulté d'estimer les effets des épidémies et de la guerre. En effet, de telles erreurs pourraient expliquer la différence entre populations contemporaines et archéologiques.
Si certaines données sont issues du passé, d’autres se basent sur l’étude de populations actuelles qui, bien que non considérées comme contemporaines au vu de leur mode de vie ancestral, se trouvent évoluer au sein d’un monde moderne avec lequel certains peuples "ancestraux" ont pu nouer des contacts.
Par ailleurs, les auteurs ont tenté d’estimer l’étendue et les effets des erreurs dans de nombreuses estimations (âge individuel, accès à la médecine et l’hygiène moderne, loi et ordre, possibilité que les sujets âgés quittent leurs parents mobiles pour vivre plus longtemps, raréfaction des prédateurs, influences idéologiques concernant les plus faibles, nutrition infantile et mortalité des adultes). Ils ont également discuté de la difficulté d'estimer les effets des épidémies et de la guerre. En effet, de telles erreurs pourraient expliquer la différence entre populations contemporaines et archéologiques.
Ce que cet article apporte au débat
La question de l’origine de la ménopause fait débat au sein de la communauté scientifique, tiraillée entre les théories de la grand-mère et de la mère, et de nombreuses autres hypothèses, non mutuellement exclusives, lui faisant face. Cet article apporte sa pierre à l’édifice, en se penchant sur une idée évoquée suite à l’implication supposée de la gent masculine dans l’apparition de l’âge climatérique (Mate Choice and the Origin of Menopause), idée selon laquelle la ménopause serait un artefact de la médecine moderne, lié à l’amélioration des conditions de vie.
En tentant de répondre à cette question, la lecture de cet article doit nous faire garder à l’esprit que l'existence supposée d'une durée de vie post-reproductrice chez nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, bien avant l’ère moderne, ne permet pas de choisir entre d'autres explications de ce phénomène biologique particulier qu’est la ménopause.
La question de l’origine de la ménopause fait débat au sein de la communauté scientifique, tiraillée entre les théories de la grand-mère et de la mère, et de nombreuses autres hypothèses, non mutuellement exclusives, lui faisant face. Cet article apporte sa pierre à l’édifice, en se penchant sur une idée évoquée suite à l’implication supposée de la gent masculine dans l’apparition de l’âge climatérique (Mate Choice and the Origin of Menopause), idée selon laquelle la ménopause serait un artefact de la médecine moderne, lié à l’amélioration des conditions de vie.
En tentant de répondre à cette question, la lecture de cet article doit nous faire garder à l’esprit que l'existence supposée d'une durée de vie post-reproductrice chez nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, bien avant l’ère moderne, ne permet pas de choisir entre d'autres explications de ce phénomène biologique particulier qu’est la ménopause.
Remarques sur l'article
Les auteurs ne prétendent pas avoir clos tous les arguments sur l'étendue de la vie humaine en période post-reproductive.
Les auteurs ne prétendent pas avoir clos tous les arguments sur l'étendue de la vie humaine en période post-reproductive.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
A. Picaut-plat.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Antiquity of post reproductive life: are there modern impacts on hunter-gatherer postreproductive life spans?
Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :
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Comment le maintien d'une période d'infertilité post-reproductive peut-il être sélectionné au cours de l'évolution? Théorie de la grand-mère ou
Autres hypothèses non mutuellement exclusives
Titre de l'article
Antiquité de la vie post-reproductive : y a-t-il des impacts modernes sur la durée de vie post-reproductive des chasseurs-cueilleurs ?
Antiquité de la vie post-reproductive : y a-t-il des impacts modernes sur la durée de vie post-reproductive des chasseurs-cueilleurs ?
Introduction à l'article
Si la vie post-reproductive féminine est une caractéristique frappante de l'histoire de la vie humaine, les archéologues estiment que par le passé, peu d'individus auraient vécu longtemps après la ménopause. S’agit-il d’un produit de la civilisation moderne, nouveauté des 200 dernières années, ou du produit de subsistance agricole ou industrielle ?
Cet article se penche sur la critique la plus fondamentale, celle selon laquelle la vie post-reproductive a caractérisé l'histoire de la vie humaine pendant trop peu de temps pour exiger une explication évolutive. L’objectif ici est de savoir si, chez l’humain, la longévité faisant suite à l’âge climatérique (terme relatif à la ménopause) est une conséquence phénotypique des conditions de vie moderne.
Si la vie post-reproductive féminine est une caractéristique frappante de l'histoire de la vie humaine, les archéologues estiment que par le passé, peu d'individus auraient vécu longtemps après la ménopause. S’agit-il d’un produit de la civilisation moderne, nouveauté des 200 dernières années, ou du produit de subsistance agricole ou industrielle ?
Cet article se penche sur la critique la plus fondamentale, celle selon laquelle la vie post-reproductive a caractérisé l'histoire de la vie humaine pendant trop peu de temps pour exiger une explication évolutive. L’objectif ici est de savoir si, chez l’humain, la longévité faisant suite à l’âge climatérique (terme relatif à la ménopause) est une conséquence phénotypique des conditions de vie moderne.
Expériences de l'article
Les caractéristiques d’Homo sapiens ont été fondées sur trois grandes lignes de preuves : (1) les caractéristiques des populations modernes, (2) la corrélation établie entre longévité et taille corporelle et (3) la quantification de l’état de conservation des dépouilles anciennes.
Cet article se penche sur plusieurs populations de chasseurs-cueilleurs, bien connus des anthropologues, en utilisant notamment des données issue d’études antérieures (acquises par des chercheurs contemporains ou des chercheurs plus anciens, vers la période de premier contact de ces peuples avec les occidentaux) :
Les caractéristiques d’Homo sapiens ont été fondées sur trois grandes lignes de preuves : (1) les caractéristiques des populations modernes, (2) la corrélation établie entre longévité et taille corporelle et (3) la quantification de l’état de conservation des dépouilles anciennes.
Cet article se penche sur plusieurs populations de chasseurs-cueilleurs, bien connus des anthropologues, en utilisant notamment des données issue d’études antérieures (acquises par des chercheurs contemporains ou des chercheurs plus anciens, vers la période de premier contact de ces peuples avec les occidentaux) :
Résultats de l'article
Les données relevées suggèrent que l’impact de la modernité ne suffit pas pour expliquer l’existence d’une espérance de vie post période procréative. L’ensemble des sources utilisées et des données récoltées par les auteurs eux-mêmes viennent appuyer la conclusion selon laquelle la durée de vie moyenne atteinte par des adultes Homo sapiens ancestraux et contemporains comprend une longue période post-reproductrice. Cette période, qui fait suite à la ménopause, ne semble donc pas être, chez l’humain, le produit de la civilisation et des circonstances modernes, ni des économies agricoles ou industrielles.
Les données relevées suggèrent que l’impact de la modernité ne suffit pas pour expliquer l’existence d’une espérance de vie post période procréative. L’ensemble des sources utilisées et des données récoltées par les auteurs eux-mêmes viennent appuyer la conclusion selon laquelle la durée de vie moyenne atteinte par des adultes Homo sapiens ancestraux et contemporains comprend une longue période post-reproductrice. Cette période, qui fait suite à la ménopause, ne semble donc pas être, chez l’humain, le produit de la civilisation et des circonstances modernes, ni des économies agricoles ou industrielles.
Rigueur de l'article
Si certaines données sont issues du passé, d’autres se basent sur l’étude de populations actuelles qui, bien que non considérées comme contemporaines au vu de leur mode de vie ancestral, se trouvent évoluer au sein d’un monde moderne avec lequel certains peuples "ancestraux" ont pu nouer des contacts.
Par ailleurs, les auteurs ont tenté d’estimer l’étendue et les effets des erreurs dans de nombreuses estimations (âge individuel, accès à la médecine et l’hygiène moderne, loi et ordre, possibilité que les sujets âgés quittent leurs parents mobiles pour vivre plus longtemps, raréfaction des prédateurs, influences idéologiques concernant les plus faibles, nutrition infantile et mortalité des adultes). Ils ont également discuté de la difficulté d'estimer les effets des épidémies et de la guerre. En effet, de telles erreurs pourraient expliquer la différence entre populations contemporaines et archéologiques.
Si certaines données sont issues du passé, d’autres se basent sur l’étude de populations actuelles qui, bien que non considérées comme contemporaines au vu de leur mode de vie ancestral, se trouvent évoluer au sein d’un monde moderne avec lequel certains peuples "ancestraux" ont pu nouer des contacts.
Par ailleurs, les auteurs ont tenté d’estimer l’étendue et les effets des erreurs dans de nombreuses estimations (âge individuel, accès à la médecine et l’hygiène moderne, loi et ordre, possibilité que les sujets âgés quittent leurs parents mobiles pour vivre plus longtemps, raréfaction des prédateurs, influences idéologiques concernant les plus faibles, nutrition infantile et mortalité des adultes). Ils ont également discuté de la difficulté d'estimer les effets des épidémies et de la guerre. En effet, de telles erreurs pourraient expliquer la différence entre populations contemporaines et archéologiques.
Ce que cet article apporte au débat
La question de l’origine de la ménopause fait débat au sein de la communauté scientifique, tiraillée entre les théories de la grand-mère et de la mère, et de nombreuses autres hypothèses, non mutuellement exclusives, lui faisant face. Cet article apporte sa pierre à l’édifice, en se penchant sur une idée évoquée suite à l’implication supposée de la gent masculine dans l’apparition de l’âge climatérique (Mate Choice and the Origin of Menopause), idée selon laquelle la ménopause serait un artefact de la médecine moderne, lié à l’amélioration des conditions de vie.
En tentant de répondre à cette question, la lecture de cet article doit nous faire garder à l’esprit que l'existence supposée d'une durée de vie post-reproductrice chez nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, bien avant l’ère moderne, ne permet pas de choisir entre d'autres explications de ce phénomène biologique particulier qu’est la ménopause.
La question de l’origine de la ménopause fait débat au sein de la communauté scientifique, tiraillée entre les théories de la grand-mère et de la mère, et de nombreuses autres hypothèses, non mutuellement exclusives, lui faisant face. Cet article apporte sa pierre à l’édifice, en se penchant sur une idée évoquée suite à l’implication supposée de la gent masculine dans l’apparition de l’âge climatérique (Mate Choice and the Origin of Menopause), idée selon laquelle la ménopause serait un artefact de la médecine moderne, lié à l’amélioration des conditions de vie.
En tentant de répondre à cette question, la lecture de cet article doit nous faire garder à l’esprit que l'existence supposée d'une durée de vie post-reproductrice chez nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, bien avant l’ère moderne, ne permet pas de choisir entre d'autres explications de ce phénomène biologique particulier qu’est la ménopause.
Remarques sur l'article
Les auteurs ne prétendent pas avoir clos tous les arguments sur l'étendue de la vie humaine en période post-reproductive.
Les auteurs ne prétendent pas avoir clos tous les arguments sur l'étendue de la vie humaine en période post-reproductive.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.